jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2103588 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SACEPE |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 14 mai 2021 sous le n°2103588, M. C A, représenté par Me Sacépé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires d'Auvergne-Rhône-Alpes a rejeté son recours administratif préalable contre la décision du 11 février 2021 de la commission de discipline de la maison d'arrêt de Lyon Corbas lui infligeant la sanction de vingt jours de cellule disciplinaire avec sursis ;
2°) d'enjoindre à l'administration d'effacer la mention de cette sanction dans ses antécédents disciplinaires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le compte-rendu d'incident, qui ne mentionne ni le nom, ni le matricule de son rédacteur en méconnaissance de l'article 4 de la loi du 12 avril 2000 et des dispositions de la circulaire du 9 juin 2011, sans qu'il existe un motif lié à la sécurité au sens de l'article R. 57-6-9 du code de procédure pénale, ne permet pas de vérifier que son auteur est compétent, ni qu'il n'a pas siégé à la commission de discipline conformément à l'article R. 57-7-13 du code de procédure pénale ;
- il ne peut être tenu comme responsable de ses actes en raison du trouble psychique dont il est atteint.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II. Par une requête, enregistrée le 14 mai 2021 sous le n°2103591, M. C A, représenté par Me Sacépé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires d'Auvergne-Rhône-Alpes a rejeté son recours administratif préalable contre la décision du 11 février 2021 de la commission de discipline de la maison d'arrêt de Lyon Corbas lui infligeant la sanction de vingt jours de cellule disciplinaire avec sursis ;
2°) d'enjoindre à l'administration d'effacer la mention de cette sanction dans ses antécédents disciplinaires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le compte-rendu d'incident, qui ne mentionne ni le nom, ni le matricule de son rédacteur en méconnaissance de l'article 4 de la loi du 12 avril 2000 et des dispositions de la circulaire du 9 juin 2011, sans qu'il existe un motif lié à la sécurité au sens de l'article R. 57-6-9 du code de procédure pénale, ne permet pas de vérifier que son auteur est compétent, ni qu'il n'a pas siégé à la commission de discipline conformément à l'article R. 57-7-13 du code de procédure pénale ;
- les faits reprochés ne sont pas matériellement établis ;
- il ne peut être tenu comme responsable de ses actes en raison du trouble psychique dont il est atteint.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2021, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
III. Par une requête, enregistrée le 14 mai 2021 sous le n°2103596, M. C A, représenté par Me Sacépé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires d'Auvergne-Rhône-Alpes a rejeté son recours administratif préalable contre la décision du 11 février 2021 de la commission de discipline de la maison d'arrêt de Lyon Corbas lui infligeant la sanction confondue de quatorze jours de cellule disciplinaire avec sursis ;
2°) d'enjoindre à l'administration d'effacer la mention de cette sanction dans ses antécédents disciplinaires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le compte-rendu d'incident, qui ne mentionne ni le nom, ni le matricule de son rédacteur en méconnaissance de l'article 4 de la loi du 12 avril 2000 et des dispositions de la circulaire du 9 juin 2011, sans qu'il existe un motif lié à la sécurité au sens de l'article R. 57-6-9 du code de procédure pénale, ne permet pas de vérifier que son auteur est compétent, ni qu'il n'a pas siégé à la commission de discipline conformément à l'article R. 57-7-13 du code de procédure pénale ;
- il ne peut être tenu comme responsable de ses actes en raison du trouble psychique dont il est atteint.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
IV. Par une requête, enregistrée le 14 mai 2021 sous le n°2103598, M. C A, représenté par Me Sacépé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires d'Auvergne-Rhône-Alpes a rejeté son recours administratif préalable contre la décision du 11 février 2021 de la commission de discipline de la maison d'arrêt de Lyon Corbas lui infligeant la sanction de vingt jours de cellule disciplinaire avec sursis ;
2°) d'enjoindre à l'administration d'effacer la mention de cette sanction dans ses antécédents disciplinaires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le compte-rendu d'incident, qui ne mentionne ni le nom, ni le matricule de son rédacteur en méconnaissance de l'article 4 de la loi du 12 avril 2000 et des dispositions de la circulaire du 9 juin 2011, sans qu'il existe un motif lié à la sécurité au sens de l'article R. 57-6-9 du code de procédure pénale, ne permet pas de vérifier que son auteur est compétent, ni qu'il n'a pas siégé à la commission de discipline conformément à l'article R. 57-7-13 du code de procédure pénale ;
- les faits reprochés ne sont pas matériellement établis ;
- il ne peut être tenu comme responsable de ses actes en raison du trouble psychique dont il est atteint.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
V. Par une requête, enregistrée le 14 mai 2021 sous le n°2103599, M. C A, représenté par Me Sacépé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires d'Auvergne-Rhône-Alpes a rejeté son recours administratif préalable contre la décision du 11 février 2021 de la commission de discipline de la maison d'arrêt de Lyon Corbas lui infligeant la sanction de vingt jours de cellule disciplinaire avec sursis ;
2°) d'enjoindre à l'administration d'effacer la mention de cette sanction dans les antécédents disciplinaires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le compte-rendu d'incident, qui ne mentionne ni le nom, ni le matricule de son rédacteur en méconnaissance de l'article 4 de la loi du 12 avril 2000 et des dispositions de la circulaire du 9 juin 2011, sans qu'il existe un motif lié à la sécurité au sens de l'article R. 57-6-9 du code de procédure pénale, ne permet pas de vérifier que son auteur est compétent, ni qu'il n'a pas siégé à la commission de discipline conformément à l'article R. 57-7-13 du code de procédure pénale ;
- les faits reprochés ne sont pas matériellement établis ;
- il ne peut être tenu comme responsable de ses actes en raison du trouble psychique dont il est atteint.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 septembre 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. Borges-Pinto, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, incarcéré à la maison d'arrêt de Lyon Corbas, a comparu le 11 février 2021 devant la commission de discipline qui lui a infligé la sanction confondue de vingt jours de cellule disciplinaire avec sursis pour des faits commis les 16, 17 et 24 décembre 2020. Le 25 février 2021, il a formé un recours administratif préalable à l'encontre de cette décision, qui a été rejeté par une décision du 16 mars 2021 du directeur interrégional des services pénitentiaires d'Auvergne-Rhône-Alpes. M. A demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.
