lundi 11 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2009274 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET CHAMPAUZAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 décembre 2020, ensemble un mémoire complémentaire enregistré le 14 juin 2021 et présenté pour le requérant par la SELARL RETEX avocats (Me Matras), M. B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler ou de déclarer inexistante la délibération en date du 28 septembre 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune du Teil (Ardèche) a fixé les indemnités de fonctions du maire, des adjoints et des conseillers délégués ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Teil la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- il a intérêt à agir en qualité de contribuable local et d'élu local ;
- l'abrogation de la délibération antérieure du 8 juin 2020 n'était mentionnée ni dans la note de synthèse ni dans le projet de délibération ;
- la délibération méconnait l'article L. 2123-22 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'elle a fait l'objet d'un seul vote ;
- les conseillers municipaux n'ont pas été informés en méconnaissance des articles L. 2121-12 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales, dès lors qu'ils n'ont pas été informés de l'abrogation de la délibération du 8 juin 2020 ;
- le consentement des conseillers municipaux a été vicié dès lors qu'il leur a été demandé de " voter à nouveau pour la forme " ;
- la délibération a été falsifiée par ajout de l'abrogation de la délibération du 8 juin 2020 ;
- l'objet de la délibération n'était pas prévu à l'ordre du jour, ni la majoration des indemnités ;
- c'est à tort que la délibération mentionne quatre votes contre comme étant des abstentions.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 mars 2021, ensemble un mémoire complémentaire enregistré le 27 juillet 2021, la commune du Teil, représentée par la SELARL Cabinet Champauzac (Me Champauzac), conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- elle prend bonne note de l'intérêt à agir du requérant et abandonne ainsi cette fin de non-recevoir ;
- subsidiairement, les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 29 juin 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 juillet 2021 à 16h30.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Stillmunkes, président,
- les conclusions de M. Reymond-Kellal, rapporteur public,
- les observations de Me Cunin, avocat, représentant le requérant,
- et les observations de Me Lavisse, avocate, représentant la commune du Teil.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 2123-20 du code général des collectivités territoriales : " I.-Les indemnités allouées au titre de l'exercice des fonctions de maire et de président de délégation spéciale et les indemnités maximales pour l'exercice effectif des fonctions d'adjoint au maire des communes, de conseiller municipal des communes de 100 000 habitants et plus ou de membre de délégations spéciales qui fait fonction d'adjoint sont fixées par référence au montant du traitement correspondant à l'indice brut terminal de l'échelle indiciaire de la fonction publique () ". Aux termes de l'article L. 2123-20-1 du même code : " I. - Lorsque le conseil municipal est renouvelé, les indemnités de ses membres, à l'exception de l'indemnité du maire, sont fixées par délibération. Cette délibération intervient dans les trois mois suivant l'installation du conseil municipal. / () / III. - Toute délibération du conseil municipal concernant les indemnités de fonction d'un ou de plusieurs de ses membres, à l'exception du maire, est accompagnée d'un tableau annexe récapitulant l'ensemble des indemnités allouées aux autres membres du conseil municipal ". Aux termes de l'article L. 2123-22 du même code : " Peuvent voter des majorations d'indemnités de fonction par rapport à celles votées par le conseil municipal dans les limites prévues par l'article L. 2123-23, par le I de l'article L. 2123-24 et par les I et III de l'article L. 2123-24-1, les conseils municipaux : / 1° 1° Des communes chefs-lieux de département et d'arrondissement ainsi que des communes sièges du bureau centralisateur du canton ou qui avaient la qualité de chef-lieu de canton avant la modification des limites territoriales des cantons prévues en application de la loi n° 2013-403 du 17 mai 2013 relative à l'élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral ; / () / L'application de majorations aux indemnités de fonction fait l'objet d'un vote distinct. Le conseil municipal vote, dans un premier temps, le montant des indemnités de fonction, dans le respect de l'enveloppe indemnitaire globale définie au II de l'article L. 2123-24. Dans un second temps, il se prononce sur les majorations prévues au premier alinéa du présent article, sur la base des indemnités votées après répartition de l'enveloppe. Ces deux décisions peuvent intervenir au cours de la même séance ".
2. Par une première délibération en date du 8 juin 2020, le conseil municipal de la commune du Teil a fixé les indemnités de fonctions allouées au maire, aux adjoints et aux conseillers délégués. La préfète de l'Ardèche ayant, par courrier du 15 juillet 2020, formé un recours gracieux en faisant valoir l'absence du tableau annexe prévu par les dispositions précitées de l'article L. 2123-20-1, le conseil municipal, par la délibération attaquée, a fixé à nouveau les indemnités de fonctions précitées, en joignant à sa délibération un tableau récapitulatif. M. A, qui fait notamment valoir sa qualité d'élu municipal, demande l'annulation de cette délibération.
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment des pièces mêmes produites par le requérant, que les conseillers municipaux ont reçu un ordre du jour, mentionnant notamment un point V " Divers ", accompagné d'une note de synthèse qui précisait que ce point serait notamment consacré aux indemnités de fonctions précitées, avec tableau récapitulatif. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les conseillers municipaux n'auraient pas été informés de ce que ce point était à l'ordre du jour. La note de synthèse n'avait pas à reprendre le détail des indemnités, déjà précisé dans le projet de délibération et qui correspondait au demeurant à la seule reprise des modalités de calcul précédemment définies par la délibération du 8 juin 2020, seul un tableau récapitulatif étant ajouté, ainsi que la note l'expose clairement.
