jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2101923 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP DUFOUR HARTEMANN PALAZZOLO & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 18 mars 2021, 28 juin 2021 et 25 avril 2022, M. E D, Mme B A et la SCI Bellevue, ayant comme représentant unique M. E D, représentés par la SELARL Guitton et Dadon, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 octobre 2020 par lequel le maire de Fontaines-sur-Saône a accordé à la SARL Fabol un permis de construire portant sur la transformation d'un bâtiment de bureaux existant en un restaurant et la construction d'une extension et d'une annexe, sur un terrain situé 1 avenue des Marronniers - chemin Vetter, ainsi que la décision du 22 janvier 2021 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Fontaines-sur-Saône et de la SARL Fabol la somme de 5 000 euros à leur verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils disposent d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- l'avis de taxe d'habitation produit permet d'établir l'occupation régulière de leur bien ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet et comporte des contradictions dès lors que le formulaire Cerfa indique la réalisation de 68,75 m² de bureaux alors que les plans font apparaître une surface de 55,70 m², qu'aucun plan ne précise la superficie de la parcelle se situant en bande de constructibilité secondaire, que le dossier ne comporte pas les pièces exigées par l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme, applicable à un établissement recevant du public, que le dossier ne permet pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement et qu'il ne précise pas la hauteur de l'actuel mur séparant le terrain d'assiette du projet de leurs parcelles ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles 1.3.2.2.3 et 1.3.2.2.4 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon relatifs aux clôtures ;
- il méconnaît les dispositions des articles 5.2.3.1.1 et 5.2.3.2.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H relatif au stationnement des véhicules motorisés ;
- il méconnaît l'article 1.2.2.2 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H relatif aux conditions de constructibilité dans la bande de constructibilité secondaire ;
- il méconnaît l'article 2.2.1.1 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;
- il méconnaît l'article 2.3.1 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H relatif à la distance entre les constructions implantées sur une même parcelle ;
- il méconnaît l'article 2.4 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H relatif à l'emprise au sol ;
- il méconnaît l'article 3.2 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H relatif au traitement des espaces libres ;
- il méconnaît l'article 3.3.2 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H relatif aux aires de stationnement ;
- il méconnaît l'article 4.1.3 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H relatif aux mouvements de terrain ;
- il méconnaît l'article 4.2.2 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H relatif aux toitures ;
- il méconnaît l'article 4.2.5 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H relatif au choix des couleurs ;
- il méconnaît l'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H et celles de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le projet ne s'insère pas dans l'environnement existant ; en outre, l'arrêté contesté méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 avril 2021 et 1er avril 2022, la société Fabol, représentée par la SCP Hartemann-Palazzolo, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les requérants ne justifient pas de l'occupation régulière de leur bien ;
- ils ne justifient pas d'un intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 juillet 2021 et 18 mai 2022, la commune de Fontaines-sur-Saône, représentée par la SELAS Adaltys affaires publiques, conclut au rejet de la requête, à l'application, le cas échéant, de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par ordonnance du 27 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Mathevon, représentant les requérants,
- les observations de Me Petit, représentant la commune de Fontaines-sur-Saône,
- et celles de Me Champavert, représentant la société Fabol.
Considérant ce qui suit :
1. La société Fabol a déposé en mairie de Fontaines-sur-Saône le 29 avril 2020 une demande de permis de construire portant sur la transformation d'un bâtiment de bureaux existant en un restaurant et la construction d'une extension et d'une annexe, sur un terrain situé 1 avenue des Marronniers - chemin Vetter. Par arrêté du 16 octobre 2020, le maire de Fontaines-sur-Saône lui a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. Par la présente requête, M. D, Mme A et la SCI Bellevue demandent au tribunal l'annulation de l'arrêté du 16 octobre 2020 ainsi que de la décision du 22 janvier 2021 rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ". En application de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment du formulaire Cerfa modifié lors du dépôt de pièces complémentaires le 23 juillet 2020, que l'intégralité de la surface de bureaux existante avant travaux sera supprimée par changement de destination. En outre, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose de produire un plan précisant la superficie de la parcelle se situant en bande de constructibilité secondaire, cette dernière étant précisément définie par le plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon. Par ailleurs, le dossier de demande comporte un document graphique d'insertion, trois documents photographiques de l'environnement proche du terrain d'assiette, sur lesquels figure le bâtiment existant, ainsi que trois photographies de l'environnement lointain. Enfin, la circonstance que ne soit pas mentionnée la hauteur de l'actuel mur séparant le terrain d'assiette du projet des parcelles des requérants n'est pas de nature à avoir faussé l'appréciation du service instructeur. Par suite, le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de permis de construire doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires : / a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation ; / b) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité, comprenant les pièces mentionnées à l'article R. 123-22 du même code. ".
6. Il ressort du formulaire Cerfa déposé le 23 juillet 2020 qu'étaient joints au dossier de demande de permis le dossier spécifique permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité des personnes handicapées ainsi que le dossier spécifique permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité. Ainsi, la notice " accessibilité " du plan d'accessibilité du rez-de-chaussée et le plan de sécurité du rez-de-chaussée ont bien été joints à la demande de permis de construire en litige, lors de la transmission de pièces complémentaires le 23 juillet 2020. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées manque en fait.
7. En troisième lieu, en vertu de l'article 1.3.2.2.3 des dispositions communes à toutes les zones du règlement annexé au plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon : " () Les clôtures nouvelles ainsi que la reconstruction de clôtures existantes à la date d'approbation du PLU-H prennent en compte les impératifs d'écoulement des eaux notamment par leur nature, leurs caractéristiques, leur mode d'ancrage, leurs dimensions et leur orientation. Ne sont pas admis les dispositifs pleins tels que muret, clôture pleine, dès lors qu'ils font obstacle à l'écoulement préférentiel des eaux. L'aménagement d'ouvrages de franchissement nécessaires au projet, ne doit pas aggraver la vulnérabilité du projet et l'aléa à l'aval du projet. () ".
8. Si les requérants soutiennent que le projet prévoit la création d'un haut mur plein et d'un mur en pierre, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 1.3.2.2.3, il ressort toutefois des pièces du dossier que le projet se borne à prévoir la conservation des murs existants. Ainsi, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions, applicables aux clôtures nouvelles. Les requérants ne peuvent davantage utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article 1.3.2.2.4 des dispositions communes relatives au périmètre d'écoulement secondaire, le terrain d'assiette du projet n'étant pas situé dans un tel périmètre.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5.2.3.2.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H : " () Les places de stationnement des véhicules motorisés sont conçues, tant dans la distribution et leur dimension que dans l'organisation des aires de dégagement et de circulation, pour garantir leur fonctionnement et leur accessibilité. () ". L'article 5.2.3.1.1 c des dispositions communes du règlement du PLU-H prévoit, en secteur de stationnement E comme en l'espèce, une norme minimale d'une place de stationnement pour 100 m² de surface de plancher dans l'hypothèse d'un établissement de restauration destiné à recevoir une clientèle quand la surface de plancher est inférieure à 500 m².
10. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la réalisation d'une voie interne à sens unique pour desservir les huit places de stationnement créées et l'aménagement de deux accès indépendants dédiés à l'entrée et à la sortie des véhicules par l'avenue des Marronniers. Si les requérants soutiennent que les manœuvres des véhicules seront difficiles, ils ne l'établissent pas. Par ailleurs, si les services techniques de la métropole de Lyon ont émis un avis réservé en indiquant que le nombre de 8 places de stationnement est insuffisant par rapport au nombre de couverts envisagés, les dispositions de l'article 5.2.3.1.1 des dispositions communes du PLU-H relatives au stationnement exigent, pour la réalisation du projet, qui implique la création de 110,43 m² de surface de plancher et le changement de destination de 312,75 m² de surface de plancher, en secteur de stationnement E, la réalisation de 4 places de stationnement, la surface de plancher à destination commerciale étant inférieure à 500 m². Ainsi, les requérants n'établissent pas l'insuffisance du nombre de places de stationnement. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles 5.2.3.1.1 et 5.2.3.2.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H doivent être écartés.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1.2.2.1 des dispositions spécifiques à la zone UCe4 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " La profondeur de la bande de constructibilité principale est fixée à 20 mètres ". En application de l'article 2.1 des dispositions communes de ce plan, la limite de référence est constituée par la limite séparant, d'une part, les propriétés riveraines, d'autre part, les voies publiques ou privées ouvertes ou destinées à être ouvertes à la circulation automobile, les places publiques ou privées et les emplacements réservés et localisations préférentielles nécessaires à la création, l'élargissement ou l'extension de telles voies et places.
12. Il ressort des pièces du dossier, notamment des plans et photographies produits, que le terrain d'assiette du projet est notamment desservi par le chemin Vetter, qui est une voie privée goudronnée dont l'entrée ne comporte aucun obstacle permettant de matérialiser l'opposition des propriétaires à la circulation publique. Il ressort également des pièces du dossier que cette voie permet la desserte des propriétés riveraines. Pour établir que cette voie n'est pas libre d'accès à la circulation publique, les requérants produisent une photographie faisant apparaître, à l'entrée de cette voie, un panneau rond à fond blanc et à bord rouge mentionnant " Voie privée - Roulez au pas ". Toutefois, ce panneau n'interdit pas au public de circuler sur cette voie. Par ailleurs, si les requérants font valoir que ce chemin doit être qualifié de servitude de passage, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une telle servitude aurait été constituée sur le chemin Vetter. Dans ces conditions, le terrain d'assiette du projet doit être regardé comme étant bordé par deux limites de référence, en application de l'article 2.1 des dispositions communes du PLU-H, constituées par l'avenue des Marronniers et le chemin Vetter, qui déclenchent chacune une bande de constructibilité principale de 20 mètres. Il en résulte que l'emprise du bâtiment projeté est entièrement couverte par les bandes de constructibilité principales ainsi déclenchées par ces deux limites de référence. Les requérants ne peuvent dès lors utilement invoquer la méconnaissance de l'article 1.2.2.2 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H de la métropole de Lyon, relatif aux conditions de constructibilité dans la bande de constructibilité secondaire.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article 2.2.1.1 des dispositions spécifiques à la zone UCe4 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " Dans la bande de constructibilité principale / Les constructions sont implantées : / sur une limite séparative latérale* au moins, pour les terrains* ayant une façade inférieure ou égale à 18 mètres sur la limite de référence* ; / sur une limite séparative latérale* au plus, pour les terrains* ayant une façade supérieure à 18 mètres sur la limite de référence*. / (). ".
14. Il ressort des pièces du dossier que le projet, qui dispose d'une façade supérieure à 18 mètres sur l'avenue des Marronniers, limite de référence, est implanté sur une seule limite séparative latérale du terrain d'assiette, le chemin Vetter constituant une limite de référence et non une limite séparative latérale, ainsi qu'il a été exposé au point 12. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet est implanté sur deux limites séparatives latérales, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 2.2.1.1 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H de la métropole de Lyon.
15. En septième lieu, aux termes de l'article 2.3.1 des dispositions spécifiques à la zone UCe4 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " Règle générale / La distance minimale entre constructions ou parties de constructions non contiguës implantées sur un même terrain, hors césures et fractionnements, est au moins égale aux deux tiers de la hauteur de façade la plus élevée () / La distance entre une annexe et une autre construction n'est pas réglementée. () ". Le a de l'article 1.1.1 des dispositions communes à toutes les zones de ce règlement précise que : " Une annexe est une construction secondaire, de dimensions réduites et inférieures à la construction principale, qui apporte un complément aux fonctionnalités de la construction principale. Il peut s'agir, par exemple, de garages, de locaux vélos, de points de présentation des déchets, d'abris de jardin, de piscines. Elle est implantée selon un éloignement restreint entre les deux constructions afin de marquer un lien d'usage. Elle n'est pas accolée à la construction principale avec qui elle entretient un lien fonctionnel, sans accès direct depuis cette dernière. ".
16. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit l'implantation d'un local technique accueillant les déchets, la chaudière et les boissons. Ce local, dont l'emprise au sol s'élève à 34,42 m² et la hauteur à 2,28 mètres, pour un projet d'une surface totale de plancher de 423,18 m², présente les caractéristiques d'une construction secondaire, de dimensions réduites et inférieures à la construction principale, qui apporte un complément aux fonctionnalités de la construction principale et qui n'est pas accolée à cette dernière, avec laquelle elle entretient un lien fonctionnel. Il constitue donc une annexe au sens des dispositions précitées du PLU-H, à laquelle aucune règle n'est opposable pour le calcul de la distance minimale entre constructions ou parties de constructions non contiguës implantées sur un même terrain. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2.3.1 des dispositions spécifiques à la zone UCe4 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon est inopérant.
17. En huitième lieu, aux termes de l'article 2.4.1.2 des dispositions spécifiques à la zone UCe4 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " Pour les constructions ou parties de construction édifiées dans la bande de constructibilité secondaire, le coefficient d'emprise au sol est limité () dans le secteur UCe4b, à 5 % de la superficie du terrain située dans la bande de constructibilité secondaire. () ".
18. Ainsi qu'il a été exposé au point 12, l'emprise du bâtiment projeté est entièrement couverte par les bandes de constructibilité principales déclenchées par les deux limites de référence. Les requérants ne peuvent dès lors utilement soutenir qu'une partie de la construction représentant plus de 5 % de la superficie du terrain est située dans la bande de constructibilité secondaire, en méconnaissance de l'article 2.4.1.2 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H de la métropole de Lyon.
19. En neuvième lieu, aux termes de l'article 3.2.1 des dispositions spécifiques à la zone UCe4 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " Le coefficient de pleine terre / 3.2.1.1 - Dans la bande de constructibilité principale / Pour les terrains* ou parties de terrain situés dans la bande de constructibilité principale*, le coefficient de pleine terre* est au minimum de 5 %. () ". L'article 3.1.2 des dispositions communes à toutes les zones de ce règlement précise que : " () La surface totale en pleine terre est réalisée : / d'un seul tenant pour au moins ses deux tiers. Toutefois, alors même qu'ils ne sont pas comptabilisés dans la surface de pleine terre, les cheminements piétons ne sont pas considérés comme constituant une interruption dudit tenant, dès lors qu'ils sont réalisés avec des matériaux assurant la perméabilité de leur emprise ; / et chacune de ses parties présente une largeur minimale de 4 mètres. ".
20. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la réalisation de 60,27 m² de surface de pleine terre, soit un coefficient de pleine terre d'environ 7 %, supérieur au coefficient minimal de 5 % exigé par les dispositions précitées pour les constructions réalisées en bande de constructibilité principale. Si l'espace de pleine terre présente, en certains endroits, une largeur inférieure à la largeur minimale de 4 mètres exigée, les requérants n'établissent pas que, de ce fait, compte tenu de la superficie de l'espace de pleine terre en cause, le coefficient de pleine terre serait inférieur au coefficient minimal de 5 % exigé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 3.2.1 du règlement applicable à la zone UCe4 ne peut qu'être écarté. Enfin, ainsi qu'il a été exposé au point 12, l'emprise du bâtiment projeté est entièrement couverte par les bandes de constructibilité principales déclenchées par les deux limites de référence précédemment définies. Les requérants ne peuvent, dès lors, utilement soutenir que le projet méconnaît le coefficient de pleine terre applicable en bande de constructibilité secondaire.
21. En dixième lieu, aux termes de l'article 3.3.2 des dispositions spécifiques à la zone UCe4 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " () b. Les aires de stationnement en surface sont conçues, tant dans le choix de leur localisation que dans leur traitement paysager, pour limiter leur impact visuel depuis l'espace public. Il est exigé la plantation d'au moins un arbre pour quatre places de stationnement. Ces plantations peuvent être organisées dans une composition paysagère pérenne de qualité. () ".
22. Le projet, qui prévoit la création de 8 places de stationnement et implique dès lors, en application des dispositions de l'article 3.3.2 précité, la plantation d'au moins deux arbres, prévoit la plantation de 4 oliviers en pot et de 8 cyprès le long de l'avenue des Marronniers. Dans ces conditions, la plantation de ces arbres répondant aux exigences de cet article, le moyen tiré de sa méconnaissance doit, par conséquent, être écarté.
