LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2102522

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2102522

mardi 20 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2102522
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJU 5ème chambre
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête n°2102522, enregistrée le 9 avril 2021, M. C A, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 octobre 2020 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a mis à sa charge une somme de 152,45 euros correspondant à un indu de prime exceptionnelle de fin d'année perçu au titre de l'année 2018 ;

2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer ledit indu;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Rhône le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-I-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure, la caisse d'allocations familiales ayant méconnu le principe du contradictoire visé aux articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision de récupération de l'indu n'est pas fondée dès lors qu'il remplissait la condition de résidence en France pour bénéficier du revenu de solidarité active, la caisse d'allocations familiales du Rhône ayant ainsi commis une erreur de droit et d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2022, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la décision est motivée ;

- la procédure suivie a été régulière ;

- l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 février 2021.

II. Par une requête n° 2110068, enregistrée le 13 décembre 2021, M. C A, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du président de la métropole de Lyon confirmant la décision du 8 octobre 2020 mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 6 810,72 euros au titre de la période du 1er août 2018 au 30 septembre 2019 ;

2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer ladite somme ;

3°) de mettre à la charge du président de la métropole de Lyon le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-I-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision implicite émane d'une autorité incompétente ;

- elle ne comporte ni le nom ni le prénom de son auteur ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- en l'absence de consultation de la commission de recours amiable pour avis, la décision implicite de rejet est irrégulière;

- la décision est entachée d'un vice de procédure, la caisse d'allocations familiales ayant méconnu le principe général des droits de la défense et les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ne respectant pas, préalablement à l'édiction de sa décision, le principe du contradictoire et en ne lui communiquant pas le rapport d'enquête ;

- la caisse d'allocations familiales a méconnu les dispositions du L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles en effectuant des retenues sur ses prestations à échoir ;

- la décision implicite de rejet méconnaît les dispositions des articles L. 262-2 et R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles dès lors qu'il remplissait la condition de résidence en France pour bénéficier du revenu de solidarité active et est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2022, la métropole de Lyon, représentée par la Selarl Carnot Avocats (Me Prouvez), conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- les conclusions dirigées contre la décision implicite sont irrecevables, dès lors qu'une décision expresse est intervenue le 31 août 2021 ;

- la requête est tardive, la décision du 31 août 2021 ayant été notifiée le 4 septembre 2021 ;

- subsidiairement, sa décision a été prise au terme d'une procédure régulière et la créance est fondée.

III. Par une requête n° 2110071, enregistrée le 13 décembre 2021, M. C A, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre n° 40000-2021-25082 émis le 23 novembre 2021 par la métropole de Lyon d'un montant de 6 810,72 euros en vue de la récupération d'un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période du 1er août 2018 au 30 septembre 2019 ;

2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer ladite somme ;

3°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- faute de production du bordereau de titre de recettes, le titre exécutoire non signé méconnaît les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- les mentions portées sur le titre ne permettent pas de connaître les bases de la liquidation de la créance ;

- l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge par la décision du 8 octobre 2020 n'est pas fondé, dès lors qu'il remplissait la condition de résidence en France pour bénéficier du revenu de solidarité active.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2022, la métropole de Lyon, représentée par la Selarl Carnot Avocats (Me Prouvez), conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- Le titre est régulier en la forme ;

- L'indu est fondé, dès lors que M. A n'établit pas avoir été présent en France de manière stable et effective sur la période en litige.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année à certains allocataires du revenu de solidarité active ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Soubié, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B ;