4. En deuxième lieu, la note de synthèse précitée précise que la délibération du 8 juin 2020 ne comprenait pas le tableau annexe requis et que le conseil sera amené à rectifier ce point. Eu égard à l'objet de la délibération et aux conditions dans lesquelles ce point a été mis à l'ordre du jour, les conseillers ont été en l'espèce suffisamment informés pour exercer utilement leur mandat.
5. En troisième lieu, dès lors que le conseil municipal statuait à nouveau pour définir les indemnités de fonction, sa nouvelle délibération avait nécessairement vocation à se substituer à la délibération précédente ayant le même objet. Le requérant ne peut donc sérieusement soutenir que les conseillers auraient dû spécialement être informés de ce que l'ancienne délibération serait abrogée, ce qui résulte en réalité de plein droit de l'adoption de la délibération nouvelle. La circonstance que le projet initial de délibération et la note de synthèse ne le précisaient pas formellement, est également, pour les mêmes motifs, sans incidence utile. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la délibération transmise dans le cadre du contrôle de légalité différerait sur ce point de la délibération adoptée, alors d'ailleurs que la préfète de l'Ardèche, saisie par le requérant, n'a émis aucune réserve sur ce point dans son courrier du 27 octobre 2020. Aucune " falsification " de la délibération sur ce point n'est davantage établie.
6. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été exposé que la délibération attaquée avait pour objet de corriger l'absence dans la délibération antérieure d'un tableau annexe. Pour le reste, la délibération antérieure a été reprise à l'identique. La seule circonstance que le maire aurait indiqué, dans ce contexte particulier, aux conseillers qu'il leur demandait de " voter à nouveau pour la forme ", ne caractérise à l'évidence aucun vice de leur consentement.
7. En cinquième lieu, si, par erreur de plume, alors que la délibération a été adoptée par une nette majorité de 24 voix, la retranscription de la délibération mentionne pour le reste 4 abstentions au lieu de 4 votes contre, cette erreur purement matérielle de tenue du registre, ne remet en l'espèce en cause ni la matérialité de l'adoption de la délibération ni son contenu, et reste donc sans conséquence utile sur la légalité de la délibération.
8. En sixième lieu, s'il est vrai que l'article L. 2123-22 précité prévoit que la majoration des indemnités de fonction doit faire l'objet d'un vote distinct de celui des indemnités, il précise expressément que les deux décisions peuvent intervenir au cours de la même séance, l'exigence portant ainsi sur le fait que le conseil doit adopter séparément le montant des indemnités puis leur majoration, sans contraction, sans impliquer nécessairement l'adoption de deux délibérations distinctes. La règle vise par ailleurs à ce que le conseil municipal fixe les indemnités dans le respect de l'enveloppe maximale prévue, avant d'appliquer, le cas échéant, une majoration. Il résulte ainsi de ces dispositions que les majorations d'indemnités de fonction doivent faire l'objet d'un vote distinct de celui ayant pour objet la fixation des indemnités de fonction dans la mesure où le conseil municipal ne peut décider d'allouer aux maires et aux adjoints ces majorations que dans un second temps, après avoir voté le montant des indemnités des élus prévus aux articles L. 2123-20 et L. 2123-23, lesquelles constituent la base pour fixer les majorations. Ce vote peut toutefois intervenir au cours de la même délibération (rappr. : CAA Nancy, 30 mars 2017, 16NC00865, confirmé par CE, 24 juillet 2019, 411004, conclusions Cortot-Boucher). En l'espèce, la délibération adoptée distingue bien, successivement, le taux théorique d'indemnité envisagé, le taux effectif retenu compte tenu de l'enveloppe budgétaire globale, enfin la majoration appliquée, de telle sorte que le conseil doit être regardé comme ayant effectivement été mis en mesure de se prononcer régulièrement et successivement sur chacun de ces points, qui étaient clairement distingués, peu important qu'il ait alors choisi d'adopter ces différentes décisions dans le cadre d'une délibération unique.
9. En septième lieu, ainsi qu'il a été dit, le projet de délibération soumis au conseil municipal avait pour objet de corriger le vice qui entachait la délibération précédente, en la complétant d'un tableau récapitulatif, sans en modifier pour le reste l'économie. La circonstance que la délibération reprend intégralement le régime d'indemnités que le conseil municipal a confirmé, en y adjoignant le tableau requis et en précisant que la délibération antérieure est abrogée dès lors que la nouvelle s'y substitue de plein droit, correspond ainsi exactement à l'économie du projet qui a été soumis au conseil et que ce dernier a adopté. Aucune irrégularité n'est dès lors caractérisée de ce fait.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune du Teil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A et à la commune du Teil.
Copie en sera adressée à la SELARL RETEX avocats et à la SELARL Cabinet Champauzac.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Stillmunkes, président,
Mme Monteiro, première conseillère,
M. Bertolo, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
H. Stillmunkes
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
M. C
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026