mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2104992 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BOUILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juin 2021, M. A C, représenté par Me Bouillet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 janvier 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 4 novembre 2020 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Est a refusé de renouveler sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité, et lui a refusé le renouvellement de cette carte ;
2°) d'enjoindre à la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité de lui renouveler son agrément dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, d'une part, le versement à son bénéfice d'une somme de 600 euros et d'autre part le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la motivation de la décision contestée est " erronée " en droit et en fait ;
- l'autorité administrative a méconnu les dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure en estimant que la conversion de peine, décidée le 12 mars 2018, et la condamnation dont il a fait l'objet le 7 juin 2019 sont incompatibles avec les fonctions d'agent de sécurité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2021, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 30 mai 2022 par une ordonnance du 26 avril 2022.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 55% par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 26 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Collomb, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Sautier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né le 17 juillet 1991, a obtenu, en 2010, la délivrance d'une carte professionnelle lui permettant d'exercer la profession d'agent de sécurité privée pendant cinq ans, renouvelée en 2015 pour une durée de cinq ans. Il en a sollicité, le 15 septembre 2019, le renouvellement. Par une décision du 4 novembre 2020, la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Est du Conseil national des activités de sécurité privée (CNAPS) a rejeté sa demande. L'intéressé a alors saisi la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) d'un recours administratif préalable obligatoire. Par une décision du 7 janvier 2021, dont M. C demande au tribunal de prononcer l'annulation, la commission nationale d'agrément et de contrôle a rejeté son recours tout en confirmant le rejet de sa demande de renouvellement de sa carte professionnelle en qualité d'agent privé de sécurité.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. (). ".
3. La décision litigieuse de la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS, du 7 janvier 2021, comporte les considérations de fait et de droit qui la fondent. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : / 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes () ". Aux termes de l'article L. 612-20 du même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : ()1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions () ".
5. Pour rejeter la demande de renouvellement de la carte professionnelle en qualité d'agent privé de sécurité sollicitée, la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité s'est fondée, d'une part, sur la circonstance que M. C avait fait l'objet d'une condamnation, prononcée le 7 juin 2019, par le tribunal de grande instance de Lyon à trois cent euros d'amende et à la suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois pour des faits de conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou de plantes classées comme stupéfiants commis le 5 décembre 2018. D'autre part, l'autorité administrative a relevé que le requérant avait fait l'objet d'une précédente condamnation, le 23 janvier 2012, à la suite d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité pour des faits de menace de mort réitérée, de dégradation ou de détérioration d'un bien appartenant à autrui, commis le 25 novembre 2011 et que la peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis prononcée à son encontre pour ces faits avait été requalifiée en une condamnation à une peine de trente jours-amende de cinq euros prononcée par le juge d'application des peines du tribunal de grande instance de Lyon le 14 mars 2018.
6. D'une part, M. C, lorsqu'il évoque le caractère erroné de la motivation, peut être regardé comme soutenant que la décision litigieuse serait entachée d'une erreur de fait au motif qu'il n'a pas fait l'objet, le 14 mars 2018, d'une nouvelle condamnation mais d'une exécution de la peine prononcée à son encontre en 2012. Il résulte toutefois des termes de cette décision que l'autorité administrative a pris soin de préciser que la condamnation initiale était de quatre mois d'emprisonnement avec sursis et qu'elle a été prononcée le 23 janvier 2012 à la suite d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. La commission nationale d'agrément et de contrôle n'a donc pas estimé que l'intéressé avait fait l'objet d'une nouvelle condamnation le 14 mars 2018, le caractère récent ou ancien des faits relevant, en tout état de cause, de leur appréciation. Le moyen doit, par suite, être écarté.
7. D'autre part, M. C conteste l'appréciation des motifs de la décision en se prévalant de la délivrance d'une carte professionnelle depuis 2010, des qualités professionnelles dont il a su faire preuve dans le cadre de sa mission sur le site du laboratoire P4 situé à Lyon pendant sept ans et en relevant que la condamnation prononcée à son encontre le 7 juin 2019 porte sur des faits revêtant un caractère isolé alors qu'il a ensuite fait le nécessaire pour " s'amender de cette condamnation " par un suivi médical adéquat et en passant des tests pour récupérer son permis de conduire. Toutefois, compte-tenu de la gravité des faits de menace de mort réitérée avec dégradation de biens et de conduite sous usage de stupéfiants ayant motivé les deux condamnations pénales inscrites au bulletin n° 2 de son casier judiciaire, la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité n'a pas entaché la décision de refus en litige d'une erreur d'appréciation en estimant, au regard des dispositions précitées du 1° de l'article L. 612-20 du code de sécurité intérieure, que les motifs de cette décision étaient incompatibles avec l'exercice des fonctions d'agent de sécurité envisagées par M. C.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 7 janvier 2021.
Sur les conclusions en injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions en annulation de la requête, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Il y a lieu, en conséquence, de rejeter les conclusions présentées à cette fin par le requérant.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Collomb, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
La rapporteure,
C. Collomb
Le président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026