lundi 11 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2104771 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 17 juin 2021 et 4 mars 2022, M. A C, représenté par Me Villand, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2021 par lequel le maire de la commune de Firminy a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie constatée le 20 octobre 2020 et l'a placé en congé de maladie ordinaire, ensemble la décision du 20 avril 2021 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Firminy l'a placé en congé de maladie ordinaire à demi-traitement du 15 avril au 19 mai 2021 ;
3°) d'enjoindre à la commune de Firminy de reconnaître sans délai l'accident de service survenu le 20 octobre 2020, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de condamner la commune de Firminy à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation de ses préjudices ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Firminy la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié d'une délégation consentie au signataire des décisions en litige ;
- l'arrêté du 9 février 2021 a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que le dossier présenté à la commission de réforme comportait des éléments relatifs à son dossier disciplinaire et que la confidentialité de son dossier médical n'a pas été respectée ;
- c'est à tort que son état de santé n'a pas été reconnu comme étant imputable au service ;
- son préjudice lié au comportement de son employeur peut être évalué à 5 000 euros dès lors que le refus critiqué lui a causé un préjudice moral et qu'il ne perçoit plus qu'un demi-traitement depuis le 7 mai 2021.
Par des mémoires en défense enregistrés les 7 février et 1er avril 2022, la commune de Firminy, représentée par la Selarl Cabinet d'Avocats Philippe Petit et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que le tribunal mette à la charge du requérant la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 9 février 2021 a été confirmé par un arrêté du 21 mai 2021 devenu définitif pris sur réexamen du dossier de M. C par la commission de réforme ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- les conclusions indemnitaires de M. C ne sont pas recevables, le contentieux n'étant pas lié ;
- la faute et les préjudices allégués ne sont pas établis.
L'instruction a été close le 27 avril 2022 par une ordonnance du même jour prise en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Gros, rapporteur public,
- et les observations de Me Deguerry pour la commune de Firminy.
Considérant ce qui suit :
1. Agent de maîtrise employé par la commune de Firminy, M. C a été placé en arrêt de travail à compter du 20 octobre 2020. Il conteste l'arrêté du 9 février 2021 par lequel, au vu d'un avis de la commission de réforme du 4 février précédent, le maire de Firminy a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son état de santé et l'a placé en conséquence en congé de maladie ordinaire à compter du 20 octobre 2020. Il conteste également l'arrêté du maire de Firminy du 7 mai 2021 le plaçant en congé de maladie ordinaire à demi-traitement à compter du 15 avril 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'objet des conclusions :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 21 mai 2021, le maire de Firminy a de nouveau refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de M. C. Prise à l'issue du réexamen de la situation de l'intéressé sollicité par celui-ci et en particulier au vu d'un nouvel avis de la commission départementale de réforme émis le 6 mai 2021, cette décision s'est en l'espèce substituée à l'arrêté du 9 février 2021. Par suite, les conclusions dirigées contre cet arrêté du 9 février 2021 et le rejet du recours gracieux formé à son encontre doivent être regardées comme dirigées contre l'arrêté du 21 mai 2021.
En ce qui concerne la légalité des décisions en litige :
3. Les arrêtés des 7 et 21 mai 2021 ont été signés par Mme E, adjointe, en vertu de la délégation que le maire de Firminy lui a donnée par arrêté du 28 juillet 2020. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des actes en litige doit être écarté.
4. Aux termes de l'article 16 de l'arrêté du 4 août 2004 visé ci-dessus : " La commission de réforme doit être saisie de tous témoignages, rapports et constatations propres à éclairer son avis. / Elle peut faire procéder à toutes mesures d'instructions, enquêtes et expertises qu'elle estime nécessaires. / Dix jours au moins avant la réunion de la commission, le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de son dossier, dont la partie médicale peut lui être communiquée, sur sa demande, ou par l'intermédiaire d'un médecin ; il peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. / La commission entend le fonctionnaire, qui peut se faire assister d'un médecin de son choix. Il peut aussi se faire assister par un conseiller ". Contrairement à ce que soutient le requérant, aucune disposition ne faisait obstacle à la transmission aux membres de la commission de réforme du rapport hiérarchique établi le 3 décembre 2020, lequel permettait d'éclairer ceux-ci sur le contexte dans lequel la pathologie en litige était apparue. Par ailleurs, alors que la méconnaissance alléguée par le requérant des règles de confidentialité lors de la transmission à la commune de son dossier médical n'a pu affecter l'avis de la commission de réforme du 4 février 2021, il résulte en tout état de cause de ce qui a été exposé au point 2 qu'un nouvel examen du dossier de l'intéressé a été réalisé et que la commission de réforme a émis un nouvel avis le 6 mai 2021, au vu duquel la décision du 21 mai 2021 en litige a été prise et dont la régularité n'est pas contestée. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie de M. C aurait été pris au terme d'une procédure irrégulière doit être écarté.
5. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 visée ci-dessus, alors applicable : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident (). / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service (). / IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ".
6. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien, notamment d'évaluation, entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
7. Pour soutenir que le syndrome d'épuisement et les troubles d'ordre psychique dont il souffre sont imputables au service, M. C fait valoir qu'il a dû subir des reproches et des humiliations lors d'un entretien hiérarchique qui s'est tenu le 20 octobre 2020 à la demande de la direction générale en présence de son responsable direct et du responsable de la régie bâtiment, et se prévaut des énonciations du certificat médical du 16 décembre 2020 du Dr D, psychiatre. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que cet entretien, lié à l'attitude de M. C, aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Si M. C évoque plus généralement une situation de harcèlement moral et discriminatoire qui aurait commencé au début de l'année 2020 avec son entretien d'évaluation professionnelle, il ne ressort cependant pas des pièces du dossier, compte tenu en particulier de la teneur des avis de la commission de réforme des 4 février et 6 mai 2021, que sa pathologie, qui n'est pas désignée dans les tableaux de maladies professionnelles, serait en l'espèce essentiellement et directement causée par l'exercice de ses fonctions. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que la pathologie qu'il a déclarée n'a pas été reconnue comme étant imputable au service et qu'il a été placé en congé de maladie ordinaire.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de M. C à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
10. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Il ne résulte pas de l'instruction que M. C a saisi la commune de Firminy d'une demande préalable tendant à la réparation des préjudices qu'il allègue avoir subis. Par suite, la commune défenderesse est fondée à soutenir que les conclusions visées ci-dessus ne sont pas recevables et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Alors qu'il n'est pas fait état de dépens, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées sur leur fondement par M. C et dirigées contre la commune de Firminy, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune défenderesse sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Firminy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Firminy.
Délibéré après l'audience du 8 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Pineau, premier conseiller,
Mme Niquet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.
Le président, rapporteur
A. B
L'assesseur le plus ancien,
N. Pineau
La greffière,
L. Khaled
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026