lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2104446 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | RAHMANI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement les 10 juin 2021 et 6 octobre 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. F, représenté par Me Rahmani, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de refus née du silence conservé par le préfet du Rhône sur sa demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", fondée sur l'article L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou portant la mention " salarié ", fondée sur l'article L. 313-15 du même code, refus implicite révélé par la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône, à titre principal de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", à titre subsidiaire de réexaminer sa situation, le tout sous un mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- faute de réponse à la demande de communication de ses motifs, le refus implicite de délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " est entaché d'un défaut de motivation ;
- cette décision est intervenue sans examen préalable, particulier et sérieux, de sa situation ;
- en refusant de lui délivrer ce titre de séjour " vie privée et familiale ", le préfet a méconnu le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et a commis une erreur manifeste d'appréciation ;
- en refusant de lui délivrer un titre de séjour " salarié ", le préfet a méconnu l'article L. 313-15 du même code, a commis une erreur de droit et une autre erreur manifeste d'appréciation.
Les parties ont été informées, le 17 octobre 2022, que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité de la requête, enregistrée le 10 juin 2021, le requérant s'étant vu délivrer, le 4 janvier 2021, le titre de séjour qu'il avait sollicité sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le préfet du Rhône a produit un mémoire en défense qui, enregistré le 19 octobre 2022, au-delà de la clôture automatique de l'instruction, n'a pas été communiqué.
M. C a produit des observations en réponse au moyen d'ordre public, enregistrées le 19 octobre 2022, qui n'ont pas été communiquées.
Par une décision du 10 novembre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à M. C.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative et la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Rahmani, avocate de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant camerounais né le 18 mars 2001, a, le 29 mai 2019, sollicité un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par décision du 29 décembre 2020, le préfet du Rhône lui a délivré un titre de séjour mention " travailleur temporaire " sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant, qui critique des décisions implicites de refus de délivrance d'un titre de séjour mais n'a pas sollicité de titre de séjour mention " salarié " sur le fondement de cet article L. 313-15, ce dont ne témoigne pas la délivrance, en novembre 2020, du seul récépissé indiquant cette mention, doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision implicite de refus opposée à sa demande de délivrance d'un titre mention " vie privée et familiale " du 29 mai 2019, née quatre mois mois après cette demande, confirmée le 29 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable, dispose que : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 7° À l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Il est stipulé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
3. M. C est entré sur le territoire français âgé d'un peu plus de 16 ans et, mineur, a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance de la Métropole de Lyon. Après l'obtention d'un certificat d'aptitude professionnelle (CAP) " menuisier fabricant de menuiserie, mobilier et agencement ", qu'il avait préparé en lycée professionnel, il a, à la rentrée 2020, conclu un contrat d'apprentissage en vue de la préparation du baccalauréat professionnel " technicien menuisier-agenceur ", qu'il a d'ailleurs également obtenu. A sa majorité, au 18 mars 2019, il a bénéficié d'un contrat jeune majeur d'une année, puis, à compter du 18 septembre 2020, d'un deuxième contrat de ce type. Il a tissé des liens personnels et familiaux en France qui ont conduit notamment à son adoption simple par Mme D B, par un jugement du tribunal judiciaire de Lyon du 19 décembre 2019, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il disposerait encore d'attaches familiales fortes dans son pays d'origine. Ainsi, au vu de l'intégration de M. C en France, et quand bien même l'intéressé s'est vu délivrer un titre de séjour mention " travailleur temporaire ", en refusant de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", et au regard des effets respectifs de ces deux titres, le préfet du Rhône a porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et méconnu les dispositions et stipulations visées ci-dessus.
4. Il résulte de ce qui précède, sans besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête articulés à l'encontre de cette décision, que le requérant est fondé à demander l'annulation du refus en litige.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
5. Eu égard à ses motifs et sous réserve d'un changement de la situation du requérant qui y ferait obstacle, le présent jugement implique nécessairement que le préfet du Rhône délivre à M. C un titre de séjour mention " vie privée et familiale " sollicité. Il y a lieu de lui adresser une injonction en ce sens et de lui impartir un délai de deux mois pour s'y conformer. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision implicite refusant à M. C la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Rhône de délivrer à M. C un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
M. Gros, premier conseiller,
Mme de Lacoste Lareymondie, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
Le rapporteur,
B. A
Le président,
T. BesseLa greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026