jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2105273 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GILLIOEN |
Vu la procédure suivante :
A une requête enregistrée le 2 juillet 2021, M. B, représenté A Me Gillioen, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du préfet du Rhône rejetant sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône, sous astreinte de 100 euros A jour de retard passé le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, de faire droit à sa demande ou, à titre subsidiaire, de la réexaminer ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est intervenue au terme d'une procédure irrégulière au regard des dispositions des articles L. 421-3 et R. 421-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet du Rhône a méconnu l'article 5 de l'accord franco-marocain et l'article R. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;
- il a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant.
Des pièces ont été enregistrées le 10 octobre 2022 pour le préfet du Rhône.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord du 9 octobre 1987 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
La présidente de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le rapport de M. D ayant été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant marocain, s'est marié en France le 10 novembre 2018 avec une compatriote, postérieurement à l'entrée irrégulière de celle-ci, et est le père de deux enfants nés de cette union en 2017 et 2019. Il demande au tribunal d'annuler la décision implicite du préfet du Rhône rejetant sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse.
2. Aux termes de l'article L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux demandes de regroupement familial, dans sa rédaction alors en vigueur : " L'autorité administrative statue sur la demande dans un délai de six mois à compter du dépôt A l'étranger du dossier complet de cette demande. ". Si le silence gardé A l'administration sur une demande fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite, se substitue à la première décision.
3. Une décision implicite rejetant la demande de regroupement familial présentée A M. B le 21 février 2020 est née à l'expiration du délai de six mois prévu A les dispositions précitées de l'article L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cependant, il ressort des pièces du dossier que, A une décision du 19 avril 2022, le préfet du Rhône a expressément rejeté cette demande. Cette décision expresse s'est substituée, en application du principe exposé au point 2, à la décision implicite initialement attaquée. A suite, les conclusions et les moyens de la requête tendant à l'annulation de cette décision implicite doivent être regardés comme dirigés contre la décision expresse du 19 avril 2022.
4. D'une part, aux termes de l'article 5 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Quelle que soit la date à laquelle ils ont été admis au titre du regroupement familial sur le territoire de l'un ou de l'autre Etat, le conjoint des personnes titulaires des titres de séjour et des autorisations de travail mentionnés aux articles précédents ainsi que leurs enfants n'ayant pas atteint l'âge de la majorité dans le pays d'accueil sont autorisés à y résider dans les mêmes conditions que lesdites personnes. ". Aux termes de l'article 9 du même accord : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités A l'Accord. / (). ".
5. Aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus A le présent code ou A des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° A son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; () ". Aux termes de l'article L. 434-6 du même code : " Peut être exclu du regroupement familial : / () 3° Un membre de la famille résidant en France. ".
6. Lorsqu'il se prononce sur une demande de regroupement familial, le préfet est en droit de rejeter la demande dans le cas où l'intéressé ne justifierait pas remplir l'une ou l'autre des conditions légalement requises, notamment en cas de présence anticipée sur le territoire français du membre de la famille bénéficiaire de la demande. Il dispose toutefois d'un pouvoir d'appréciation et n'est pas tenu A les dispositions précitées, notamment dans le cas où il est porté une atteinte excessive au droit de mener une vie familiale normale tel qu'il est protégé A les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En premier lieu, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, l'épouse de M. B séjournait irrégulièrement sur le territoire français. Ainsi, elle se trouvait au nombre des personnes pouvant être exclues du regroupement familial en vertu des dispositions précitées de l'article L. 434-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A suite, le préfet du Rhône, qui a procédé à l'examen de l'ensemble de la situation de M. B et ne s'est pas estimé en situation de compétence liée, a pu légalement, pour ce motif, refuser d'autoriser le regroupement familial sollicité. Il s'ensuit que M. B ne peut utilement invoquer la méconnaissance des stipulations de l'article 5 de l'accord franco-marocain, ni la circonstance qu'il remplirait les conditions de ressources et de logement prescrites A le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir le regroupement familial au bénéfice de son épouse.
8. Compte tenu du motif du refus opposé à M. B, le préfet n'était pas tenu de recueillir, comme le prévoit l'article L. 434-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'avis du maire de sa commune de résidence sur le respect des conditions de ressources et de logement. A suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est intervenue au terme d'une procédure irrégulière au regard de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
9. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à la décision attaquée, le préfet du Rhône a délivré le 1er juillet 2022 à l'épouse du requérant une carte de séjour temporaire valable un an. La séparation de son époux et de leurs enfants pendant le temps nécessaire à l'instruction de la procédure de regroupement familial n'apparaît pas, dans les circonstances de l'espèce, excessive. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale, garanti A l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise, ni méconnu l'intérêt supérieur de ses enfants, protégé A le 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant. Elle n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Michel, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
Mme Conte, conseillère.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le rapporteur,La présidente,
C. DC. Michel
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026