mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2101618 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL FRANCOIS DUMOULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 mars 2021 et 20 juin 2022, Mme C A, représentée par la SELARL François Dumoulin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la ville de Lyon du 23 septembre 2020 refusant de réviser son compte rendu d'entretien annuel pour 2019 en ce qu'il ne propose pas son inscription sur la liste des agents promouvables au grade de chef de service de police municipale principal 1ère classe ;
2°) de mettre à la charge de la ville de Lyon une somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée viole le III de l'article 10 du décret n° 2011-444 du 21 avril 2011 et l'article 25 du décret n° 2010-329 du 22 mars 2010, dans la mesure où elle remplit toutes les conditions pour être promouvable au grade de chef de service de police municipale principale de 1ère classe, lesquelles conditions n'incluent pas l'exercice de certaines fonctions telles que celles de chef de poste ou de brigade.
Par un mémoire enregistré le 30 mai 2022, la ville de Lyon conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, faute de désigner précisément la décision attaquée ; en outre, si elle est dirigée contre la décision du 23 septembre 2020, il n'est pas justifié que le délai de recours de deux mois aurait été interrompu et celui-ci avait dès lors expiré à la date d'enregistrement de la requête ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
La ville de Lyon a présenté un mémoire, enregistré le 24 juin 2022, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 2010-329 du 22 mars 2010 portant dispositions statutaires communes à divers cadres d'emplois de fonctionnaires de la catégorie B de la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 2011-444 du 21 avril 2011 portant statut particulier du cadre d'emplois des chefs de service de police municipale ;
- le décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chenevey, président-rapporteur ;
- les conclusions de Mme Deniel, rapporteure publique,
- et les observations de Mme A et celles de Mme B, pour la ville de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, cheffe de service de police municipale principale de 2ème classe affectée à un poste de cheffe de brigade de la police municipale de Lyon, a bénéficié le 29 mai 2020 de l'entretien professionnel au titre de l'année 2019. Si dans un premier temps, le projet de compte rendu de cet entretien prévoyait que l'intéressée serait proposée à la promotion au grade de chef de service principal de 1ère classe, le compte rendu final notifié à l'agente le 9 septembre 2020 indique qu'elle n'est pas proposée à l'avancement. Mme A a demandé la rectification de ce compte rendu sur ce point, et son inscription au tableau d'avancement. Le 23 septembre suivant, l'autorité territoriale lui a opposé un refus. L'intéressée a alors saisi la commission administrative paritaire qui, le 10 décembre 2020, a émis un avis défavorable sur sa demande de rectification. Mme A demande au tribunal d'annuler la décision de rejet de sa demande de rectification qui lui a été opposée le 23 septembre 2020.
2. Aux termes de l'article 79 de la loi du 26 janvier 1984 visée ci-dessus : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. / Il a lieu suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : 1° Soit au choix par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. () 2° Soit par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après une sélection par voie d'examen professionnel () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 21 avril 2011 visé ci-dessus : " Les chefs de service de police municipale constituent un cadre d'emplois de police municipale de catégorie B () Ce cadre d'emplois comprend les grades de chef de service de police municipale, de chef de service de police municipale principal de 2ème classe et de chef de service de police municipale principal de 1ère classe ". En vertu du III de l'article 10 du même décret, l'avancement au grade de chef de service de police municipale de 1ère classe s'effectue selon les conditions prévues par le II de l'article 25 du décret du 22 mars 2010, également visé ci-dessus. Aux termes de ce dernier article : " Peuvent être promus au troisième grade de l'un des cadres d'emplois régis par le présent décret : 1° Par la voie d'un examen professionnel, les fonctionnaires justifiant d'au moins un an dans le 5e échelon du deuxième grade et d'au moins trois années de services effectifs dans un corps, cadre d'emplois ou emploi de catégorie B ou de même niveau () ". Aux termes de l'article 3 du décret du 16 décembre 2014 visé ci-dessus : " L'entretien professionnel porte principalement sur : () 7° Les perspectives d'évolution professionnelle du fonctionnaire en termes de carrière et de mobilité. () ".
3. En premier lieu, il ressort des dispositions citées ci-dessus de la loi du 26 janvier 1984 et des décrets des 21 avril 2011 et 22 mars 2010 que, si le fonctionnaire lauréat d'un examen professionnel a vocation à bénéficier d'un avancement dans le grade supérieur, il ne jouit pas d'un droit à un tel avancement. Par suite, la décision de ne pas proposer l'inscription du fonctionnaire à un tableau d'avancement ne refuse pas un avantage constituant un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir, au sens des dispositions du 6° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle n'entre dans aucune des catégories de décisions individuelles qui doivent être motivées en vertu de cet article. Le moyen tiré de ce qu'elle serait insuffisamment motivée doit dès lors être écarté comme inopérant.
4. En second lieu, alors même que Mme A remplissait les conditions pour être promue au grade de chef de service principal de 1ère classe, son supérieur hiérarchique pouvait tenir compte des fonctions qu'elle occupait pour ne pas proposer son inscription au tableau d'avancement pour 2020, sans préjudice de l'examen de son cas par la commission administrative paritaire et l'autorité territoriale. Le moyen tiré de ce que ce refus de proposer son avancement méconnaîtrait les dispositions citées ci-dessus des décrets des 21 avril 2011 et 22 mars 2010 ne peut dès lors être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le tribunal mette à la charge de la ville de Lyon, qui n'est pas la partie perdante, le versement à Mme A de la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés pour l'instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la ville de Lyon.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Chenevey, président,
Mme Gagey, première conseillère,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
J.-P. Chenevey
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
N. Gagey
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne au préfet du Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026