mardi 26 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2103312 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique enregistrés le 6 mai 2021 ainsi que les 17 avril et 24 mai 2022, M. C A, représenté par la Selarl Reflex Droit public, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 2 novembre 2020 par laquelle la présidente du conseil de la communauté de communes Bugey Sud (CCBS) l'a déchargé de ses fonctions de directeur général des services à compter du 9 novembre suivant ;
2°) d'annuler les arrêtés du 6 janvier 2021 par lesquels la présidente du conseil de la CCBS lui a retiré le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire, l'a affecté sur un poste de chargé de mission à compter du 1er janvier précédent, et a fixé son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise au montant mensuel de 1 100 euros ;
3°) d'annuler la décision implicite de refus né du silence conservé par la présidente du conseil de la CCBS sur sa demande tendant à la communication du règlement intérieur du comité technique ;
4°) d'enjoindre à la présidente du conseil de la CCBS de reconstituer sa carrière à compter du 9 novembre 2020, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
5°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision implicite de refus née du silence conservé par la présidente du conseil de la CCBS sur sa demande tendant à ce qu'il soit affecté sur l'emploi de directeur des finances et des marchés publics et d'enjoindre à cette autorité de procéder à la reconstitution de sa carrière à compter du 9 novembre 2020, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
6°) de mettre à la charge de la CCBS la somme de 7 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de lui communiquer le règlement intérieur du comité technique méconnait les articles L. 300-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision du 2 novembre 2020 le déchargeant de ses fonctions a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière compte tenu du délai ouvert pour consulter son dossier et du défaut d'information quant aux griefs reprochés avant l'entretien du 29 octobre 2020 ;
- la décision de le décharger de ses fonctions, intervenue moins de six mois après la prise de fonctions du nouvel exécutif et en méconnaissance du délai à respecter après information de l'assemblée délibérante, a méconnu l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 ;
- le motif tiré de la perte de confiance, qui ne peut être allégué que si son emploi est fonctionnel, n'est pas établi et la décision de le décharger de ses fonctions est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation, les reproches qui lui sont faits n'étant pas établis ;
- l'illégalité de la décision du 2 novembre 2020 entache d'illégalité les arrêtés du 6 janvier 2021 portant suppression de la nouvelle bonification indiciaire, affectation sur un emploi de chargé de mission et fixation de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise, qui n'apparaissent en outre pas avoir été signés par une autorité compétente ;
- le refus de l'affecter sur le poste de directeur des finances et des marchés publics méconnait l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 dès lors que ce poste était existant et vacant à la date de prise d'effet de sa décharge de fonctions, et est entaché de détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés le 11 mars et les 13 et 27 mai 2022, la communauté de communes Bugey Sud, représentée par la Selarl Cabinet d'Avocats Philippe Petit et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision mettant fin à l'affectation du requérant comme directeur général des services et son affectation en qualité de chargé de mission constituent des mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours ;
- le requérant n'a pas intérêt à agir contre la décision refusant de l'affecter sur le poste de directeur des finances et des marchés publics, faute de poste existant ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
L'instruction a été close le 13 juin 2022 par une ordonnance du même jour prise en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Gros, rapporteur public,
- et les observations de Me Bonicatto pour M. A, ainsi que celles de Me Deguerry pour la communauté de communes Bugey Sud.
Considérant ce qui suit :
1. Attaché principal territorial employé par la communauté de communes Bugey Sud (CCBS) jusqu'à son départ de cet établissement par voie de mutation au mois de décembre 2021, M. A conteste la décision du 2 novembre 2020 par laquelle la présidente du conseil de la CCBS a mis fin à ses fonctions de directeur général des services (DGS), ainsi que les trois décisions du 6 janvier 2021 l'affectant sur un poste de chargé de mission et portant suppression de sa bonification indiciaire de 25 points et fixation de son régime indemnitaire.
Sur les conclusions relatives à la communication de documents administratifs :
2. Le règlement intérieur du comité technique dont le requérant a sollicité la communication a été versé au dossier par la CCBS dans son mémoire du 11 mars 2022. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'annulation et d'injonction relatives au refus de communiquer ce document ont perdu leur objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions dirigées contre la décision du 2 novembre 2020 :
3. Aux termes de l'article 52 de la loi du 26 janvier 1984 visée ci-dessus et alors applicable : " L'autorité territoriale procède aux mouvements des fonctionnaires au sein de la collectivité ou de l'établissement ".
En ce qui concerne la recevabilité :
4. La décision mettant fin aux fonctions de DGS de M. A implique une importante perte de responsabilités pour le requérant, qui s'est d'ailleurs traduite par une évolution défavorable de son régime indemnitaire. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir soulevée par la CCBS tirée de ce que cette décision ne constituerait qu'une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours doit être écartée.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 2 novembre 2020 :
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'emploi de DGS de la CCBS occupé par M. A depuis 2017 présente le caractère d'un emploi fonctionnel dont le titulaire pourrait être écarté pour un motif tiré de la perte de confiance de l'exécutif local et il est en tout état de cause constant que M. A n'a pas été détaché sur un tel emploi. Dans ces conditions et alors que le manque d'anticipation et de réactivité reprochés au requérant dans le cadre du renouvellement du conseil communautaire ou les carences managériales et stratégiques qui lui sont prêtées ne sont pas établis par les pièces du dossier, la décision du 2 novembre 2020 mettant fin aux fonctions du requérant sans toutefois que de nouvelles missions lui soient confiées et envisageant par ailleurs la mise en œuvre d'une rupture conventionnelle de son engagement, son départ de la CCBS par voie de mutation ou encore son affectation à terme dans un emploi de chargé de mission sur le contenu duquel une réflexion doit être engagée ne peut être regardée, s'agissant d'une décision ayant pour seul effet d'écarter l'intéressé dans l'immédiat de l'exercice de toutes fonctions, comme une nouvelle affectation décidée dans l'intérêt du service. Par suite, M. A est fondé à soutenir que la décision du 2 novembre 2020 est entachée d'illégalité et doit être annulée.
Sur les conclusions dirigées contre les décisions du 6 janvier 2021 :
6. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que l'illégalité de la décision de la présidente du conseil de la CCBS du 2 novembre 2020 entache d'illégalité les décisions du 6 janvier 2021 prises sur le fondement de cette décision et le nommant en qualité de chargé de mission, lui supprimant le bénéfice d'une bonification indiciaire de 25 points et fixant son nouveau régime indemnitaire.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation des décisions du 2 novembre 2020 et du 6 janvier 2021 qu'il conteste.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
8. Eu égard à ses motifs et à la situation du requérant, le présent jugement implique que la présidente du conseil de la CCBS régularise la situation de M. A. Il y a lieu de lui adresser une injonction en ce sens et de lui impartir un délai de deux mois pour s'y conformer. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de M. A, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de la CCBS le versement à M. A d'une somme de 1 400 euros au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fin de communication du règlement intérieur du comité technique de la communauté de communes Bugey Sud.
Article 2 : La décision de la présidente du conseil de la communauté de communes Bugey Sud du 2 novembre 2020 mettant fin aux fonctions de directeur général des services de M. A est annulée.
Article 3 : Les arrêtés de la présidente du conseil de la communauté de communes Bugey Sud du 6 janvier 2021 portant nouvelle affectation de M. A, suppression de sa nouvelle bonification indiciaire et fixation de son régime indemnitaire sont annulés.
Article 4 : Il est enjoint à la présidente du conseil de la communauté de communes Bugey Sud de régulariser la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 5 : La communauté de communes Bugey Sud versera la somme de 1 400 (mille quatre cents) euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la communauté de communes Bugey Sud.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme de Mecquenem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2022.
La rapporteure,
A. B
Le président,
A. Gille
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026