- et les observations de Me Litzler pour la métropole de Lyon.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2102522, 2110068 et 2110071, sont relatives à des aides sociales perçues par un même allocataire et présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M.A a été bénéficiaire du revenu de solidarité active et de la prime exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2018 dans le département du Rhône. Suite à un contrôle de sa situation effectué le 9 septembre 2020, la caisse d'allocations familiales du Rhône lui a, par courrier du 8 octobre 2020, demandé le reversement d'une somme totale de 6 963,17 euros correspondant d'une part, à un trop-perçu de revenu de solidarité active d'un montant de 6 810,72 euros constitué sur la période du 1er août 2018 au 30 septembre 2019 et d'autre part, à un trop-perçu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 152,45 euros constitué au titre du mois de décembre 2018. Par un recours administratif préalable du 3 décembre 2020, adressé au président de la métropole de Lyon, M A a contesté le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active litigieux. Du silence gardé sur ce recours administratif préalable obligatoire par le président de la métropole à l'issue d'un délai de deux mois, est née une décision implicite de rejet. Le 23 novembre 2021, le président de la métropole de Lyon a émis un titre exécutoire afin de recouvrer la somme de 6 810,72 euros correspondant à l'indu de revenu de solidarité active. M. A demande l'annulation des décisions d'indu de revenu de solidarité active et de prime exceptionnelle de fin d'année et du titre exécutoire émis le 23 novembre 2021, ainsi que la décharge de l'obligation de payer les sommes mises à sa charge.

Sur la recevabilité de la requête n° 2110068 :

3. La métropole de Lyon se prévaut de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision implicite de son président confirmant la décision du 8 octobre 2020 mettant à la charge de M. A un indu de revenu de solidarité active, dès lors qu'une décision explicite de rejet a été notifiée au requérant le 4 septembre 2021.

4. Il résulte de l'instruction que la décision expresse de rejet du 31 août 2021, notifiée le 4 septembre 2021, comportait bien la mention des voies et délais de recours. En l'absence de demande d'aide juridictionnelle déposée dans le délai décompté à compter du 4 septembre 2021 et prolongeant le délai de recours contentieux, ce dernier a pris fin deux mois après la notification de la décision expresse. Par suite, la requête enregistrée le 13 décembre 2021 est tardive et doit être rejetée.

Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :

En ce qui concerne le titre exécutoire n° 40000-2021-25082 :

S'agissant de la régularité du titre exécutoire :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dans sa rédaction en vigueur à la date de l'émission du titre en litige : " () 4° Une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable sous pli simple. Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. ". Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ".

6. Alors qu'aucune disposition n'impose que l'ampliation du titre exécutoire notifiée au redevable soit signée, la métropole de Lyon produit le bordereau journal n° 4901 du 23 novembre 2021 comprenant le titre exécutoire litigieux portant le n° 40000-2021-25082. Ce bordereau comporte outre sa signature, les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis, laquelle dispose d'une délégation de signature consentie par le président de la métropole de Lyon le 27 juillet 2020 et régulièrement publiée. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le titre exécutoire en litige n'aurait pas été signé par une autorité compétente doit être écarté.

7. En second lieu, tout titre de perception doit indiquer les bases de liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il a été émis, à moins que ces bases n'aient été préalablement portées à la connaissance du débiteur. Le titre exécutoire litigieux comporte la mention " n° ALLOC 4456820 - INDU RSA - INK - 01/08/2018 au 30/09/2019 - 23/11/2021 " soit un indu de revenu de solidarité active du 1er août 2018 au 30 septembre 2019 et le montant à payer, soit une somme de 6 810,72 euros. Toutefois, M. A a eu connaissance des bases de liquidation dans le cadre de la notification de la décision de récupération de l'indu du 8 octobre 2020 à laquelle le titre exécutoire faisait nécessairement référence. Dans ces conditions, le titre exécutoire attaqué doit être regardé comme comportant une indication suffisante des bases de liquidation.

S'agissant du bien-fondé de la créance :

8. En vertu de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un certain montant fixé par voie réglementaire, a droit au revenu de solidarité active. Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".

9. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elles mentionnent et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.

