mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2104539 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 13 juin 2021 et 15 février 2022, M. A B, représenté par Me Lantheaume, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône lui a refusé le bénéfice du regroupement familial pour son épouse, ainsi que la décision explicite non datée, édictée ultérieurement, par laquelle le préfet du Rhône a rejeté sa demande ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône d'admettre son épouse au bénéfice du regroupement familial dans le délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation administrative, dans les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour Me Lantheaume de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il a vainement demandé la communication des motifs du refus implicite en litige et le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 211-6 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision expresse est insuffisamment motivée en fait et en droit ;
- il remplit les conditions de ressources et de logement édictées aux articles L. 411-1 et L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour bénéficier d'une mesure de regroupement familial au profit de son épouse ;
- la décision explicite non datée, expédiée ultérieurement, a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, faute pour le préfet d'avoir recueilli l'avis du maire de sa commune de résidence ;
- le préfet s'est estimé lié par son niveau de ressources et a entaché sa décision d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Habchi, premier conseiller.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant ivoirien né en 1951, est entré en France au cours des années 1980 pour y travailler. Retraité, il a bénéficié en 2016 d'une carte de résident de dix ans valable jusqu'au 27 septembre 2026. Après avoir contracté mariage en Côte d'Ivoire le 16 mars 2019 avec une compatriote, M. B a sollicité le 27 août 2019 le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse. Le silence gardé par le préfet du Rhône sur sa demande a fait naître une décision implicite de rejet, le 27 février 2020. Le 23 février 2021, par l'intermédiaire de son conseil, il a demandé au préfet la communication des motifs de ce refus, en application des dispositions de l'article L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Enfin, par une décision non datée, expédiée ultérieurement, le préfet du Rhône a rejeté la demande de regroupement familial de M. B. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler ces décisions le concernant.
Sur l'étendue du litige :
2. Lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et une décision expresse de rejet intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première. Par suite, il y a lieu pour le tribunal de regarder les conclusions de M. B comme étant dirigées contre la décision, non datée, notifiée ultérieurement, par laquelle le préfet du Rhône a rejeté sa demande de regroupement familial.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent, la décision explicite, même non datée, par laquelle l'autorité administrative s'est prononcée sur la demande de l'intéressé, s'est substituée à la décision implicite de rejet, née du silence initialement gardé par le préfet du Rhône sur la demande de regroupement familial de M. B au bénéfice de son épouse. Par suite, M. B ne peut utilement se prévaloir de ce que la décision implicite du préfet n'est pas motivée. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
4. En deuxième lieu, la décision explicite prise par le préfet du Rhône énonce les considérations de droit et les circonstances de fait sur lesquelles elle se fonde, permettant au requérant d'en comprendre les motifs. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, le requérant soutient que le préfet du Rhône n'a pas sollicité l'avis du maire de sa commune de résidence sur sa demande de regroupement familial, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 434-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment celles produites en défense par le préfet du Rhône, que l'autorité administrative a bien recueilli l'avis du maire, en date du 14 octobre 2019, au demeurant défavorable. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision prise par l'autorité administrative aurait été édictée à l'issue d'une procédure irrégulière manque en fait et doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a pris en location dès l'année 1997 un appartement auprès de l'OPAC du Rhône d'une surface habitable de 34 m², supérieure à la surface minimale exigée de 28 m², en application de l'article R. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date du dépôt de la demande formée en 2019 par l'intéressé. Toutefois, les revenus de M. B, qui est retraité, s'élèvent pour l'avis d'imposition 2019 à la somme de 11 295 euros, soit 941 euros par mois, et pour l'avis d'imposition 2020 à celle de 11 493 euros, soit 956 euros par mois, ces seuils étant en dessous du revenu minimal défini à l'article R. 411 du code précité, alors applicable, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance. Par suite, le requérant ne saurait soutenir que le préfet aurait fait une inexacte application des dispositions des articles R. 411-4 et R. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour ce même motif, il n'est pas davantage fondé à soutenir qu'il réunissait les conditions de logement et de ressources pour bénéficier d'une mesure de regroupement familial.
7. En cinquième et dernier lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée, ni des autres pièces du dossier que le préfet du Rhône se serait senti lié par la seule condition de ressources annuelles, légalement opposée au requérant. D'ailleurs, le préfet a indiqué, dans sa décision en litige, qu'aucune mesure dérogatoire n'est apparue justifiée et que la décision en litige ne portait pas atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
M. Habchi, premier conseiller,
Mme Soubié, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
Le rapporteur,
H. Habchi
La présidente,
V. Vaccaro-Planchet
La greffière,
C. Delmas
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026