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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2104600

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2104600

jeudi 6 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2104600
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

A une requête enregistrée le 14 juin 2021, M. B E, représenté A Me Bescou, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 avril 2021 A laquelle le préfet du Rhône a refusé le regroupement familial au bénéfice de son épouse et de ses trois enfants ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône, sous astreinte de 100 euros A jour de retard passé le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, de faire droit à sa demande ou, à défaut, de la réexaminer ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait, dès lors que sa fille C, née d'une précédente union, est majeure et ne réside pas au domicile familial, de sorte que la superficie de 58,70 m2 de son logement convient pour une famille de 5 personnes ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'intérêt supérieur de ses trois enfants mineurs protégé A le 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Un mémoire en défense a été enregistré pour le préfet du Rhône le 16 septembre 2022 et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

La présidente de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Le rapport de M. D ayant été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B E, ressortissant de République démocratique du Congo, demande l'annulation de la décision du 14 avril 2021 A laquelle le préfet du Rhône a rejeté la demande de regroupement familial sollicitée en faveur de son épouse et de ses trois enfants.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au présent litige : " Le ressortissant étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus A le présent code ou A des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial, A son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans () ". Aux termes de l'article L. 411-5 de ce code : " Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : / () 2° Le demandeur ne dispose pas ou ne disposera pas à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; (). ". Aux termes de l'article R. 411-5 du même code : " () est considéré comme normal un logement qui : 1° Présente une superficie habitable totale au moins égale à : - en zone A : 22 m2 pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de 10 m2 A personne jusqu'à huit personnes et de 5 m2 A personne supplémentaire au-delà de huit personnes ; () Les zones A, B et C ci-dessus sont celles définies pour l'application du 1er alinéa du j du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts ; (). ".

3. Le préfet du Rhône a refusé le regroupement familial sollicité au motif que la condition de superficie du logement nécessaire à une famille composée de six personnes n'était pas remplie. Si M. E soutient que le préfet a commis une erreur de fait en retenant la présence au foyer de sa fille aînée née d'une précédente union, il n'établit pas, A la simple production d'un bulletin d'inscription de l'intéressée dans une université de Kinshasa, que celle-ci résiderait habituellement en République démocratique du Congo. A suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée repose sur un motif inexact doit être écarté.

4. En second lieu, M. E soutient qu'il réside en France régulièrement depuis plusieurs années et qu'il y est parfaitement intégré. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'il vit séparément de son épouse et de leurs trois enfants depuis son arrivée en France au mois de novembre 2001. Dès lors et eu égard au motif énoncé au point 3 du jugement, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie familiale, garanti A les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise, ni méconnu l'intérêt supérieur de ses enfants, protégé A le 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. E doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et au préfet du Rhône.

Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Michel, présidente,

M. Bertolo, premier conseiller,

M. Borges Pinto, premier conseiller.

Rendu public A mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.

Le rapporteur,La présidente,

C. D C. Michel

La greffière,

K. Schult

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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