jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2104778 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | COTTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juin 2021, M. et A D et F C et A H B, le premier nommé ayant qualité de représentant unique pour l'application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, représentés par l'AARPI Saxe Avocats, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 février 2021 par lequel le maire de Villeurbanne a délivré à la société un permis de construire en vue de l'édification, après démolition de bâtiments existants, de cinq immeubles comportant cent-huit logements sur un terrain situé entre le cours Émile Zola et la rue du 4 août 1789 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Villeurbanne la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- leur requête, déposée dans les délais de recours contentieux, est recevable ;
- ils justifient d'un intérêt pour agir, puisque leurs propriétés jouxtent à l'est le terrain d'assiette du projet, dont la hauteur et la densité les priveront des vues et de l'ensoleillement dont ils bénéficient et entraîneront des vues directes sur leurs biens ; les conditions de jouissance de leurs habitations seront également impactées par le bruit et le surplus de circulation générés par cent-huit logements ;
- le dossier de demande, incomplet, ne permettait pas, au vu des plans et en l'absence d'éléments suffisants relatifs à la servitude de cour commune, d'apprécier le respect des règles d'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives du terrain ;
- le permis accordé méconnaît les prescriptions du périmètre d'intérêt patrimonial " Cité HBM " imposant l'édification de toitures à deux ou quatre pans sur les volumes principaux ; les deux bâtiments situés aux extrémités, qui présentent un toit terrasse, ne peuvent être qualifiés de volumes annexes ;
- la procédure mise en œuvre avec Lyon Métropole Habitat pour établir une servitude de cour commune, qui est entachée de contradiction, voire de fraude, a pour seul objet de contourner les règles d'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives et entre elles.
Par un mémoire enregistré le 5 mai 2022, la commune de Villeurbanne, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 295,30 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, les requérants ne justifiant pas de leur intérêt pour agir ;
- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 5 mai 2022, la SNC , représentée par Me Doitrand, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, A B ne justifiant pas détenir régulièrement le bien dont elle se prévaut ;
- aucun des moyens des requérants n'est fondé.
Par lettre du 5 avril 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-1-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Une ordonnance portant clôture immédiate de l'instruction a été émise le 27 juin 2022.
Un mémoire en désistement présenté pour les requérants a été enregistré le 31 août 2022 postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de A G,
- les conclusions de A Monteiro, rapporteure publique,
- les observations de Me Cottin, pour les requérants,
- les observations de M. E pour la commune de Villeurbanne,
- et les observations de Me Doitrand pour la SNC .
Considérant ce qui suit :
1. La SNC a déposé en mairie de Villeurbanne, le 2 juin 2020, une demande de permis de construire pour la réalisation, après démolition de bâtiments industriels existants, de cinq immeubles comportant cent-huit logements, des cabanons et quatre-vingt-dix places de stationnement, sur un tènement situé entre le cours Émile Zola et la rue du 4 août 1789. Par un arrêté du 5 février 2021, le maire de Villeurbanne y a fait droit. M. et A C et A B, voisins immédiats du projet, en demandent l'annulation.
2. En premier lieu, le dossier de demande de permis de construire comporte des plans de masse, de coupe et de façade du projet, cotés et qui mentionnent les hauteurs de chacun des cinq bâtiments projetés ainsi que les distances les séparant des limites de références, des limites séparatives et les uns des autres. Une servitude de cour commune est identifiée à l'ouest du tènement, certifiée par une attestation notariale du 4 juin 2019, versée à l'instance, qui était également jointe à la demande, conformément aux dispositions de l'article R. 431-32 du code de l'urbanisme. En outre, la notice descriptive présente, en point 8.1, une analyse règlementaire du projet, s'agissant notamment de son implantation par rapport aux limites séparatives, à l'est et au regard de la servitude de cour commune à l'ouest, pour tous les bâtiments, à l'exception du bâtiment E implanté sur la limite séparative est. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier ne permettait pas d'apprécier le respect des règles d'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives du terrain.
