vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2101832 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COUDERC ZOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 mars 2021 et 19 septembre 2022, Mme B F, représentée par la SCP Couderc Zouine, demande au tribunal, en son nom et celui de ses enfants mineurs G E, C A et D F, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions orales du 10 décembre 2020 refusant d'enregistrer sa demande de titre de séjour et l'assignant de fait avec ses trois enfants à résidence à Mayotte, ainsi que la décision implicite de refus ultérieure de lui fixer un rendez-vous en vue de l'enregistrement de sa demande ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de fixer, dans un délai de huit jours, un rendez-vous dans un délai maximum de quinze jours et de lui remettre à cette occasion un récépissé de demande de titre de séjour, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de rendez-vous et d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans un délai de huit jours ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme F soutient que :
- la requête est justifiée par l'urgence ;
- les décisions contestées ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles ne sont pas motivées ;
- elles méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et l'article 24 de Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elles méconnaissent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision de refus d'enregistrement de sa demande de délivrance de titre de séjour est entachée d'un défaut de base légale ;
- elle méconnaît l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée à un défaut d'examen de sa situation ;
- elle contrevient aux stipulations des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 1er du protocole n° 12 annexe à cette convention ;
- elle créé une rupture d'égalité d'accès et de traitement devant les services publics ;
- la décision de refus de fixer un nouveau rendez-vous est illégale par exception d'illégalité de l'arrêté du préfet du Rhône mettant en place un téléservice obligatoire pour les motifs retenus par le tribunal administratif de Rouen dans le jugement n° 2001687 du 18 février 2021 ; à défaut d'un tel arrêté, la mise en place de ce téléservice résulte d'une décision orale illégale, par voie d'exception, pour les mêmes motifs ; elle est illégale par exception d'illégalité de l'organisation mise en place par le préfet du Rhône, ne prévoyant aucune autre procédure alternative de prise de rendez-vous ;
- la décision d'assignation à résidence à Mayotte viole la liberté d'aller et venir de ses enfants.
Par un mémoire enregistré le 23 septembre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est devenue sans objet, la requérante ayant pu faire enregistrer sa demande de titre de séjour lors du rendez-vous qui lui a été fixé le 12 octobre 2021.
Par une lettre du 23 septembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens d'ordre public relevés d'office tirés :
- de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la prétendue décision orale assignant de fait Mme F et ses trois enfants de nationalité française à résidence à Mayotte, décision inexistante ;
- de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la prétendue décision implicite par laquelle le préfet du Rhône aurait refusé de fixer à Mme F un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour, décision inexistante dès lors que la démarche effectuée par un étranger sur le formulaire de contact du site internet de la préfecture en vue de l'obtention d'un rendez-vous pour le dépôt d'une demande de titre de séjour n'est pas susceptible de faire naître une décision implicite de rejet.
Par des mémoires enregistrés les 26 et 27 septembre 2022, non communiqués, Mme F a fait valoir ses observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme H,
- et les observations de Me Lefèvre, avocate de Mme F.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F, ressortissante comorienne née le 31 décembre 1981, déclare être entrée en France le 8 mars 2019 en provenance de Mayotte où elle résidait régulièrement sous couvert d'un titre de séjour. Elle a souhaité déposer une demande de renouvellement de son admission au séjour, puis une première demande de titre de séjour et a obtenu plusieurs rendez-vous, à la suite desquels sa demande n'a pas été enregistrée. Elle demande, en son nom et celui de trois de ses enfants mineurs, l'annulation des décisions orales du 10 décembre 2020 refusant d'enregistrer sa demande de titre de séjour et l'assignant de fait avec ses trois enfants à résidence à Mayotte, ainsi que la décision implicite de refus à sa demande adressée le 7 janvier 2021 par le formulaire contact du site internet de la préfecture en vue d'obtenir un nouveau rendez-vous pour l'enregistrement de sa demande.
2. En premier lieu, postérieurement à l'enregistrement de la requête, le préfet du Rhône a convoqué Mme F le 12 octobre 2021 en vue du dépôt et de l'instruction de sa demande. Il précise, sans être contesté, que ses services ont procédé à cette occasion à l'enregistrement de la demande de titre de séjour présentée par l'intéressée. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation du refus oral d'enregistrement et du refus implicite de fixer un nouveau rendez-vous à Mme F et à ce qu'il soit enjoint au préfet de la convoquer en vue de procéder à l'enregistrement de sa demande et de lui délivrer un récépissé ont désormais perdu leur objet. Ainsi, l'exception de non-lieu soulevée en défense par le préfet du Rhône doit être accueillie.
3. En second lieu, eu égard aux pièces du dossier, notamment le formulaire de demande d'admission au séjour complété le 9 décembre 2020, la convocation invitant la requérante à se présenter le 10 décembre 2020 à 13 h 40 pour le dépôt d'une première demande de titre de séjour et l'attestation de l'assistante sociale qui l'a accompagnée à ce rendez-vous, il doit être tenu pour établi que Mme F s'est vu refuser oralement le 10 décembre 2020 l'enregistrement de sa demande de titre de séjour par un agent de guichet de la préfecture du Rhône, au motif que son dossier ne comportait pas le visa requis pour les titulaires d'un titre de séjour délivré à Mayotte. En revanche, la circonstance que cet agent de préfecture lui a indiqué qu'elle devait " retourner à Mayotte " pour revenir avec un visa ne révèle aucunement une décision du préfet du Rhône l'assignant de fait, avec ses enfants qui l'accompagnent en France, en résidence à Mayotte. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette prétendue décision sont irrecevables.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'État, le versement à Mme F d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation du refus oral d'enregistrement de la demande de titre de séjour et du refus implicite de fixer un nouveau rendez-vous à Mme F, ainsi que sur les conclusions afférentes à ces conclusions à fin d'annulation.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme F est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B F et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
La rapporteure,
K. H
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026