jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2101295 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DELGADO ET MEYER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 février 2021, et des mémoires enregistrés les 10 mars et 3 mai 2022, Mme A E, représentée par la SELARL Delgado et Meyer, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 septembre 2020 par lequel le recteur de l'académie de Lyon a établi le tableau d'avancement à l'échelon spécial de la classe exceptionnelle des psychologues de l'éducation nationale pour l'année 2018, auquel il a inscrit Mme B D, et a promue cette dernière à cet échelon à compter du 1er septembre 2018, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Lyon de réexaminer sa candidature dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme E soutient que :
- il appartient au recteur de l'académie de Lyon de justifier de la délégation de signature accordée au signataire de l'arrêté attaqué ;
- il lui appartient également de justifier de la régularité de la procédure suivie ; or il n'établit pas que la commission administrative paritaire a été destinataire des éléments lui permettant de comparer la valeur professionnelle des candidates promouvables ainsi que des principes guidant les propositions d'avancement ; il ne justifie pas de ce que la commission a été consultée et a régulièrement voté ;
- l'appréciation des mérites comparés des candidates doit porter sur l'ensemble de la carrière ; l'administration a en outre méconnu le principe d'égalité de traitement ;
- il appartient au recteur de produire devant le tribunal les éléments objectifs justifiant de ce que Mme D disposait d'une expérience professionnelle supérieure à la sienne ; sa décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la promotion de Mme D doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation du tableau d'avancement ;
Par des mémoires enregistrés les 11 janvier, 11 avril et 11 mai 2022, le recteur de l'académie de Lyon conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n° 2017-120 du 1er février 2017 portant dispositions statutaires relatives aux psychologues de l'éducation nationale ;
- l'arrêté du 10 mai 2017 fixant les contingentements pour l'accès à la classe exceptionnelle et à l'échelon spécial des corps enseignants, d'éducation et de psychologue du ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Deniel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tastevin, représentant Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, psychologue de l'éducation nationale classée au 4ème échelon de la classe exceptionnelle, a contesté la décision du 17 juillet 2018 par laquelle la rectrice de l'académie de Lyon avait établi le tableau d'avancement à l'échelon spécial des psychologues de l'éducation nationale de la classe exceptionnelle pour l'année 2018 et promu Mme D à cet échelon. Par un jugement du 27 mai 2020, le tribunal administratif de Lyon a annulé cette décision, ainsi que la décision du 3 septembre 2018 rejetant le recours gracieux formé par Mme E, et a enjoint au recteur de l'académie de Lyon d'établir de nouveau un tableau d'avancement à l'échelon spécial des psychologues de l'éducation nationale de classe exceptionnelle au titre de l'année 2018. Mme E demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 septembre 2020 par lequel le recteur a établi ce tableau d'avancement et y a inscrit Mme D, a promue cette dernière à l'échelon spécial de la classe exceptionnelle à compter du 1er septembre 2018, ainsi que la décision rejetant implicitement son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 57 alors applicable de la loi du 11 janvier 1984 visée ci-dessus : " L'avancement d'échelon est accordé de plein droit. Il a lieu de façon continue d'un échelon à l'échelon immédiatement supérieur. Il est fonction de l'ancienneté. Toutefois, lorsque les statuts particuliers le prévoient et selon des modalités de contingentement définies par décret en Conseil d'Etat, il peut être également fonction de la valeur professionnelle. Les statuts particuliers peuvent en outre prévoir des échelons spéciaux dont l'accès peut être contingenté selon des conditions et des modalités spécifiques. () ". Aux termes du III de l'article 26 du décret du 1er février 2017 visé ci-dessus, dans sa rédaction alors en vigueur : " Peuvent accéder au choix à l'échelon spécial du grade de psychologue de l'éducation nationale classe exceptionnelle, dans la limite d'un pourcentage des effectifs de ce grade fixé par arrêté conjoint du ministre chargé de l'éducation nationale, du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget, les psychologues de l'éducation nationale inscrits sur un tableau d'avancement ayant au moins 3 ans d'ancienneté au 4e échelon de leur grade. / Le tableau d'avancement est arrêté chaque année, selon des orientations définies par le ministre chargé de l'éducation nationale : / - par le recteur, après avis de la commission administrative paritaire compétente, pour les psychologues de l'éducation nationale mentionnés à l'article 16 ".
3. En premier lieu, l'arrêté du 7 septembre 2020 attaqué est signé par M. Olivier Curnelle, secrétaire général de l'académie de Lyon. Le recteur de l'académie de Lyon, par un arrêté du 20 février 2020 publié le jour même au recueil des actes administratifs de la préfecture de région Auvergne-Rhône-Alpes, a délégué sa signature à ce fonctionnaire, notamment en ce qui concerne la gestion des psychologues de l'éducation nationale. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ne peut être accueilli.
4. En deuxième lieu, d'une part, pour procéder à la consultation de la commission administrative paritaire sur un projet de tableau annuel d'avancement, l'autorité administrative compétente doit, d'une part, préalablement à la présentation du projet de tableau, avoir procédé à un examen de la valeur professionnelle de chacun des agents remplissant les conditions pour être promus et, d'autre part, tenir à la disposition de la commission administrative paritaire les éléments sur lesquels elle s'est fondée pour établir ses projets de tableau après avoir comparé les mérites respectifs des agents.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'administration a transmis à la commission administrative paritaire un projet de tableau d'avancement, faisant apparaître l'âge, la discipline, l'affectation des candidates, retraçant sommairement leurs carrières, les appréciations portées sur celles-ci, les points obtenus au regard du barème appliqué et la candidate choisie. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les membres de la commission auraient souhaité des compléments d'information ou que les dossiers des intéressées n'auraient pas été tenus à leur disposition. Dans ces conditions, les éléments transmis à la commission étaient suffisants pour lui permettre de se prononcer en toute connaissance de cause.
