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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2103572

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2103572

jeudi 3 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2103572
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 12 mai 2021 sous le n° 2103572, M. H, représenté par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier Avocats Associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil la somme de 1 200 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- le refus de titre de séjour n'est pas motivé, sa demande de communication de motifs étant restée vaine, en méconnaissance de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il est entaché d'un vice de procédure, en l'absence de justification d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et d'un avis préalable du collège de médecins de l'OFII ; en outre, il n'est pas démontré que l'avis aurait été rendu par un collège de trois médecins, régulièrement habilités par le directeur de l'office, et sans intervention du praticien ayant établi le rapport médical transmis au collège ; cet avis ne lui ayant pas été communiqué à la suite de sa demande de communication sur le fondement de l'article L. 114-7 du code des relations entre le public et l'administration, il a été privé d'une garantie ;

- il méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire enregistré le 26 septembre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- une décision explicite de refus d'admission au séjour est intervenue et s'est substituée à la décision implicite de rejet attaquée ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

II. Par une requête enregistrée le 26 juillet 2022 sous le n° 2205963, M. H, représenté par Me SELARL BS2A Bescou et Sabatier Avocats Associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 8 juillet 2022 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil la somme de 1 200 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;

- le refus de titre de séjour est insuffisamment motivé en fait quant à ses attaches en France ;

- ce refus est entaché d'erreur de fait et d'un défaut d'examen de sa demande dès lors qu'il n'a jamais renoncé à sa demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade ;

- il est entaché d'un vice de procédure, en l'absence de justification d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et d'un avis préalable du collège de médecins de l'OFII ; en outre, il n'est pas démontré que l'avis aurait été rendu par un collège de trois médecins, régulièrement habilités par le directeur de l'office, et sans intervention du praticien ayant établi le rapport médical transmis au collège ; cet avis ne lui ayant pas été communiqué à la suite de sa demande de communication sur le fondement de l'article L. 114-7 du code des relations entre le public et l'administration, il a été privé d'une garantie ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'il emporte sur sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale, étant fondée sur une décision de refus de titre de séjour elle-même illégale ;

- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'en application du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est protégé contre l'éloignement ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision fixant un délai de départ volontaire est illégale, étant fondée sur un refus de titre de séjour et une décision portant obligation de quitter le territoire français eux-mêmes illégaux ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale, étant fondée sur un refus de titre de séjour et une décision portant obligation de quitter le territoire français eux-mêmes illégaux ;

- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire enregistré le 26 septembre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par décision du 4 mars 2022, M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, modifiée, conclue à Rome le 4 novembre 1950 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C D,

- et les observations de Me Guillaume, représentant M. A B, requérant.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant togolais, est entré sur le territoire français le 23 février 2015 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée, en dernier lieu, par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 28 avril 2018, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 27 septembre 2018. Il a sollicité, au cours du mois d'octobre 2020, un titre de séjour sur plusieurs fondements. Le silence gardé sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet avant que, par des décisions du 8 juillet 2022, le préfet du Rhône rejette explicitement la demande de délivrance d'un titre de séjour et décide en outre de l'obliger à quitter le territoire français dans un délai de 90 jours, en fixant le pays de destination. Par deux requêtes qui présentent à juger des questions semblables et qu'il convient de joindre pour statuer par un même jugement, M. A B demande au tribunal d'annuler cette décision implicite ainsi que les décisions du 8 juillet 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

2. Si le silence gardé par l'administration sur une demande de délivrance d'un titre de séjour fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite, se substitue à la première décision. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.

3. En premier lieu, les décisions du 8 juillet 2022 ont été signées par Mme F E, directrice adjointe des migrations et de l'intégration à la préfecture du Rhône, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté du préfet du Rhône du 29 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le 4 avril 2022, d'une délégation pour signer de tels actes. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire du refus explicite de titre de séjour attaqué manque ainsi en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, lorsqu'une décision expresse s'est substituée à une décision tacite, selon les modalités qui ont été exposées au point 2, la décision expresse, seule en litige, ne peut être utilement contestée au motif que l'administration aurait méconnu les dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration en ne communiquant pas au requérant les motifs de la décision implicite dans le délai d'un mois qu'elles lui impartissent. Le moyen tiré du défaut de communication des motifs de la décision tacite ne peut dès lors être utilement invoqué. Par ailleurs, le refus de titre de séjour attaqué comporte les motifs de droit et de fait sur le fondement desquels le préfet a décidé de lui refuser le séjour. A cet égard, l'acte en cause expose notamment suffisamment la situation personnelle de l'intéressé au regard des attaches qu'il a sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus de titre de séjour doit être écarté.