3. En deuxième lieu, le périmètre d'intérêt patrimonial (PIP) de la Cité Habitat Bon Marché, dite HBM, annexé au plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon, dans lequel se situe le terrain d'assiette, impose que tout projet s'y implantant doit prendre en compte l'identité et la cohérence du secteur en s'appuyant sur les caractéristiques des immeubles de la cité. À ce titre, il est précisé que la proximité du tènement industriel, sur le terrain ici en cause, avec les immeubles HBM donne à son évolution un rôle important pour la cohérence de l'ensemble. Le PIP prescrit, pour les constructions neuves, notamment, que : " Sur les volumes principaux, seules les toitures à deux ou quatre pans sont admises. Sur les volumes annexes, d'autres types de toiture sont admis. Toutefois, une attention particulière est portée à la typologie mise en œuvre et aux matériaux employés afin de trouver une cohérence avec le tissu environnant. "
4. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la notice descriptive du projet, que l'aménagement projeté s'inscrit dans le prolongement du plan de composition de la cité HBM, en particulier par l'alignement des bâtiments B à E sur ceux de la cité, permettant ainsi le maintien des percées visuelles existantes. Les trois bâtiments centraux envisagés comportent des toits à quatre pans, correspondant aux caractéristiques architecturales principales de la cité, alors que les deux bâtiments placés aux extrémités présentent des toitures terrasses qui s'avèrent similaires à celles des constructions avoisinantes, dont deux de la cité, ainsi qu'il ressort des photographies jointes à la notice. Dans ces conditions, quand bien même les bâtiments A et E ne peuvent être regardés comme des volumes annexes, le maire pouvait y autoriser des toits terrasses, en application des prescriptions précitées du PIP, dans un souci de cohérence avec le tissu environnant.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 471-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'en application des dispositions d'urbanisme la délivrance du permis de construire est subordonnée, en ce qui concerne les distances qui doivent séparer les constructions, à la création, sur un terrain voisin, de servitudes de ne pas bâtir ou de ne pas dépasser une certaine hauteur en construisant, ces servitudes, dites "de cours communes", peuvent, à défaut d'accord amiable entre les propriétaires intéressés, être imposées par la voie judiciaire dans des conditions définies par décret "
6. Par ces dispositions, le législateur a entendu que l'institution d'une servitude de cour commune puisse, même en l'absence de mention explicite dans le plan local d'urbanisme d'une commune, permettre de garantir le respect des règles de prospect posées par ce plan et relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives.
7. A l'occasion d'une promesse unilatérale de vente par Lyon Métropole Habitat (LMH) au profit de la société de la parcelle cadastrée BS 83 située 187 rue du 4 août 1789, régularisée les 20 et 27 décembre 2018, a été instituée une servitude de cour commune consentie par le promettant, identifiée sur les divers plans joints à la demande de permis de construire. Cette promesse prévoit que, sur accord des parties, le mur arrière des futurs cabanons qui, après rétrocession à LMH, séparera les deux propriétés, sera mitoyen. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'instauration d'une telle servitude de cour commune par accord amiable, qui permet de modifier la position de la limite séparative à prendre en compte pour l'application des dispositions du plan local d'urbanisme, ne révèle aucune intention frauduleuse de contourner les règles d'implantation des constructions fixées par le PLU-H.
8. En dernier lieu, en se bornant à faire valoir qu'en raison de cette servitude de cour commune et de la rétrocession des cabanons à Lyon Métropole Habitat, les constructions projetées méconnaissent les règles de distances prévues par le PLU-H pour les constructions situées sur un même terrain et par rapport aux limites séparatives, sans citer aucune disposition de ce plan ni situation de fait, les requérants n'assortissent pas leur moyen de précision suffisante pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé. Au demeurant, il n'est pas contesté qu'à la date de la décision en litige, les constructions projetées ne méconnaissent pas les règles d'implantation fixées par les dispositions du règlement de la zone URm1 du plan, lesquelles prévoient en outre la possibilité d'y déroger dans le cas de constructions au sein d'un PIP, comme c'est le cas ici, dans un souci de mise en valeur des caractéristiques de l'ensemble patrimonial.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Villeurbanne du 5 février 2021.
10. Ainsi, sans qu'il soit besoin d'examiner sa recevabilité, la requête doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de M. et A C et I A B, parties perdantes, le versement à la SNC d'une somme globale de 1 400 euros au titre de ses frais exposés et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées sur ce même fondement par la commune de Villeurbanne, qui ne justifie pas avoir exposé de tels frais, doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. C et autres est rejetée.
Article 2 : M. C et autres verseront la somme globale de 1 400 euros à la SNC en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Villeurbanne tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C, en sa qualité de représentant unique, à la SNC et à la commune de Villeurbanne.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
A Karen Mège Teillard, première conseillère,
A Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.
La rapporteure,
K. G
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026