lundi 11 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2100051 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HASSID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2021, Mme A C épouse B, représentée par Me Hassid, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 3 juillet 2020 par laquelle le préfet du Rhône lui a refusé le bénéfice du regroupement familial pour son époux, M. E B et son enfant F)G H B(/F) ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône d'admettre son époux et son enfant au bénéfice du regroupement familial dans le délai d'un mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ainsi que de délivrer à son époux un certificat de résidence algérien de dix ans et à son enfant un document de circulation pour enfant mineur, aux mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
La requérante soutient que :
- son époux aurait dû bénéficier de la délivrance d'un titre de séjour de dix ans et non d'un an, de telle sorte que le litige n'a pas perdu son objet ;
- la décision n'est pas motivée ;
- elle n'a pas été prise après examen de sa situation ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3, 1° de la convention relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juin 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête au motif que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 novembre 2020.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, modifiée, conclue à Rome le 4 novembre 1950 ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, complété par un protocole, deux échanges de lettres et une annexe, modifié, signé à Alger le 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique, ensemble le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue avec l'assistance de Mme Hosni, greffière :
- le rapport de M. Stillmunkes, président,
- et les observations de Me Checchi, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse B, de nationalité algérienne, a sollicité le bénéfice du regroupement familial pour son époux et leur enfant F)G(/F) né en octobre 2007. Elle demande l'annulation de la décision de refus en date du 3 juillet 2020 que lui a opposé le préfet du Rhône.
2. En premier lieu, la décision indique sa base légale et les motifs de fait sur lesquels elle se fonde. Elle est dès lors régulièrement motivée.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ait négligé de procéder à un examen particulier de la situation de la requérante.
4. En troisième lieu, le préfet a relevé que l'époux de la requérante est présent en France, de même que celui de ses enfants pour lequel elle demande le bénéfice du regroupement familial. Le refus se fonde sur les stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien susvisé, aux termes desquelles : " () / Peut être exclu de regroupement familial : / () / 2. Un membre de la famille séjournant à un autre titre ou irrégulièrement sur le territoire français () ". Pour autant, le préfet relève, d'une part, que l'époux de la requérante se verra délivrer, conformément à la demande qu'il a formulée par ailleurs, un certificat de résidence algérien d'un an et, d'autre part, que l'enfant est en France, et pourra solliciter à sa majorité un titre de séjour. La requérante a au demeurant produit copie du titre de séjour d'un an délivré ultérieurement à son époux, conformément à ce qu'a indiqué le préfet. Ainsi, alors que le séjour de l'époux de la requérante est autorisé, et que le séjour de son enfant n'est pas subordonné à la détention d'un titre de séjour, la seule circonstance que le préfet, au vu de l'irrégularité de la demande de regroupement familial, en ait refusé le bénéfice, est sans incidence sur la possibilité effective pour la cellule familiale de demeurer régulièrement en France. Dans ces conditions, le préfet ne peut être regardé comme ayant en l'espèce méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, pas davantage que celles de l'article 3, 1° de la convention relative aux droits de l'enfant.
5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A C épouse B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et au préfet du Rhône.
Copie en sera adressée à Me Hassid.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Stillmunkes, président,
Mme Monteiro, première conseillère,
M. Bertolo, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
H. Stillmunkes
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
M. D
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne au préfet du Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026