mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2101359 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 février 2021, Mme B C, représentée par Me Bescou, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Haute-Loire a refusé de délivrer une carte nationale d'identité à son enfant, E A ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Loire, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer ladite carte, subsidiairement de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme C soutient que :
- la décision n'est pas motivée, le préfet n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs en méconnaissance de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision méconnaît les dispositions des articles 2 et 4 du décret du 22 octobre 1955 instituant la carte nationale d'identité, la filiation française de son enfant étant régulièrement établie sans qu'aucune fraude ne soit caractérisée ;
- la décision porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant en violation de l'article 3§1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire, enregistré le 24 mars 2021, M. F A, représenté par Me Bescou, demande que le tribunal fasse droit aux conclusions de la requête de Mme C en soulevant les mêmes moyens que ceux présentés dans la requête.
Par mémoire en défense enregistré le 11 juin 2021, le préfet de la Haute-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens ne sont pas fondés.
Par décision du 18 juin 2021, Mme C n'a pas été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Lacoste Lareymondie,
- les conclusions de Mme D,
- et les observations de Me Guillaume, avocat, pour Mme C et pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, M. A a intérêt à l'annulation de la décision attaquée. Ainsi son intervention est recevable.
2. En second lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 22 octobre 1955 susvisé : " Il est institué une carte nationale certifiant l'identité de son titulaire. () / () La carte nationale d'identité mentionne : 1° Le nom de famille, les prénoms, la date et le lieu de naissance, le sexe, la taille, la nationalité, le domicile ou la résidence de l'intéressé () ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " La carte nationale d'identité est délivrée sans condition d'âge à tout Français qui en fait la demande. () ".
3. Il appartient aux autorités administratives de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que les pièces produites à l'appui d'une demande de passeport ou de carte nationale d'identité sont de nature à établir l'identité et la nationalité du demandeur. Seul un doute suffisant sur l'identité ou la nationalité de l'intéressé peut justifier le refus de délivrance ou de renouvellement du titre demandé.
4. Mme B C, de nationalité comorienne, est entrée en France au mois de mars 2017 selon ses déclarations. Elle a donné naissance à une fille le 5 juin 2018, sur le territoire français, reconnue de manière anticipée par M. F A, de nationalité française, qui a déclaré être son père. Dans le cadre de l'examen de la demande de carte nationale d'identité au bénéfice de l'enfant, Mme C et M. A ont été auditionnés séparément. Il est ressorti de leurs auditions des versions très divergentes sur les circonstances de leur rencontre, ainsi que sur les dates auxquelles ils se seraient retrouvés, alors qu'il est constant qu'ils ont toujours vécu séparément et qu'ils n'ont jamais entretenu une relation suivie. Plus particulièrement, si M. A indique avoir vu Mme C à la fin du mois de septembre 2017, ce qui correspondrait avec la date de conception et la durée de gestation de l'enfant née en juin, Mme C n'évoque pas cette rencontre et indique seulement avoir eu des relations avec l'intéressé peu de temps après son arrivée en France sans donner davantage de précisions. Dans ces circonstances, le préfet de la Haute-Loire pouvait valablement estimer qu'il existait un doute suffisant sur la filiation de l'enfant et, par suite, sur sa nationalité. En application des dispositions précitées de l'article 2 du décret du 22 octobre 1955, il était alors tenu de refuser de lui remettre une carte nationale d'identité. Il s'en suit que les moyens tirés de ce que la décision contestée ne serait pas motivée et porterait une atteinte à l'intérêt supérieure de l'enfant en violation de l'article 3§1 de la convention internationale des droits de l'enfant, sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous d'astreinte et celles à fin de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de M. A est admise.
Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, à M. A, à Me Bescou et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Loire.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
Mme de Lacoste Lareymondie, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
La rapporteure,
E. de Lacoste Lareymondie
Le président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026