jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2103235 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CAYUELA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mai 2021, et un mémoire enregistré le 6 juin 2022 (lequel n'a pas été communiqué), M. A D, représenté par Me Cayuela, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du maire de Lyon en date du 5 mars 2021 refusant de reconnaître son ancienneté dans un grade de catégorie B à compter du 1er avril 2009 et de le nommer au grade d'ingénieur ;
2°) de condamner la ville de Lyon à lui verser une indemnité de 4 400 euros en réparation de la perte de la nouvelle bonification indiciaire et de la différence entre les traitements de base d'agent de maîtrise principal et de technicien principal de 2ème classe, une indemnité de 3 500 euros en réparation des conséquences induites par la non-reconnaissance des années d'emploi " en divergence de grade " dans les suites de sa carrière, et une indemnité de 2 400 euros au titre des frais et honoraires d'avocat exposés pour assurer la défense de ses intérêts dans cette affaire ;
3°) d'enjoindre à la ville de Lyon de reconnaître son ancienneté de grade et de fonction dans un grade de la catégorie B, à compter du 1er avril 2009, et de le nommer au grade d'ingénieur sur le poste qu'il occupe actuellement, après ouverture d'une liste d'aptitude spécifique ;
4°) de mettre à la charge de la ville de Lyon une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que compte tenu de l'emploi qu'il a occupé " en divergence de grade " à compter du 1er avril 2009, son ancienneté de grade et de fonction dans un grade de la catégorie B doit être reconnue à compter de cette date, comme elle l'a d'ailleurs été lors du passage de l'examen de technicien principal de première classe ; le refus de reconnaître cette ancienneté est par suite entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 10 mai 2022, la ville de Lyon conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 2016-201 du 26 février 2016 portant statut particulier du cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux ;
- le décret n° 2010-329 du 22 mars 2010 portant dispositions statutaires communes à divers cadres d'emplois de fonctionnaires de la catégorie B de la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 2010-1357 du 9 novembre 2010 portant statut particulier du cadre d'emplois des techniciens territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Deniel, rapporteure publique,
- et les observations de Mme C, représentant la ville de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, recruté par la ville de Lyon en janvier 1984 en qualité d'auxiliaire de service à la division des ateliers, a été nommé en juillet suivant ouvrier professionnel stagiaire, et titularisé en août 1985. Il a intégré le cadre d'emplois des agents techniques territoriaux, appartenant à la catégorie C, en 1989. En 1994, il a été intégré au cadre d'emplois des agents de maîtrise, appartenant également à la catégorie C. A compter du 1er avril 2009, il a été affecté à un emploi de gestionnaire technique de bâtiments, normalement pourvu par un fonctionnaire de catégorie B ayant le grade de contrôleur de travaux, de contrôleurs de travaux principal ou de contrôleur de travaux chef. En mars 2011, il a été détaché dans le cadre d'emplois des techniciens territoriaux, corps de catégorie B, au grade de technicien principal de seconde classe, dans lequel il a été titularisé en septembre 2011. Après son succès à l'examen professionnel d'accès au grade de technicien principal de première classe, il a été avancé à ce grade à compter du 1er août 2013. En 2018, l'intéressé s'est porté candidat à l'examen professionnel en vue de l'inscription sur une liste d'aptitude pour le recrutement en qualité d'ingénieur territorial. Par une lettre du 14 mai 2018, le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Rhône et de la métropole de Lyon l'a toutefois informé de ce que sa candidature était irrecevable, la condition d'ancienneté de services de huit ans dans un cadre d'emploi technique de catégorie B n'étant pas remplie. M. D a alors saisi le tribunal administratif de Lyon d'une requête tendant à ce que la commune de Lyon reconnaisse son ancienneté dans un grade et l'exercice de fonctions relevant de la catégorie B à compter du 1er avril 2009, en vue de son inscription sur un prochaine liste d'aptitude au grade d'ingénieur. Cette requête ayant été rejetée comme irrecevable par une ordonnance du 5 août 2020, M. D, par lettre du 24 décembre 2020, a demandé à la ville de Lyon de reconnaître son ancienneté dans un grade et des fonctions de la catégorie B depuis le 1er avril 2009 et de le nommer ingénieur, et réclamé le versement d'indemnités en réparation de préjudices qu'il estime avoir subis en raison d'une perte de rémunération pendant qu'il était employé " en divergence de grade " à compter du 1er avril 2009 et de l'absence de reconnaissance de son ancienneté dans un grade et des fonctions de la catégorie B. Par lettre du 5 mars 2021, le maire de Lyon a opposé un refus à ses demandes. M. D doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision de refus de reconnaissance de son ancienneté et de nomination en qualité d'ingénieur et de condamner la ville de Lyon à l'indemniser.