6. D'autre part, le moyen tiré par la requérante de ce que le recteur n'apporterait pas la preuve de la régularité de la consultation, s'agissant notamment des modalités de vote, n'est pas assorti de précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par ailleurs, pour regrettable qu'elle soit, la circonstance que le procès-verbal de la séance tenue par la commission administrative paritaire le 8 juillet 2020 n'ait été signé que le 22 mars 2022 est sans incidence sur la régularité de la consultation.
7. En troisième lieu, dans sa note de service du 19 février 2018, notamment relative à l'accès à l'échelon spécial du grade de classe exceptionnelle des psychologues de l'éducation nationale, le ministre de l'éducation nationale a indiqué aux rectrices et recteurs d'académie qu'" il vous appartient de décider de l'inscription au tableau d'avancement des agents dont la valeur professionnelle et les acquis de l'expérience vous semblent les plus de nature à justifier une promotion à l'échelon spécial de la classe exceptionnelle, après consultation des commissions administratives paritaires des corps concernés. Afin de fluidifier l'accès à cet échelon, une attention particulière sera portée à ceux d'entre eux qui sont le plus expérimentés. Je vous rappelle à cet égard que l'exercice d'au moins six mois de fonctions est nécessaire pour bénéficier d'une liquidation de la retraite calculée sur la base de la rémunération correspondante. Pour cette campagne 2018, vous pourrez vous appuyer sur les avis portés sur la valeur professionnelle des agents au cours du premier trimestre 2018 dans le cadre de la campagne 2017 d'accès au grade de classe exceptionnelle ".
8. Il ressort des pièces du dossier que pour inscrire Mme D au tableau d'avancement à l'échelon spécial au titre de l'année 2018, qui ne pouvait comporter qu'un seul nom, le recteur, estimant que les mérites et les expériences des deux candidates étaient globalement équivalents, les a départagées au regard de l'expérience et des fonctions exercées dans leurs dernières affectations. En recourant pour départager les candidates à ce critère en lien avec leur valeur professionnelle et les acquis de leur expérience, le recteur n'a pas commis d'erreur de droit ni méconnu le principe d'égalité de traitement.
9. En quatrième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier d'une part, que Mme Monsanson, conseillère d'orientation depuis 1981, était directrice de centres d'information et d'orientation depuis le mois de septembre 1997. Elle a été affectée jusqu'en 2003 au centre de La Cluses, puis jusqu'en 2011 au centre d'Oullins, avant d'être détachée pendant trois ans auprès de l'Agence de l'enseignement français à l'étranger, période durant laquelle elle a été affectée à Sao Paulo, au Brésil. A son retour en France, elle a été chargée de la direction du centre d'information et d'orientation de Givors, qui représente le suivi d'un périmètre d'environ 5 500 élèves et de quatre postes budgétaires théoriques, avec un demi-poste de secrétaire administratif et un poste d'adjoint administratif dédiés. Son chef d'établissement et le corps d'inspection ont porté sur elle un avis " Excellent ", la qualifiant d' " Excellente professionnelle dont le parcours montre une grande richesse d'expériences, notamment à l'international et en tant que formatrice ", et estimant que " Son expertise solide est très appréciée sur le plan local, départemental et académique " et que " Son engagement auprès des usagers et des personnels est manifeste ". D'autre part, Mme D, membre du personnel d'orientation depuis 1986, était directrice de centres d'information et d'orientation depuis 2008. Elle a dirigé le centre d'Aubenas jusqu'en 2009, puis celui de Lyon-Est, le plus important de l'académie, représentant le suivi d'un périmètre d'environ 20 000 élèves et de seize postes budgétaires théoriques, avec quatre postes administratifs dédiés. Son chef d'établissement et le corps d'inspection ont porté sur elle un avis " Excellent ", la qualifiant d' " Excellente professionnelle dont le parcours est riche et diversifié ", dont " Les expériences et les expertises sont appréciées par les services départementaux et académiques " et dont " Les initiatives rendent de nombreuses actions efficientes auprès des usagers ". Ces avis soulignent que " Le management des personnels est performant et bienveillant " et que " Les activités partenariales réussies permettent un rayonnement du centre d'orientation dans et hors de l'éducation nationale ". Le recteur fait également valoir que Mme D a mis en place la plateforme de suivi et d'appui aux décrocheurs au lycée Alfred de Musset de 2011 à 2018 et qu'elle a piloté le regroupement des centre d'information et d'orientation de Décines et de Vaulx-en-Velin avec celui de Villeurbanne. Dans ces conditions, en inscrivant Mme D sur le tableau d'avancement litigieux, conformément à l'avis rendu par la commission administrative paritaire, le recteur de l'académie de Lyon n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans la comparaison de la valeur professionnelle des deux candidates et des acquis de leurs expériences.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution de la part de l'administration. Dès lors, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, le versement à Mme E sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés pour l'instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et à Mme B D.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Lyon.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Chenevey, président,
M. Arnould, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
J. C
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026