vendredi 18 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2104386 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | LAWSON BODY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2021, M. C B, représenté par Me Lawson Body, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er avril 2021 par lequel la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard,
- à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire
- et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation en lui délivrant dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- il est insuffisamment motivé ;
- ont été méconnues les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- ont été méconnues les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Par une ordonnance du 15 mars 2022, l'instruction a été rouverte puis clôturée au 13 avril 2022.
Par une décision du 15 octobre 2021, la demande d'aide juridictionnelle de M. B a été rejetée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable à a date de l'arrêté contesté ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 10 décembre 1985, de nationalité albanaise, déclare être entré en France, le 12 mai 2015. Le13 octobre 2020, l'intéressé a sollicité la délivrance d'un premier titre de séjour portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ". Par l'arrêté du 1er avril 2021 dont M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète de la Loire a rejeté cette demande.
2. En premier lieu, l'arrêté du 1er avril 2021 a été signé par M. Thomas Michaud, secrétaire général, en vertu d'une délégation accordée le 24 août 2020, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté du 1er avril 2021 par lequel la préfète de la Loire a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. B qui mentionne la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention internationale relative aux droits de l'enfant, les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais également les circonstances relatives à la situation personnelle du requérant comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait dès lors aux exigences de motivation résultant des dispositions des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation qui manque en fait, doit donc être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / (). ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
5. M. B fait état d'une part, de ce que sa vie privée et familiale se situe désormais en France, où il réside depuis plus de six années et vit en concubinage avec une compatriote avec lequel il a eu un enfant, né sur le territoire national, le 26 février 2020. Toutefois, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la compagne de M. B résiderait régulièrement sur le territoire français ni davantage que le requérant qui est entré en France, le 12 mai 2015, qui y réside irrégulièrement depuis cette date, y aurait tissé des liens particulièrement intenses et ferait montre d'une intégration sociale ou professionnelle remarquable. Si M. B soutient, d'autre part, qu'en refusant de l'admettre au séjour, l'autorité administrative méconnaîtrait l'intérêt supérieur de son enfant, il est constant que sa fille née le 26 février 2020 qui au demeurant n'était pas scolarisée à la date de la décision attaquée, pourra accompagner ses parents en cas de retour dans leur pays d'origine, l'ensemble des membres de la cellule familiale étant de même nationalité. Par suite, eu égard aux conditions de séjour du requérant et dès lors que l'intérêt supérieur d'un enfant mineur est de résider auprès de ses parents, en refusant de l'admettre M. B au séjour, la préfète de la Loire n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B au regard des buts poursuivis par la décision attaquée et n'a pas davantage porté atteinte à l'intérêt supérieur de sa fille, mineure. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent dès lors être écartés.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. / (). ".
7. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire". Dans cette hypothèse, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
8. D'une part, en se bornant à faire état des éléments présentés au point 5, M. B ne fait état d'aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel, au sens des dispositions précitées, de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " et, par suite, de nature à démontrer que la préfète de la Loire aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant une telle admission exceptionnelle au séjour.
9. D'autre part, en soulignant qu'il a consenti de considérables efforts d'insertion professionnelle, qu'il a bénéficié de solides formations, en restauration en tant que pizzaiolo, et en tant que carreleur, et en versant au débat une promesse d'embauche datée du 2 octobre 2020 ainsi qu'un formulaire Cerfa qui, en tout état de cause, n'est pas dument rempli et n'a jamais été transmis aux services compétents, ainsi que l'a retenu la préfète de la Loire, M. B qui ne justifie pas être particulièrement qualifié pour l'emploi qu'il sollicite, tant au regard de ses diplômes que de son expérience, ne fait état d'aucun motif exceptionnel de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " et, par suite, de nature à démontrer que l'autorité administrative aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant une telle admission exceptionnelle au séjour
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète de la Loire.
Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Guéguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2022.
La présidente-rapporteure,L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau
A. AN. Pineau
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026