jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2103503 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 11 mai 2021 sous le n° 2103503, M. D A, représenté par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier Avocats Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil la somme de 1 200 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- le refus de titre de séjour n'est pas motivé, sa demande de communication de motifs étant restée vaine, en méconnaissance de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 6-5) de l'accord franco-algérien ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par ordonnance du 28 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 septembre à 16 h 30.
Un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2022, soit postérieurement à la date de clôture de l'instruction, a été produit par le préfet du Rhône.
Par décision du 15 octobre 2021, la demande d'aide juridictionnelle de M. D A a été rejetée.
II. Par une requête enregistrée le 26 juillet 2022 sous le n° 2205703, M. D A, représenté par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier Avocats Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 5 juillet 2022 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil la somme de 1 200 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- le refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 6-5) de l'accord franco-algérien ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application du pouvoir exceptionnel de régularisation, lu à la lumière de la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'il emporte sur sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale, étant fondée sur une décision de refus de titre de séjour elle-même illégale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision fixant un délai de départ volontaire est illégale, étant fondée sur un refus de titre de séjour et une décision portant obligation de quitter le territoire français eux-mêmes illégaux ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale, étant fondée sur un refus de titre de séjour et une décision portant obligation de quitter le territoire français eux-mêmes illégaux ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois est illégale, étant fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle.
Par ordonnance du 28 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 septembre à 16 h 30.
Un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2022, soit postérieurement à la date de clôture de l'instruction, a été produit par le préfet du Rhône.
Par décision du 26 août 2022, M. D A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, modifiée, conclue à Rome le 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B C,
- et les observations de Me Guillaume, représentant M. D A, requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, ressortissant algérien, est entré sur le territoire français le 24 janvier 2015 sous couvert d'un visa de court séjour. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 12 août 2015, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 1er juillet 2016. Par décisions du 9 septembre 2016, confirmées par jugement du tribunal du 21 novembre 2017, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un certificat de résidence et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Il a demandé, le 12 octobre 2020, un certificat de résidence sur le fondement du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Le silence gardé sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet avant que, par décisions du 5 juillet 2022, le préfet du Rhône rejette explicitement sa demande de délivrance d'un certificat de résidence et décide en outre de l'obliger à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai, avec interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois. Par deux requêtes, qui présentent à juger des questions semblables et qu'il convient de joindre pour statuer par un même jugement, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision implicite ainsi que l'ensemble des décisions du 5 juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. Si le silence gardé par l'administration sur une demande de délivrance d'un titre de séjour fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite, se substitue à la première décision. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
3. En premier lieu, les décisions du 5 juillet 2022 ont été signées par Mme F E, directrice adjointe des migrations et de l'intégration à la préfecture du Rhône, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté du préfet du Rhône du 29 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le 4 avril 2022, d'une délégation pour signer de tels actes. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire du refus de titre attaqué manque ainsi en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, lorsqu'une décision expresse s'est substituée à une décision tacite, selon les modalités qui ont été exposées au point 2, la décision expresse, seule en litige, ne peut être utilement contestée au motif que l'administration aurait méconnu les dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration en ne communiquant pas au requérant les motifs de sa décision implicite dans le délai d'un mois qu'elles lui impartissent. Le moyen tiré du défaut de communication des motifs de la décision tacite ne peut dès lors être utilement invoqué pour contester le refus exprès, qui est suffisamment motivé.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article 6 de l'accord franco algérien susvisé : " Les dispositions du présent article () fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () /. 5) Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
6. Si M. A fait valoir qu'il réside depuis sept années sur le territoire français accompagné de son épouse et de leurs cinq enfants, il ressort des termes de la décision attaquée que seul son fils majeur, titulaire d'une carte de résident, y réside de manière régulière et stable, son épouse et l'une de ses deux filles majeures faisant l'objet d'une mesure d'éloignement, dont la légalité est confirmée par les jugements du 3 novembre 2022 n° 2103502-2205704 et n° 2103500 - 2205706. Si l'obligation de quitter le territoire français visant son autre fille majeure est annulée par le jugement du 3 novembre 2022 n° 2103501-2205705, cette décision de justice enjoint seulement au préfet de munir cette dernière d'une autorisation provisoire de séjour le temps du réexamen de sa situation. Par ailleurs, les deux enfants encore mineurs du requérant sont nés en Algérie, où ils ont vécu jusqu'à l'âge de cinq et dix ans. Dans ces conditions, bien que ces enfants soient scolarisés en France depuis sept années, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils seraient empêchés de poursuivre leurs études en Algérie, où ils ont déjà vécu plusieurs années. Il en résulte qu'aucun obstacle ne s'oppose à ce qu'ils suivent leurs parents hors du territoire français. Enfin, alors que le requérant s'est maintenu en France en dépit d'une précédente mesure d'éloignement prise à son encontre en 2016, il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 56 ans. Dans ces conditions, alors même que M. A établit résider en France depuis sept années, la décision refusant un titre de séjour n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs du refus. Dès lors, en lui refusant la délivrance d'un certificat de résidence, le préfet du Rhône n'a méconnu ni les stipulations de l'article 6-5)de l'accord franco algérien, ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En quatrième lieu, en vertu de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
8. Tel qu'il a été exposé au point 6, les deux enfants mineurs du requérant sont nés en Algérie, où ils ont vécu jusqu'à l'âge de cinq et dix ans et entamé leur scolarité. Alors même qu'ils ont été scolarisés durant sept années sur le territoire français, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils ne pourraient pas poursuivre leurs études en Algérie. Ainsi, aucun obstacle ne s'oppose à ce qu'ils suivent leurs parents en Algérie. Dans ces conditions, la décision attaquée ne méconnaît pas les stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
9. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 8, le préfet n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation dans la mise en œuvre de son pouvoir discrétionnaire de régularisation. Le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance de la circulaire du 28 novembre 2012, qui est dénuée de valeur réglementaire.
10. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 8, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'emporte la décision attaquée sur la situation personnelle de M. A.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de séjour.
12. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3 du présent jugement.
13. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant doivent, en l'absence de tout autre élément invoqué par le requérant, être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 8 du présent jugement.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté. En outre, le refus de titre de séjour ne constituant pas la base légale de la décision fixant le pays de destination, le requérant ne peut utilement exciper de l'illégalité de ce refus à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi.
15. En second lieu, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3 du présent jugement.
En ce qui concerne la décision fixant un délai de départ volontaire :
16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant un délai de départ volontaire doit être écarté. En outre, le refus de titre de séjour ne constituant pas la base légale de la décision fixant un délai de départ volontaire, le requérant ne peut utilement exciper de l'illégalité de ce refus à l'encontre de la décision attaquée.
17. En second lieu, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3 du présent jugement.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois :
18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision doit être écarté.
19. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3 du présent jugement.
20. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
21. Tel qu'il a été exposé au point 6, M. A ne justifie pas d'une vie privée et familiale stable et intense en France. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. A n'a pas exécuté une précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 9 septembre 2016. Par suite, alors même que le comportement de l'intéressé ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il réside en France depuis sept ans, le préfet n'a pas, en décidant de prononcer une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois, commis d'erreur d'appréciation dans l'application des article L. 612-8 et L. 612-10 précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
22. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés, de même que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'emporte la décision attaquée sur la situation personnelle du requérant.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DÉCIDE :
Article 1er : Les requêtes n° 2103503 et n° 2205703 de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Marie Monteiro, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
La rapporteure,
M. Flechet
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Nos 2103503 - 2205703
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026