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 39 de la loi du 26 janvier 1984 visée ci-dessus, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée, aujourd'hui codifié à l'article L. 523-1 du code général de la fonction public : " En vue de favoriser la promotion interne, les statuts particuliers fixent une proportion de postes susceptibles d'être proposés au personnel appartenant déjà à l'administration ou à une organisation internationale intergouvernementale, non seulement par voie de concours, selon les modalités définies au 2° de l'article 36, mais aussi par la nomination de fonctionnaires ou de fonctionnaires internationaux, suivant l'une des modalités ci-après : 1° Inscription sur une liste d'aptitude après examen professionnel () ". En vertu du 2° de l'article 7 du décret du 26 février 2016 visé ci-dessus, le recrutement en qualité d'ingénieur intervient notamment après inscription sur les listes d'aptitude établies en application de ces dispositions. Aux termes de l'article 10 du même décret : " Peuvent être inscrits sur la liste d'aptitude prévue au 2° de l'article 7 : 1° Après examen professionnel, les membres du cadre d'emplois des techniciens territoriaux justifiant de huit ans de services effectifs dans un cadre d'emplois technique de catégorie B () ".
3. D'une part, M. D n'invoque aucune disposition législative ou réglementaire qui prévoirait que la durée de services effectifs dans un cadre d'emploi technique de catégorie B devrait être majorée de la durée durant laquelle un agent appartenant alors à un cadre d'emploi de la catégorie C a occupé un emploi normalement pourvu par un agent de catégorie B.
4. D'autre part, il n'est pas contesté que, pour apprécier si M. D remplissait les conditions de service effectif dans un cadre d'emploi de la catégorie B, pour passer l'examen en vue de l'inscription sur la liste d'aptitude pour l'avancement au grade de technicien principal de première classe, la durée durant laquelle il a occupé l'emploi de gestionnaire technique de bâtiments, alors qu'il était encore fonctionnaire de catégorie C, a été prise en compte. Toutefois, le requérant ne saurait se prévaloir de cette circonstance pour contester le refus de reconnaître à d'autres fins son ancienneté dans un cadre d'emploi de la catégorie B à compter du 1er avril 2009.
5. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision refusant de reconnaître son ancienneté dans un grade et des fonctions de la catégorie B à compter du 1er avril 2009 et de le nommer ingénieur, ni à ce qu'il soit enjoint à la ville de Lyon de reconnaître cette ancienneté et de le nommer ingénieur, ni enfin à demander la condamnation de la ville de Lyon à l'indemniser des préjudices qu'il soutient avoir subis du fait de l'absence de reconnaissance de cette ancienneté.
6. En deuxième lieu, les conclusions présentées par M. D, tendant à la condamnation de la ville de Lyon à l'indemniser de la perte de la nouvelle bonification indiciaire et de la différence entre la rémunération d'un technicien principal de deuxième classe et d'un agent de maîtrise principal ne sont assortie d'aucun moyen. En tout état de cause, le requérant n'établit pas que son affectation, à compter du 1er avril 2009, sur un poste de gestionnaire technique de bâtiments, aurait été illégale. Ces conclusions doivent dès lors également être rejetées.
7. En troisième et dernier lieu, la ville de Lyon n'ayant commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité, M. D n'est en tout état de cause pas fondé à demander sa condamnation à l'indemniser des frais qu'il a exposés pour obtenir l'assistance d'un avocat.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le tribunal mette à la charge de la ville de Lyon, qui n'est pas la partie perdante, la somme que M. D réclame au titre des frais exposés pour l'instance non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la ville de Lyon.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Chenevey, président,
M. Arnould, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
J. B
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne au préfet du Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026