23. En onzième lieu, aux termes de l'article 4.1.3 des dispositions spécifiques à la zone UCe4 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " () En outre, l'amplitude de mouvements de terrain d'assiette de la construction, hors emprise au sol de celle-ci y compris les niveaux en sous-sol et non compris les terrasses d'une hauteur supérieur à 1,20 mètres, ne doit pas excéder : / 1 mètre pour les terrains dont la pente naturelle moyenne est inférieure à 15 % ; () / Toutefois, une amplitude de mouvements de terrain plus importante peut être mise en œuvre dès lors qu'elle a pour objet : / une meilleure insertion de l'opération d'aménagement ou de construction dans le site compte tenu de leurs caractéristiques respectives ; () ".
24. Il n'est pas contesté que le terrain d'assiette du projet présente une pente moyenne inférieure à 15 % et, qu'à ce titre, l'amplitude des mouvements de terrain générés par le projet ne doit pas, en principe, excéder un mètre. Si les requérants font valoir que la terrasse s'implante à 1,12 mètre par rapport au terrain naturel, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier, et notamment des plans de coupe, que les mouvements de terrain au droit de la terrasse excèderaient un mètre. Au surplus, ainsi que le fait valoir la commune en défense, la création de la terrasse, qui s'insère dans le prolongement du restaurant dont elle a vocation à accueillir la clientèle, peut s'inscrire dans le champ d'application de l'exception prévue par l'article 4.1.3 précité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de cet article 4.1.3 doit être écarté.
25. En douzième lieu, aux termes de l'article 4.2.2 des dispositions spécifiques à la zone UCe4 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " () c. Différents types de toiture tels que terrasse, à pans ou formes contemporaines sont admis dès lors qu'ils respectent une harmonie d'ensemble et des proportions cohérentes avec la hauteur de façade de la construction. / Le projet recherche une simplicité de toiture et limite la multiplicité des formes de toitures. () ".
26. Le projet prévoit plusieurs types de toiture, en l'occurrence une toiture à pans pour le bâtiment principal, une toiture terrasse végétalisée pour l'extension projetée et une toiture plate pour le local technique. Les requérants n'établissent pas que le projet n'a pas recherché une simplicité de toiture, alors que les dispositions précitées du règlement du PLU-H n'imposent pas de forme de toiture particulière et que le projet prévoit des toitures qui respectent une harmonie d'ensemble. En outre, la notice précise que les toitures permettent d'unifier les volumes et s'inscrivent dans le parti architectural visant à faire apparaître une villa italienne accueillant un restaurant chaleureux. Enfin, l'architecte des bâtiments de France a donné son accord au projet le 1er octobre 2020 en l'assortissant d'une prescription, reprise dans l'arrêté attaqué, précisant que le traitement de la couverture de l'extension nécessite d'être végétalisé pour une meilleure insertion et prise en compte des enjeux environnementaux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.2.2 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H de la métropole de Lyon ne peut qu'être écarté.
27. En treizième lieu, aux termes de l'article 4.2.5 des dispositions spécifiques à la zone UCe4 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " () b. Le choix des couleurs contribue à l'intégration harmonieuse de la construction dans le paysage environnant et notamment : / permet une harmonisation des coloris avec l'architecture de la construction ; / respecte l'ambiance chromatique de la rue ou de l'opération d'ensemble ; / souligne le parti architectural, tel que le rythme des façades. ".
28. Il ressort des pièces du dossier que les façades du projet sont rythmées par un jeu de couleurs rouge brun et beige clair et par l'alliance de matériaux traditionnels et modernes soulignant le parti architectural retenu. En outre, l'architecte des bâtiments de France a donné son accord au projet le 1er octobre 2020 en l'assortissant d'une prescription, reprise dans l'arrêté attaqué, portant sur la teinte rouge, qui ne doit pas être vive, ni criarde, mais plutôt de type " pompéien ", sans trop de saturation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.2.5 du règlement de la zone UCe4 du PLU-H de la métropole de Lyon ne peut être accueilli.
29. En quatorzième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". En vertu de l'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement annexé au PLU-H : " () b. Caractéristiques des accès / Une opération comporte un nombre d'accès sur les voies publiques limité au strict nécessaire. Les accès : - sont conçus en tenant compte de la topographie et de la configuration des lieux dans lesquels s'insère l'opération, en cherchant d'une part à réduire leur impact sur la fluidité de la circulation des voies de desserte, d'autre part la mutualisation des accès ; - présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet ; - prennent en compte la nature des voies sur lesquelles ils sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse sur voie, intensité du trafic) ; - permettent d'assurer la sécurité des usagers des voies de desserte et de ceux utilisant ces accès. / Cette sécurité est appréciée compte tenu : - de la position des accès et de leur configuration ; - de la nature des voies de desserte, du type de trafic et de son intensité. / Lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, l'accès est aménagé sur la voie présentant le moindre risque ou gêne pour la circulation. / () ".
30. Dès lors que les dispositions précitées du règlement du document local d'urbanisme invoquées par les requérants ont le même objet que celles, également invoquées, de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et prévoient des exigences qui ne sont pas moindres, c'est par rapport aux dispositions du règlement du document local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée. En conséquence, le juge exerce un contrôle normal sur la conformité à ces dispositions de la décision attaquée.
31. Comme indiqué précédemment, le projet prévoit deux accès depuis l'avenue des Marronniers, l'un destiné à l'entrée et l'autre à la sortie des véhicules, afin de faciliter la circulation des véhicules sur le terrain d'assiette. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'avenue des Marronniers, qui est une route départementale à double sens bordée d'un trottoir, présenterait un caractère accidentogène particulier. Il n'apparaît pas davantage que l'augmentation de trafic résultant de la fréquentation du restaurant, à la supposer établie, entraînerait un risque pour la sécurité des usagers de la voie publique. Par ailleurs, si les requérants relèvent l'absence de rond-point à proximité du projet permettant d'effectuer un demi-tour, alors que la chaussée comporte des lignes longitudinales continues interdisant le franchissement de la voie, en tout état de cause, le caractère accidentogène de cette configuration des lieux n'est pas démontré. S'ils font également valoir que l'avis du service départemental et métropolitain d'incendie et de secours a été rendu avant le dépôt de pièces complémentaires, ils n'établissent pas que le dépôt de ces pièces a eu une incidence sur cet avis, qui au surplus se borne à rappeler que seuls les dossiers faisant état de travaux en vue de l'occupation de combles dans les immeubles anciens peuvent être soumis pour avis. Enfin, ainsi qu'il a été exposé au point 10, l'insuffisance du nombre de places de stationnement n'est pas démontrée. Ainsi, il ne ressort pas de la configuration des lieux que l'accès projeté méconnaîtrait les dispositions précitées de l'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat.
32. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". Pour rechercher l'existence d'une atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants au sens de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
33. Si le projet en litige, portant sur la transformation d'un bâtiment existant de bureaux en un restaurant, se situe aux abords du monument historique de la Villa Roux, l'architecte des bâtiments de France a donné son accord au projet, assorti de prescriptions, lesquelles ont été intégralement reprises dans l'arrêté contesté, auquel elles ont été annexées. Par ailleurs, l'environnement proche du projet est composé d'un tissu pavillonnaire sans particularité ni unité architecturale. Dans ces conditions, le projet ne porte pas atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. Ainsi, en délivrant le permis de construire contesté, le maire n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'application des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
34. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par la société pétitionnaire, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 16 octobre 2020 et de la décision du 22 janvier 2021 rejetant le recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
35. Les conclusions présentées par les requérants, partie perdante, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D, Mme A et la SCI Bellevue la somme globale de 1 500 euros à verser à la société Fabol ainsi qu'à la commune de Fontaines-sur-Saône au titre des frais exposés par ces dernières et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D et autres est rejetée.
Article 2 : M. D et autres verseront à la commune de Fontaines-sur-Saône la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. D et autres verseront à la société Fabol la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, représentant unique, à la commune de Fontaines-sur-Saône et à la société Fabol.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.
La rapporteure,
F.-M. CLe président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026