vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2102178 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COUDERC ZOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 mars 2021, Mme A B, épouse C, représentée par la SCP Couderc Zouine, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions implicites par lesquelles le préfet du Rhône a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour réceptionnée le 22 avril 2020 ou de lui fixer un nouveau rendez-vous ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de fixer, dans un délai de huit jours, un rendez-vous dans un délai maximum de quinze jours et de lui remettre à cette occasion un récépissé de demande de titre de séjour, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de rendez-vous et d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans un délai de huit jours ;
3°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil la somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Mme C soutient que :
- les décisions contestées ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles ne sont pas motivées, le préfet n'ayant pas répondu à sa demande de communication des motifs des refus dans le délai d'un mois imparti ;
- la décision de refus d'enregistrement méconnaît l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle ne respecte par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfants ;
- la décision de refus de fixer un nouveau rendez-vous manque de base légale, aucun texte ne permettant aux autorités préfectorales d'imposer uniquement un procédé dématérialisé de dépôt des demandes de rendez-vous ;
- elle est illégale, faute pour le préfet de justifier d'un arrêté mettant en place ce téléservice, qui résulte ainsi d'une pratique interne, et alors que le préfet du Rhône n'a mis en place aucun procédé alternatif ;
- discriminatoire, elle méconnaît les articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les principes d'égalité devant le service public et devant la loi ;
- elle contrevient aux principes inhérents au service public, dont celui d'adaptabilité.
Par des mémoires complémentaires enregistrés les 15 et 23 septembre 2022, Mme C, représentée par la SCP Couderc Zouine, demande au tribunal :
1°) de conclure au non-lieu à statuer partiel au motif qu'un rendez-vous ayant été fixé, ses conclusions d'annulation dirigées contre la décision implicite de refus de lui fixer un nouveau rendez-vous sont devenues sans objet ;
2°) de regarder son recours comme étant également dirigé contre le refus implicite de refus de titre de séjour, né du silence gardé pendant plus de quatre mois suite à la demande de titre de séjour formulée par voie postale ;
3°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer une carte de séjour mention " vie privée et familiale " dans les deux mois suivant le jugement à intervenir et, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- ses conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de la demande de délivrance d'un titre de séjour, dont le tribunal est nécessairement saisi depuis le 29 mars 2021, ne sont pas tardives, eu égard à la demande de communication des motifs ;
- le refus implicite de délivrance d'un titre de séjour est entaché d'un vice de procédure, à défaut pour le préfet d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;
- il méconnaît les stipulations des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il contrevient à l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfants ;
- il ne respecte pas l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 21 septembre 2022, le préfet du Rhône conclut au non-lieu à statuer concernant les conclusions à fins d'annulation présentées dans la requête introductive d'instance et au rejet du surplus de la requête.
Il soutient que les conclusions d'annulation dirigées contre le refus implicite d'admission au séjour, tardives, sont irrecevables.
La demande du bénéfice de l'aide juridictionnelle déposée par Mme C a été rejetée par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 18 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Lefèvre, avocate de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante marocaine née le 2 février 1975, déclare résider en France depuis 2008. Elle a épousé le 4 mars 2013 M. C, compatriote, actuellement titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2028. Quatre enfants sont nés de leur union, en 2012, 2013, 2015 et 2016. Le rendez-vous qui lui avait été fixé au 9 avril 2020 pour déposer sa demande de titre de séjour ayant été reporté en raison du contexte sanitaire lié à la pandémie de covid-19, elle a transmis par voie postale sa demande, notifiée le 22 avril suivant aux services de la préfecture du Rhône, en sollicitant l'enregistrement de sa demande sous cette forme et la délivrance d'un récépissé ou, à défaut, la fixation d'un nouveau rendez-vous. Compte tenu du silence gardé par l'administration, elle a formulé le 5 octobre 2020 une nouvelle demande de rendez-vous, selon la procédure dématérialisée mise en place par la préfecture, puis par courriel du 20 novembre 2020, suivie de trois relances jusqu'au 25 février 2021. Elle a demandé initialement l'annulation des décisions du préfet du Rhône ayant implicitement refusé de procéder à l'enregistrement de sa demande de titre par voie postale ou de fixer un nouveau rendez-vous pour déposer sa demande. Dans ses dernières écritures, elle indique qu'elle doit être regardée comme ayant entendu demander également l'annulation du refus implicite du préfet de lui délivrer un titre de séjour suite à sa demande formulée par voie postale.
2. En premier lieu, le préfet du Rhône a convoqué Mme C le 17 août 2021, postérieurement à l'enregistrement de la requête, en vue du dépôt et de l'instruction de sa demande de titre de séjour. Il précise, sans être contesté, que ses services ont procédé à cette occasion à l'enregistrement de cette demande. Par suite, les conclusions à fin d'annulation des refus implicites d'enregistrement de sa demande ainsi que de lui fixer un nouveau rendez-vous, de même que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la convoquer en vue de procéder à l'enregistrement de sa demande et de lui délivrer un récépissé ont désormais perdu leur objet. Ainsi, l'exception de non-lieu invoquée par le préfet du Rhône doit être accueillie.
3. En second lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, celle-ci ne peut être regardée comme ayant entendu, dès l'introduction de sa requête le 29 mars 2021, demander au tribunal d'annuler le refus implicite du préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour à la suite de la transmission postale de sa demande le 22 avril 2020, alors qu'elle a en réalité seulement sollicité l'annulation de la décision implicite de cette autorité refusant d'enregistrer sa demande. Les conclusions à fin d'annulation de la décision rejetant implicitement sa demande d'admission au séjour et les conclusions à fin d'injonction afférentes ont été présentées pour la première fois le 15 septembre 2022, plus de deux ans après la naissance de cette décision et plus d'un an après que Mme C a été informée, lors du dépôt de sa demande le 17 août 2021, des conditions de naissance d'une décision implicite de refus de titre de séjour. Par ailleurs, la demande de communication des motifs du 24 novembre 2020 ne visait pas ce refus. Par conséquent, et en l'absence de circonstances particulières invoquées par la requérante, elle ne peut être regardée comme ayant présenté ces conclusions dans le délai raisonnable d'un an. Ainsi, la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Rhône, tirée de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation de la décision rejetant la demande de délivrance de titre de séjour et des conclusions à fin d'injonction afférentes, doit être admise.
4. En tout état de cause, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'État, le versement d'une somme au conseil de Mme C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation des refus implicites d'enregistrement de la demande de titre de séjour de Mme C et de fixer un nouveau rendez-vous, ainsi que sur les conclusions afférentes à ces conclusions à fin d'annulation.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, épouse C, et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
La rapporteure,
K. D
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026