10. Il résulte de l'instruction, et plus particulièrement du rapport d'enquête du 23 septembre 2020 rédigé à l'issue du contrôle dont il a fait l'objet le 9 septembre 2020, que M. A s'est absenté du territoire français 319 jours en 2018 et 365 jours en 2019, qu'il n'était ni locataire ni propriétaire d'un logement en France depuis le mois de janvier 2018, qu'il n'a pas exercé d'activité professionnelle en France entre le 1er janvier 2018 et le 9 septembre 2020, qu'il n'a bénéficié d'aucun remboursement de la caisse primaire d'assurance maladie depuis le mois de janvier 2018, qu'il a seulement perçu en 2018 des allocations chômage et n'a déclaré aucun revenu en 2019. Il résulte des relevés bancaires produits qu'aucune opération au crédit ou au débit n'a été réalisée en France pour la période du 20 août 2018 au 31 juillet 2020, que les virements effectués pour l'acquittement d'un loyer sont irréguliers sur la période en litige et ne concernent pas un logement identifié comme celui du requérant, les mentions portant sur l'appartement de " Laure ", " A Chea " ou encore " David A ", alors qu'aucune charge hormis le téléphone et l'assurance n'apparait sur ces relevés. Le requérant ne conteste pas sérieusement ces constats en se prévalant de ce qu'il a toujours résidé en France, qu'il ne possède pas de carte bancaire lui permettant de retracer ses achats en France et qu'il déclare ses impôts en France. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas avoir résidé en France de manière stable et effective au cours de la période en litige, sans avoir résidé à l'étranger plus de trois mois. Par suite, les conditions de résidence en France définies aux articles L. 262-2 et R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles n'étant pas satisfaites, c'est à bon droit que le président de la métropole de Lyon a mis à la charge de M. A un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 6 810,72 euros au titre de la période du 1er août 2018 au 30 septembre 2019. Par suite, le moyen doit être écarté.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du titre exécutoire émis le 23 novembre 2021 et de décharge de l'obligation de payer doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision d'indu de prime exceptionnelle de fin d'année :

Sur la régularité de l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année :

12. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. ". A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : " () 3° () imposent des sujétions. ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

13. La décision attaquée du 8 octobre 2020 de récupération d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018 comporte d'une part, les éléments de droit en mentionnant notamment le décret du 14 décembre 2018 et d'autre part, les éléments de fait qui la fondent en se référant notamment aux séjours de M. A à l'étranger et à leur durée. Ainsi, cette décision est suffisamment motivée.

14. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : () 4° Aux décisions prises par les organismes de sécurité sociale et par l'institution visée à l'article L. 5312-1 du code du travail, sauf lorsqu'ils prennent des mesures à caractère de sanction. ".

15. Si M. A fait valoir qu'il n'a pas pu présenter ses observations avant la prise de la décision en litige, il résulte de l'instruction que le requérant a eu communication des éléments recueillis par le contrôleur et susceptibles de fonder la décision, qu'il a explicitement contestés par écrit le 19 septembre 2020, soit avant qu'elle ne soit prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 14 doit être écarté.

16. Si M. A fait valoir que la décision implicite rejetant son recours administratif a été édictée à l'issue d'un traitement algorithmique, il résulte de l'instruction que c'est à la suite d'un contrôle diligenté le 9 septembre 2020 par un contrôleur de la caisse d'allocations familiales du Rhône que l'indu litigieux a été mis à la charge de M. A. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration soulevé à l'encontre de la décision du 8 octobre 2020 portant sur la prime exceptionnelle de fin d'année doit être écarté.

Sur le bien-fondé de l'indu :

17. Aux termes de l'article 3 du décret du 14 décembre 2018 susvisé : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2018 ou, à défaut, du mois de décembre 2018, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. Une seule aide est due par foyer. ". Aux termes de l'article 6 du même décret : " Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. ().".

18. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018 a pour origine l'absence de droit au revenu de solidarité active au titre des mois de novembre ou décembre 2018 dont le bien-fondé a été confirmé au point 10. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'illégalité.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 8 octobre 2020 et aux fins de décharge de l'indu litigieux doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761 du code de justice administrative et 37 de la loi du 11 juillet 1991 :

20. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de la métropole de Lyon et de la caisse d'allocations familiales du Rhône qui ne sont pas parties perdantes.

D E C I D E :

Article 1er : La requête n° 2102522 de M. A est rejetée.

Article 2 : La requête n° 2110068 de M. A est rejetée.

Article 3 : La requête n° 2110071 de M. A est rejetée.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à la métropole de Lyon et à la caisse d'allocations familiales du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.

La magistrate désignée,

A.-S. BLa greffière

C. Touja

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

Le greffier,-2110068-2110071

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions