mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2101303 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 février 2021, M. A B, représenté par la Selarl BS2A Bescou et Sabatier Avocats Associés agissant par Me Bescou, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 janvier 2021 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues pour les demandeurs d'asile ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil avec effet rétroactif à compter du jour de la délivrance de l'attestation de demande d'asile en France, dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- cette décision est entachée d'un vice de procédure, au régard des dispositioins des articles L. 744-6 et R. 744-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'aucun entretien préalable n'a eu lieu, qu'il n'a pas été informé de la possibilité de bénéficier d'un examen de santé gratuit, et que l'ensemble des éléments figurant dans la grille d'évaluation de la vulnérabilité n'ont pas fait l'objet d'un examen ;
- une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation ont été commises concernant sa vulnérabilité ;
- une erreur mélangée de fait et de droit a été commise dans l'appréciation du non-respect des obligations auxquelles il était soumis au regard des dispositions du 2° de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il appartient à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de démontrer qu'il n'a pas respecté ses obligations et qu'il a été informé des conséquences du non-respect de ses obligations ; le préfet ne peut, en tout état cause, être considéré comme une autorité de l'asile au sens de ces dispositions ;
- l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est senti en situation de compétence liée pour lui refuser le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil au seul motif qu'il entrait dans le champ d'application de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les dispositions du 1° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont contraires à l'article 20 de la directive du parlement européen et du conseil du 26 juin 2013 ;
- cette décision est entaché d'une erreur de fait et manifeste d'appréciation compte tenu de sa situation personnelle de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 septembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La demande d'admission à l'aide juridictionnelle de M. B a été rejetée par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 6 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015 ;
- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Collmb, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Sautier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant nigérian né le 18 mai 1998, a sollicité l'asile le 12 octobre 2017 et a bénéficié, à ce titre, des conditions matérielles d'accueil. Lors de l'examen de sa demande d'asile, il est apparu que cette demande ne relevait pas de la compétence de la France le préfet l'a ainsi placé en " procédure Dublin ". Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été ensuite suspendu par le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 5 septembre 2018 au motif que l'intéressé ne s'est pas conformé à l'obligation de se présenter aux autorités et a été déclaré en fuite le 19 juillet 2018. La France étant devenue responsable de sa demande d'asile à l'expiration du délai de transfert, M. B a été admis à présenter sa demande d'asile le 19 novembre 2020. L'intéressé a alors sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil le 26 novembre 2020. Par une décision du 28 janvier 2021, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, le directeur territorial de l'OFII a rejeté cette demande.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors en vigueur : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente, qui enregistre sa demande et procède à la détermination de l'État responsable (). / Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile () ". L'article L. 742-1 du même code prévoit que : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre État qu'elle entend requérir, l'étranger bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la fin de la procédure de détermination de l'État responsable de l'examen de sa demande et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet État. L'attestation délivrée en application de l'article L. 741-1 mentionne la procédure dont il fait l'objet. Elle est renouvelable durant la procédure de détermination de l'État responsable et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet État ". L'article L. 744-1 du même code dispose que les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive du 26 juin 2013, " sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile (). Les conditions matérielles d'accueil comprennent les prestations et l'allocation prévues au présent chapitre () ". L'article L. 744-9 de ce même code prévoit que " Le demandeur d'asile qui a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées en application de l'article L. 744-1 bénéficie d'une allocation pour demandeur d'asile s'il satisfait à des conditions d'âge et de ressources. L'Office français de l'immigration et de l'intégration ordonne son versement dans l'attente de la décision définitive lui accordant ou lui refusant une protection au titre de l'asile ou jusqu'à son transfert effectif vers un autre Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile () ".
3. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile ; () Lorsque le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ".
4. Si les termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.
5. Il résulte des dispositions précédemment citées que les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'Office de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8, dans sa rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
6. En l'espèce, il ressort des terme de la décision attaquée que, pour refuser à M. B le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil, le directeur de l'OFII a estimé que l'intéressé ne justifiait pas de raisons expliquant le non-repect de son obligation de présentation aux autorités, motif pour lequel ses conditions matérielles d'accueil avaient été suspendues, et il a relevé que l'évaluation de sa situation personnelle et familiale ne faisait pas apparaître de facteur particulier de vulnérabilité au sens des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En premier lieu, d'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil () Lors de l'entretien, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale ()". Aux termes de l'article R. 744-14 du même code : " L'appréciation de la vulnérabilité des demandeurs d'asile est effectuée par les agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en application de l'article L. 744-6, à l'aide d'un questionnaire dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés de l'asile et de la santé. / Si le demandeur d'asile présente des documents à caractère médical, en vue de bénéficier de conditions matérielles d'accueil adaptée à sa situation, ceux-ci seront examinés par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui émet un avis ".
