mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2103260 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ESTELLON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 4 mai et 8 décembre 2021, MM. Bruno et Jean-Ghislain A B, ce dernier ayant qualité de représentant unique pour l'application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, représentés par Me Estellon, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 9 mars 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Villié-Morgon (69910) a renoncé à acquérir une parcelle leur appartenant, grevée d'un emplacement réservé, et a autorisé la communauté de communes Saône Beaujolais à lancer une procédure de modification simplifiée du plan local d'urbanisme afin de lever la réserve portant sur cette parcelle ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Villié-Morgon la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
MM. A B soutiennent que :
- la délibération manque de base légale, dès lors que la renonciation à l'acquisition de leur parcelle est fondée sur des dispositions du code de l'urbanisme inopérantes ; l'article R. 311-12 du code de l'urbanisme organise les modalités de suppression d'une zone d'aménagement concerté alors que l'article L. 230-4 de ce code n'ouvre pas à la commune la faculté de renoncer à l'acquisition d'un bien à la suite d'une mise en demeure ; aucune autre disposition du code de l'urbanisme ne le permet, l'article L. 213-7 ne s'appliquant pas en matière de délaissement ;
- elle est entachée d'erreur de droit, puisque l'exercice du droit de délaissement constitue, ainsi que l'a relevé le Conseil Constitutionnel dans sa décision n° 2013-325 du 21 juin 2013, une réquisition d'achat à l'initiative des propriétaires, de sorte qu'il n'est pas assorti de la garantie du droit de rétrocession et que la commune qui a accepté d'acquérir le bien ne peut plus y renoncer ;
- à titre subsidiaire, la décision en litige est entachée d'un détournement de procédure, compte tenu de la levée de l'emplacement réservé sur cette seule parcelle juste avant l'audience fixée par le juge de l'expropriation.
Par un mémoire enregistré le 4 octobre 2021, la commune de Villié-Morgon, représentée par la SCP Juri-Europ, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués par MM. A B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Monteiro, rapporteure publique,
- les observations de Me Estellon, avocat de MM. A B ;
- et les observations de Me Loye, avocat de la commune de Villié-Morgon.
Considérant ce qui suit :
1. MM. Bruno et Jean-Ghislain A B sont propriétaires indivis de la parcelle cadastrée , d'une superficie de plus de 33 500 m², située sur la commune de Villié-Morgon et grevée, sur 12 669 m², d'un emplacement réservé identifié au plan local d'urbanisme pour la réalisation d'équipements sportifs et de loisirs. Par lettre du 13 février 2019, ils ont mis en demeure la commune de l'acquérir en application de l'article L. 152-2 du code de l'urbanisme. La commune a accepté, le 11 février 2020, d'acquérir uniquement la partie de la parcelle grevée de l'emplacement réservé au prix, fixé par le service des domaines, de 12 euros le m², auquel les intéressés se sont opposés. Après que le conseil municipal a maintenu, lors de la séance du 27 juillet 2020, sa proposition d'acquisition initiale, MM. A B ont saisi le juge de l'expropriation du litige le 20 novembre 2020. Par délibération du 9 mars 2021, le conseil municipal de Villié-Morgon a renoncé à l'acquisition du terrain et a autorisé la communauté de communes Saône Beaujolais à lancer une procédure de modification simplifiée du plan local d'urbanisme afin de lever la réserve portant sur cette parcelle. MM A B en demandent l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 152-2 du code de l'urbanisme : " Le propriétaire d'un terrain bâti ou non bâti réservé par un plan local d'urbanisme en application de l'article L. 151-41 peut, dès que ce plan est opposable aux tiers, et même si une décision de sursis à statuer qui lui a été opposée est en cours de validité, exiger de la collectivité ou du service public au bénéfice duquel le terrain a été réservé qu'il soit procédé à son acquisition dans les conditions et délais mentionnés aux articles L. 230-1 et suivants. () ". L'article L. 230-3 de ce code précise que " La collectivité ou le service public qui fait l'objet de la mise en demeure doit se prononcer dans le délai d'un an à compter de la réception en mairie de la demande du propriétaire. () / A défaut d'accord amiable à l'expiration du délai d'un an mentionné au premier alinéa, le juge de l'expropriation, saisi soit par le propriétaire, soit par la collectivité ou le service public qui a fait l'objet de la mise en demeure, prononce le transfert de propriété et fixe le prix de l'immeuble. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 230-4 du même code : " Dans le cas des terrains réservés en application de l'article L. 152-2, les limitations au droit de construire et la réserve ne sont plus opposables si le juge de l'expropriation n'a pas été saisi trois mois après l'expiration du délai d'un an mentionné à l'article L. 230-3. Cette disposition ne fait pas obstacle à la saisine du juge de l'expropriation au-delà de ces trois mois dans les conditions prévues au troisième alinéa de l'article L. 230-3 ".
3. Ces dispositions ont pour objet de permettre aux auteurs d'un document d'urbanisme de réserver certains emplacements à des voies et ouvrages publics, à des installations d'intérêt général ou à des espaces verts, le propriétaire concerné bénéficiant en contrepartie de cette servitude d'un droit de délaissement lui permettant d'exiger de la collectivité publique au bénéfice de laquelle le terrain a été réservé qu'elle procède à son acquisition. De plus, les limitations au droit de construire et la réserve instituée ne sont plus opposables au propriétaire de la parcelle concernée si le juge de l'expropriation n'a pas été saisi dans les trois mois suivant l'expiration du délai d'un an à compter de la réception en mairie d'une mise en demeure d'acquérir.
4. La délibération contestée vise l'article R. 311-12 du code de l'urbanisme qui organise les modalités de suppression ou de modification d'une zone d'aménagement concerté, dont il n'apparaît pas qu'il serait applicable ici, en l'absence d'identification d'une telle zone qui engloberait la parcelle en cause. Toutefois, elle cite également les dispositions précitées de l'article L. 230-4 du code de l'urbanisme, qui renvoient aux articles L. 152-2 et L. 230-3 du même code. Or, si la commune a accepté le 11 février 2020 l'acquisition de la partie grevée de la parcelle concernée dans le délai d'un an suivant la mise en demeure que MM. A B lui avait adressée, les limitations au droit de construire et la réserve ne leur étaient déjà plus opposables à la date de la décision en litige en l'absence de saisine du juge de l'expropriation dans le délai de trois mois suivant l'expiration de ce délai, même prorogé par les dispositions de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020, compte tenu du désaccord sur le prix manifesté par les propriétaires du terrain dès le 12 mars 2020. Au surplus, aucune disposition législative ou règlementaire, pas plus que la décision n° 2013-325 du 21 juin 2013 du Conseil Constitutionnel qui qualifie l'exercice du droit de délaissement prévu par l'article L. 152-2 du code de l'urbanisme de réquisition d'achat, ne fait obstacle, lorsque le propriétaire d'un terrain réservé a saisi une collectivité bénéficiaire d'une mise en demeure tendant à son acquisition, à ce que celle-ci renonce à l'acquisition et procède, à tout moment et jusqu'à l'intervention du juge de l'expropriation, à la révision du document d'urbanisme tendant à supprimer la réserve frappant ce terrain. Dans ces conditions, le conseil municipal de Villié-Morgon a pu, sans commettre d'erreurs de droit, sur le fondement de l'article L. 230-4 du code de l'urbanisme, renoncer à l'acquisition de la parcelle des requérants et autoriser la communauté de communes Saône Beaujolais à lancer une procédure de modification simplifiée du plan local d'urbanisme pour lever la réserve portant sur cette parcelle.
5. La circonstance que la commune de Villié-Morgon a lancé la procédure de modification de son plan local d'urbanisme pour supprimer la réserve portant sur la parcelle en cause avant que le juge de l'expropriation se prononce sur le prix d'acquisition ne caractérise pas un détournement de procédure, pas plus que le fait que la levée de réserve n'inclut pas la parcelle voisine, comprise dans ce même emplacement réservé, aucun élément ne permettant d'établir, au demeurant, que le projet d'équipements sportifs et de loisirs ne serait pas abandonné, eu égard à la faible superficie de la réserve portant sur cette parcelle adjacente.
6. Il résulte de tout ce qui précède que MM. A B ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du conseil municipal de Villié-Morgon du 9 mars 2021.
Sur les frais de l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à la charge des parties les frais qu'elles ont exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de MM. A B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Villié-Morgon tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B, en sa qualité de représentant unique, et à la commune de Villié-Morgon.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vincent-Marie Picard, président,
Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
K. D
Le président,
V.-M. Picard
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026