5. En troisième lieu, le requérant fait valoir que le préfet n'a pas examiné sa demande de titre de séjour fondée sur l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, alors que l'arrêté attaqué précise que l'intéressé a renoncé, le 9 octobre 2020, à présenter un titre de séjour en qualité d'étranger malade, le requérant ne produit aucune pièce de nature à remettre en cause l'exactitude de cette mention, se bornant à verser au débat une lettre du 9 octobre 2020 mentionnant une demande de titre de séjour pour raison de santé dont il ne justifie pas de la réception par la préfecture, une convocation pour le dépôt d'une première demande d'admission exceptionnelle au séjour et un récépissé de demande de titre de séjour mention " vie privée et familiale ". Par suite, en se prononçant sur des demandes de titre de séjour formées sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'a entaché l'acte attaqué d'aucun défaut d'examen d'une demande de titre de séjour qui aurait été formée sur un troisième fondement. Pour les mêmes motifs, le refus de séjour en litige, faisant état d'une demande de titre de séjour sur les seuls fondements des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'est entaché d'aucune erreur de fait.

6. En quatrième lieu, en l'absence de preuve d'une demande de titre de séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11, devenu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le requérant ne peut utilement soulever les moyens tirés de l'absence de justification d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et d'un avis préalable du collège de médecins de l'OFII, ainsi que de l'absence de preuve de ce que l'avis aurait été rendu par un collège de trois médecins, régulièrement habilités par le directeur de l'office, et sans intervention du praticien ayant établi le rapport médical transmis au collège. De même, le moyen tiré de ce que cet avis ne lui aurait pas été communiqué à la suite de sa demande de communication sur le fondement de l'article L. 114-7 du code des relations entre le public et l'administration, le privant ainsi d'une garantie, ne peut qu'être écarté comme inopérant. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit également être écarté comme inopérant.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

8. Si M. A B fait valoir qu'il réside depuis sept années sur le territoire français, où il a rencontré sa compagne de nationalité nigériane, titulaire d'une carte de résident et avec laquelle il a eu une fille née le 13 avril 2020, il fait lui-même état de l'absence de concubinage et n'établit pas, par les pièces qu'il produit, qu'il entretenait une relation affective avec la mère de l'enfant à la date de la décision attaquée. En outre, il ne justifie pas, par une attestation peu circonstanciée de la mère de l'enfant, des tickets de caisse et récapitulatifs de factures n'identifiant pas le débiteur, participer à l'entretien et l'éducation de l'enfant dont il allègue effectivement partager la garde avec la mère sans l'établir. Enfin, il n'établit pas plus la réalité du lien familial avec ceux qu'il présente comme ses frères résidant en France, dont l'un est de nationalité française et l'autre s'est vu reconnaître la qualité de réfugié. Dans ces conditions, et alors que le requérant n'allègue pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, la décision refusant un titre de séjour n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs du refus. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

9. En sixième lieu, en vertu de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

10. Tel qu'il a été exposé au point 8, le requérant ne justifie pas qu'il participait à l'entretien et l'éducation de sa fille âgée de deux ans à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, le refus de titre de séjour en litige ne méconnaît pas les stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

11. En septième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / () ".

12. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, le préfet n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation en refusant d'admettre exceptionnellement au séjour M. A B au titre de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'emporte la décision attaquée sur la situation personnelle de M. A B.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de séjour.

15. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaqué doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3 du présent jugement.

16. En troisième lieu, en se bornant à avancer, sans autres précisions, qu'il a la qualité d'étranger malade, le requérant n'établit pas que le préfet aurait commis une erreur de droit dans l'application du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la preuve de ce que les éléments relatifs à son état de santé auraient été transmis aux services de préfecture n'étant au demeurant pas même rapportée.

17. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant doivent, en l'absence de tout autre élément invoqué par le requérant, être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté. En outre, le refus de titre de séjour ne constituant pas la base légale de la décision fixant le pays de destination, le requérant ne peut utilement exciper de l'illégalité de ce refus à l'encontre de la décision attaquée.

19. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaqué doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3 du présent jugement.

20. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 aux termes de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

21. Si M. A B soutient qu'il encoure des risques pour sa vie et sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine, il n'apporte aucun élément probant au soutien de ses allégations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant un délai de départ volontaire :

22. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant un délai de départ volontaire doit être écarté. En outre, le refus de titre de séjour ne constituant pas la base légale de la décision fixant un délai de départ volontaire, le requérant ne peut utilement exciper de l'illégalité de ce refus à l'encontre de la décision attaquée.

23. En second lieu, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3 du présent jugement.

24. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DÉCIDE :

Article 1er : Les requêtes n° 2103572 et n° 2205963 de M. A B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G A B et au préfet du Rhône.

Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Pascal Chenevey, président,

Mme Marie Monteiro, première conseillère,

Mme Marine Flechet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.

La rapporteure,

M. Flechet

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

A. Baviera

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°s 2103572 - 2205963

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