2. Les requêtes susvisées présentées par M. A ont trait à une même décision et soulèvent les mêmes questions. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration dont les dispositions reprennent celles de l'article 4 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, applicable aux procédures disciplinaires engagées à l'encontre des détenus : " Toute personne a le droit de connaître le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administratives de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne ; ces éléments figurent sur les correspondances qui lui sont adressées. Si des motifs intéressant la sécurité publique ou la sécurité des personnes le justifient, l'anonymat de l'agent est respecté () ". Aux termes de l'article R. 57-7-13 du code de procédure pénale : " En cas de manquement à la discipline de nature à justifier une sanction disciplinaire, un compte rendu est établi dans les plus brefs délais par l'agent présent lors de l'incident ou informé de ce dernier. L'auteur de ce compte rendu ne peut siéger en commission de discipline ".
4. M. A soutient que les comptes rendus d'incident prévus par l'article R. 57-7-13 du code de procédure pénale sont irréguliers dès lors qu'ils ne mentionnent ni le nom, ni le matricule de leur rédacteur. Toutefois, si les dispositions précitées sont applicables à toutes les procédures dans le cadre desquelles un agent est chargé du traitement d'une affaire, y compris les procédures disciplinaires, leur méconnaissance est, par elle-même, sans incidence sur la légalité de la décision prise, au terme de la procédure, par l'autorité administrative compétente. Par ailleurs, il ressort des pièces versées au dossier en défense, notamment des compte rendus d'incident comportant les initiales de leurs rédacteurs et de la composition de la commission de discipline, que ces agents n'ont pas siégé à la commission de discipline qui s'est prononcée sur la situation de M. A.
5. En deuxième lieu, d'une part, il est constant que le 16 décembre 2020, M. A s'est mis à frapper violemment contre la porte de sa cellule en exigeant du tabac et un bon de dépannage sans cesser son tapage malgré les injonctions en ce sens. Il est également constant que le 22 décembre 2020, il a diffusé, via la chaine hi-fi positionnée dans sa cellule, un appel à la prière avant de baisser le son à la demande du surveillant pénitentiaire. Il n'est pas davantage contesté que le 24 décembre 2020, alors qu'il demeurait immobilisé après avoir utilisé une cabine téléphonique en invoquant un problème de versement d'allocations par la caisse d'allocations familiales, M. A a refusé d'obtempérer aux injonctions du lieutenant qui lui demandait de quitter la zone puis l'a insulté et menacé. D'autre part, il est reproché à M. A d'avoir le 17 décembre 2020 proféré des insultes et menaces à l'encontre du personnel pénitentiaire à trois reprises et ce même jour, d'avoir créé du tapage en exigeant du tabac. Si le requérant conteste les faits reprochés du 17 décembre 2020, leur exactitude est suffisamment établie par les comptes rendus d'incident et le rapport d'enquête produit. Par suite, le moyen soulevé tiré d'un défaut de matérialité des faits doit être écarté.
6. En dernier lieu, si M. A se prévaut des troubles psychiques dont il souffre, il ne ressort pas des pièces des dossiers, qu'au moment des faits commis, il ait été dans un état psychique tel qu'il ne pouvait être regardé comme responsable de ses actes, ni à ce que, par suite, une sanction disciplinaire pût légalement être prise contre lui.
7. Il résulte de tout de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision litigieuse. Les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent dès lors être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2103588, 2103591, 2103596, 2103598 et 2103599 de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Deniel, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
C. B
Le président,
H. Drouet
La greffière,
C. Chareyre
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Nos 2103588, 2103591, 2103596, 2103598, 2103599
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026