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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2105032

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2105032

jeudi 15 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2105032
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 juin 2021, M. C B, représenté par Me Bescou, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Rhône sur sa demande de délivrance d'un certificat de résidence de dix ans ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence algérien valable dix ans ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision contestée méconnaît les stipulations du a) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien dès lors qu'il remplit toute les conditions imposées par cet article pour obtenir le certificat de résidence sollicité.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leur famille ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique au cours de laquelle le rapport de Mme A a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien, est entré sur le territoire français le 25 septembre 2014. Après avoir bénéficié d'un certificat de résidence en qualité de conjoint de ressortissante française valable du 6 juillet 2017 au 5 juillet 2018, il a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans. M. B conteste la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Rhône sur sa demande.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : / a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2) et au dernier alinéa de ce même article ; () ". Les stipulations de ce 2) de l'article 6 prévoient que : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; () Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2) ci-dessus est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux. ".

3. Il résulte des stipulations du a) de l'article 7 bis précité, qui renvoient au 2) de l'article 6, et en particulier à son dernier alinéa, que la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans à un ressortissant algérien marié avec un Français depuis au moins un an, est subordonnée à la condition d'une communauté de vie effective entre les époux.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B, entré régulièrement en France le 25 septembre 2014, a épousé une ressortissante de nationalité française le 22 mai 2017, à Givors. Après avoir bénéficié d'une carte de résident, valable du 6 juillet 2017 au 5 juillet 2018, sur le fondement du 2° de l'article 6 de l'accord franco algérien, il a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien valable dix ans, en sa qualité de conjoint de Française. Les pièces qu'il verse au débat, notamment l'attestation de la caisse d'allocations familiales établie le 30 septembre 2018, l'avis d'imposition sur le revenu établi le 24 juillet 2018, mentionnant une adresse commune des époux, ainsi que les attestations de proches, permettent d'établir la réalité, non contestée, d'une vie commune de M. B et son épouse à la date de la décision attaquée. Ainsi, M. B est fondé à soutenir que le préfet du Rhône a méconnu les dispositions précitées de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien en lui refusant l'admission au séjour.

5. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision implicite du préfet du Rhône refusant de lui délivrer un certificat de résidence valable dix ans.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

6. Le présent jugement, qui accueille les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, implique nécessairement, eu égard au motif d'annulation retenu et sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que, sauf changement dans les circonstances de droit ou de fait, le préfet du Rhône délivre à l'intéressé un certificat de résidence valable dix ans, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée.

Sur les frais liés à l'instance :

7. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement à M. B d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : La décision implicite du préfet du Rhône refusant d'admettre M. B au séjour est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Rhône, sauf changement dans les circonstances de droit ou de fait, de délivrer à M. B un certificat de résidence valable dix ans dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera la somme de 1 000 euros à M. B, en application des dispositions l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Rhône.

Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Pascal Chenevey, président,

Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,

Mme Marine Flechet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.

La rapporteure,

M. Flechet

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

G. Reynaud

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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