jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2100830 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DENIZHAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 février 2021, Mme B D, représentée par Me Constant, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 octobre 2020 par lequel le maire de Saint-Martin-d'Ardèche a délivré à la SCI Villa Julia un permis de construire pour la réalisation d'une maison d'habitation sur un terrain situé au lieu-dit Maras ;
2°) de mettre à la charge de la SCI Julia Villa la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner cette dernière aux entiers dépens sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- elle justifie d'un intérêt pour agir en qualité de voisine immédiate du projet ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il vise les avis émis lors de l'instruction d'une demande d'autorisation d'urbanisme antérieure ;
- il est entaché d'erreur de fait, autorisant un projet au regard d'une configuration du terrain naturel erronée ;
- il méconnaît l'article UB 10 du règlement annexé au plan local d'urbanisme (PLU) de Saint-Martin-d'Ardèche, le projet autorisé méconnaissant la hauteur maximale autorisée de sept mètres ;
- il méconnaît l'article UB 7 du règlement annexé au PLU, le projet autorisé ne respectant pas la distance d'implantation minimale imposée par cet article par rapport à la limite parcellaire.
Par deux mémoires enregistrés les 22 juin 2021 et 5 septembre 2022, la commune de Saint-Martin d'Ardèche, représentée par la SELARL Cabinet Champauzac, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la requérante ne justifie ni d'un intérêt pour agir, ni du respect des obligations de notification prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par deux mémoires enregistrés les 2 juillet et 8 octobre 2021, la SCI Villa Julia, représentée par Me Denizhan, conclut au rejet de la requête, à ce que la requérante soit condamnée au versement de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est prématurée et que la requérante ne justifie pas d'un intérêt pour agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- ce recours est abusif et lui crée un préjudice moral qui doit être évalué à 3 000 euros.
Par un mémoire enregistré le 31 août 2022, Mme D, représentée par Me Constant, conclut aux mêmes fins que ses précédentes écritures, par les mêmes moyens, et conclut au rejet des conclusions présentées par la société pétitionnaire sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A C,
- les conclusions de Mme Marie Monteiro, rapporteure publique,
- les observations de Me Constant, représentant Mme D, requérante,
- et les observations de Me Lavisse, substituant Me Champauzac, représentant la commune de Saint-Martin-d'Ardèche.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 8 octobre 2020, le maire de Saint-Martin-d'Ardèche a délivré à la SCI Villa Julia un permis de construire pour la réalisation d'une maison d'habitation sur un terrain situé au lieu-dit Maras. Mme D, voisine du projet, demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la nouvelle demande d'autorisation d'urbanisme présentée par la SCI Villa Julia le 23 septembre 2020 comporterait des éléments nouveaux par rapport à la précédente demande ayant également pour objet la construction d'une maison d'habitation sur la parcelle en cause quant aux conditions de desserte du terrain d'assiette par les réseaux d'eau potable, d'électricité et d'assainissement. Dans ces conditions, en l'absence de modification de la situation de fait et de droit à cet égard entre les deux demandes d'autorisation d'urbanisme, le maire pouvait légalement se prononcer sur la dernière demande sans inviter les gestionnaires des réseaux à émettre un nouvel avis. Le moyen tiré du vice de procédure doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, si la requérante soutient que le plan de coupe du terrain naturel est entaché d'erreur de fait, n'étant pas conforme à la configuration réelle de ce terrain à la date de la demande, elle se borne à produire pour établir ses dires un plan de coupe faisant apparaître un profil différent du terrain naturel, joint à une précédente demande d'autorisation d'urbanisme déposée sur le même terrain d'assiette. Toutefois, alors qu'il n'est pas démontré que ce dernier plan serait conforme à la réalité du terrain naturel, cette seule pièce ne suffit pas à établir que la configuration du terrain naturel apparaissant sur le plan critiqué, joint à la demande du 23 septembre 2020, serait erronée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article UB 10 du règlement annexé au plan local d'urbanisme de Saint-Martin-d'Ardèche : " La hauteur maximale des constructions à usage d'habitation est fixée à 7 m à l'égout de toiture pour les constructions à usage d'habitation, 3.5 m à l'égout de toiture pour les constructions à usage d'annexes. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige présente une hauteur à l'égout du toit inférieure à 6 mètres par rapport au terrain naturel, dont il n'est pas établi, ainsi qu'il a été dit au point 3, qu'il serait reporté avec erreur sur les plans joints à la demande déposée le 23 septembre 2020. Si la requérante relève une hauteur de la construction par rapport au terrain naturel de 7,90 mètres, il ressort de ses propres calculs que cette mesure correspond à la hauteur au faîtage, lequel ne constitue toutefois pas le point de référence pour déterminer la hauteur de la construction en application de l'article UB 10 précité. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de cet article doit, par suite, être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article UB7 du règlement annexé au plan local d'urbanisme de Saint-Martin-d'Ardèche : " Implantation par rapport aux limites séparatives. La distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point le plus proche d'une limite sur laquelle le bâtiment n'est pas implanté doit être au moins égale à sa demi hauteur avec un minimum de trois mètres. / () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que la maison envisagée sera implantée en recul de 3,02 mètres par rapport à la limite séparative ouest. La hauteur à prendre en compte pour le calcul du retrait étant, en vertu de la combinaison des dispositions précitées avec celles, rappelées au point 4, de l'article UB 10, la hauteur de la construction à l'égout du toit, soit moins de 6 mètres en l'espèce, l'implantation du projet en retrait de 3,02 mètres par rapport à la limite séparative n'est pas contraire à l'article UB7 précité. Le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit, par suite, être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme D doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par les défendeurs.
Sur les conclusions présentées par la SCI Villa Julia au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
9. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel. ".
10. Il ne résulte pas de l'instruction que la requête de Mme D aurait été présentée dans des conditions qui traduiraient un comportement abusif de sa part. Dans ces conditions, les conclusions présentées par la SCI Villa Julia sur le fondement de l'article L. 600-7 précité doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la SCI Villa Julia, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme D la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme D une somme de 1 400 euros à verser à la commune de Saint-Martin-d'Ardèche et à la SCI Villa Julia au titre des frais exposés par ces dernières et non compris dans les dépens.
12. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de Mme D tendant à ce que la société Villa Julia soit condamnée à ces derniers doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Mme D versera à la commune de Saint-Martin-d'Ardèche la somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Mme D versera à la SCI Villa Julia la somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la SCI Villa Julia présentées sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à la commune de Saint-Martin-d'Ardèche et à la SCI Villa Julia.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
La rapporteure,
M. Flechet
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026