8. Si ces dispositions imposent un entretien personnel lors de la présentation de la première demande d'asile permettant d'évaluer la vulnérabilité du demandeur au cours duquel le demandeur est notamment informé de la possibilité de bénéficier d'un examen de santé, l'administration n'est, en revanche, pas tenue de réitérer cet entretien lors de toute demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil qui ont été précédemment suspendues. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'entretien préalablement à la décision de suspension est inopérant.
9. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 4 du présent jugement, les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018. Dès lors, M. B, dont les conditions matérielles d'accueil ont été initialement accordées avant le 1er janvier 2019, ne peut utilement se prévaloir des dispositions, issues de la loi du 10 septembre 2018, du 2° de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le requérant faisait l'objet d'un arrêté du 20 avril 2018 ordonnant son transfert vers l'Italie, pays responsable de sa demande d'asile, assorti d'un arrêté d'assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable, entraînant une obligation pour l'intéressé de se présenter les lundi et jeudi auprès de la direction zonale de la police aux frontières de Lyon pour y confirmer sa présence, qu'il s'est ainsi soustrait à cette obligation les 7 et 11 juin 2018, et a été déclaré en fuite le 19 juillet suivant. A l'appui de ses conclusions à fin d'annulation de cette décision, le requérant n'apporte aucun élément de nature à contester les éléments de fait retenus par l'administration. Dans ces conditions, M. B n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités pour un transfert vers le pays responsable de sa demande d'asile. Par suite, en refusant le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil à l'intéressé, l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas entaché sa décision d'une erreur de fait, ni de droit.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013 : " 1. Les Etats membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : a) abandonne le lieu de résidence fixé par l'autorité compétente sans en avoir informé ladite autorité ou, si une autorisation est nécessaire à cet effet, sans l'avoir obtenue ; ou b) ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national ; () ".
11. Les cas de suspension, de retrait et de refus du bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévus par les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur rédaction applicable au présent litige correspondent aux hypothèses fixées à l'article 20 de la directive 2013/33/UE dans lesquelles les Etats membres peuvent " limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ". Par suite, le moyen tiré de ce que les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur rédaction applicable seraient incompatibles avec les objectifs de la directive 2013/33/UE ne peut qu'être écarté.
12. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'était pas tenu de mentionner dans sa décision l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressé, n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant. En outre, M. B ne produit aucun élément permettant d'établir qu'il aurait porté à la connaissance de l'administration des informations relatives à son état de santé préalablement à l'édiction de la décision en litige ni qu'il aurait sollicité l'avis d'un médecin de l'OFII, alors qu'il avait été informé de cette possibilité lors du dépôt de sa demande d'asile au cours de laquelle il était assisté d'un interprète.
13. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment du formulaire d'offre de prise en charge au titre du dispositif national d'accueil de l'OFII en date du 12 octobre 2017, que M. B a coché la case portant la mention " Je certifie avoir été informé dans une langue que je comprends des conditions et modalités de suspension, de retrait et de refus des conditions matérielles d'accueil ". En outre, aucun texte ni aucun principe n'impose à au directeur de l'OFII de procéder à une nouvelle information pour examiner une demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil préalablement suspendues. Par suite, le moyen tiré de ce que le requérant n'a pas été informé, dans une langue qu'il comprend, des conséquences d'un non-respect des obligations prévues au 2° de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
14. En sixième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le directeur de l'OFII se serait cru en situation de compétence liée en raison du comportement de fuite du requérant et qu'il aurait ainsi méconnu l'étendue de sa compétence alors, au demeurant, que l'intéressé ne soutient ni même n'allègue avoir porté à la connaissance de l'administration des informations relatives à son état de santé préalablement à l'édiction de la décision litigieuse ni qu'il aurait sollicité l'avis d'un médecin de l'OFII.
15. En septième lieu, M. B fait valoir qu'il se trouve dans une situation de grande précarité, ne bénéficiant d'aucune aide, et qu'il souffre de troubles mentaux et d'une infection à l'hépatite B pour lesquels il justifie d'une prise en charge médicale. Toutefois, les trois ordonnances médicales qu'il produit, datées des 6 et 13 octobre 2020 et du 15 janvier 2021, si elles attestent de la prise, par l'intéressé, d'un traitement médicamenteux composé d'un antispychotique et d'un anti-dépresseur, ne sont pas de nature à démontrer qu'il était dans l'impossibilité, en raison de son état de santé, de se rendre aux convocations fixées par l'administration les 7 et 11 juin 2018 ni qu'il présentait une vulnérabilité particulière à la date de la décision attaquée. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait commis une erreur de fait ou une erreur d'appréciation en refusant le rétablissement des conditions matérielles d'accueil à M. B.
16. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision contestée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a par suite lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Collomb, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
La rapporteure,
C. Collomb
Le président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026