jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2105389 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | BOUSQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistré les 5 juillet 2021 et 9 août 2022, M. A C, représenté par la selarl HMS avocats (Me Bellanger), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 mai 2021 par laquelle le président de la chambre de commerce et d'industrie Auvergne-Rhône-Alpes a décidé de le licencier pour suppression de poste ;
2°) d'enjoindre à la chambre de commerce et d'industrie Auvergne-Rhône-Alpes de le réintégrer dans un emploi équivalent à celui qu'il occupait avant son licenciement, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la chambre de commerce et d'industrie de région Auvergne-Rhône-Alpes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- la décision attaquée est intervenue au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'en méconnaissance de l'article 35-1 du statut des personnels consulaires, les membres de la commission paritaire régionale n'ont pu procéder à un examen personnel et circonstancié de sa situation avant de rendre l'avis du 15 avril 2021 ;
- la décision attaquée est entachée d'un détournement de procédure dès lors que cette décision présente un caractère disciplinaire certain et qu'en méconnaissance de l'article 37 du statut des personnels consulaires, il a été privé des garanties prévues par la procédure disciplinaire ;
- la décision attaquée est illégale par exception d'illégalité de la délibération de l'assemblée générale de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) Auvergne-Rhône-Alpes du 9 décembre 2020, laquelle est illégale dès lors que :
* elle a été adoptée par une assemblée irrégulièrement composée, à défaut de justification de ce que le nombre de membres présents ou représentés dépassait la moitié du nombre de membres en exercice,
* elle est irrégulière à défaut de justification de la convocation des membres de l'assemblée générale dans les délais prévus par l'article 25 du statut des personnels consulaires et de l'article R. 711-68 du code de commerce et de ce que le dossier de séance et les projets de délibérations avaient été communiqués aux membres,
* elle est entachée d'erreur de faits et d'une erreur manifeste d'appréciation s'agissant des considérations afférentes à la réduction drastique de la ressource fiscale et des considérations organisationnelles liées au plan de transformation et de redimensionnement interne ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 35-1 du statut des personnels consulaires dès lors que la CCI Auvergne-Rhône-Alpes n'a pas respecté ses obligations de reclassement en interne et en externe et dès lors qu'il devait bénéficier du droit de priorité de reclassement ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir dès lors que les griefs lui ayant été opposés lors de son entretien préalable et les mesures concrètes apparues après la suppression de son poste démontrent que la CCI a adopté sa décision pour des motifs éminemment personnels éloignés des considérations économiques et budgétaires invoqués.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 mars et 12 septembre 2022, la chambre de commerce et d'industrie Auvergne-Rhône-Alpes, représentée par Me Bousquet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les vices de procédure invoqués quant à la consultation de la commission paritaire régionale (CPR) manquent en fait puisque la CPR a émis les avis prévus l'article 35-1 du statut après avoir reçu des informations précises sur la situation générale de la CCI et la situation individuelle du requérant ;
- le détournement de procédure et le détournement de pouvoir invoqués ne sont pas établis, la procédure de licenciement pour suppression de poste étant plus contraignante et plus coûteuse pour la CCI que la procédure disciplinaire invoqué par le requérant au motif que des griefs auraient été formulés lors de son entretien de licenciement, la personne ayant conduit cet entretien n'ayant en tout état de cause pas décidé de ce licenciement ;
- la CCI justifie avoir satisfait à ses obligations de recherche de reclassement en interne et en externe ;
- le droit de priorité invoqué par le requérant dans le cadre du reclassement n'est opposable que dans l'hypothèse de candidatures d'égales adéquation et le profil de la candidate externe retenue correspondait aux attentes du poste de " Responsable Marketing et communication opérationnelle " tel qu'il était proposé par la CCI et non tel que le requérant aurait préféré qu'il le soit ;
- s'agissant de l'exception d'illégalité de la délibération du 9 décembre 2020, le requérant ne produit pas le moindre élément pour établir que l'assemblée générale aurait été irrégulièrement convoquée et irrégulièrement composée et les éléments apportés sont impropres à critiquer les raisons pour lesquelles la CCI a décidé de la suppression de postes.
Par une ordonnance du 18 août 2022 la clôture de l'instruction a été reportée au 15 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du commerce ;
- la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952 ;
- la loi n° 2010-853 du 23 juillet ;
- l'arrêté du 25 juillet 1997 relatif au statut du personnel de l'assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie, des chambres régionales de commerce et d'industrie, des chambres de commerce et d'industrie et des groupements inter-consulaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Arnould, rapporteur public,
- les observations de Me Tastard, substituant Me Bellanger, représentant M. C,
- et les observations de Me Bousquet, représentant la CCI Auvergne-Rhône-Alpes.
Une note en délibéré présentée pour la chambre de commerce et d'industrie Auvergne-Rhône-Alpes a été enregistrée le 4 octobre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a été recruté par la chambre de commerce et d'industrie (CCI) Auvergne-Rhône-Alpes à compter du 2 juillet 2018 pour exercer les fonctions de " Responsable Salons, Adjoint Directeur Communication et marketing " au sein de la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne. Suite à la suppression de son poste décidée par la délibération du 9 décembre 2020 de l'assemblée générale de la CCI Auvergne-Rhône-Alpes, le président de la CCI Auvergne-Rhône-Alpes a prononcé le licenciement de M. C pour suppression de poste par une décision du 5 mai 2021 dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation,
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de la partie " recherche de reclassement " de l'article 35-1 du statut du personnel des chambres régionales de commerce et d'industrie : " () la CCI employeur qui décide de prendre des mesures pouvant entraîner un ou plusieurs licenciements pour suppression de poste doit, comme mentionné ci-dessus, procéder obligatoirement à des recherches de reclassement au sein de l'ensemble des établissements consulaires de la région et au niveau de l'ensemble des établissements du réseau des CCI de France notamment à l'aide de la bourse à l'emploi du réseau consulaire. / Les recherches de reclassement doivent être entreprises dès que possible et peuvent se poursuivre tout au long de la procédure de licenciement pour suppression de poste, jusqu'à la notification définitive du licenciement. / () / La CCI employeur mettra également en œuvre des actions et initiatives permettant une recherche de poste à l'extérieur du réseau consulaire par elle-même ou un prestataire choisi par elle. / Les agents susceptibles d'être concernés par un licenciement pour suppression de poste peuvent postuler sur l'un des emplois transmis par la CCI employeur dans le cadre de la recherche de reclassement. Dans ce cas, ils bénéficient d'une priorité de reclassement qui s'impose aux présidents des CCIT concernées, rattachées à la CCI employeur bénéficiant d'une délégation de compétence en matière de recrutement. / (). ". Il résulte de ces dispositions qu'avant de prononcer le licenciement pour suppression d'emploi d'un agent soumis au statut du personnel des chambres de commerce et d'industrie, il appartient à la compagnie consulaire d'examiner les possibilités de reclassement de cet agent notamment en son sein, tant sur des emplois équivalents que sur des emplois de rang hiérarchique inférieur.
3. Suite au vote de la délibération du 9 décembre 2020 par laquelle l'assemblée générale de la CCI Auvergne-Rhône Alpes a décidé de la suppression de 128 postes, parmi lesquels figurait le poste de " Responsable Salons, Adjoint Directeur Communication et marketing " occupé par M. C, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a reçu, le 15 décembre 2020, un courrier comportant la liste de 36 postes disponibles pour son reclassement interne et l'invitant à se positionner sur ces postes par ordre de priorité. Le 4 janvier 2021, M. C s'est porté candidat, en poste n°1, à celui de " Responsable Marketing et communication opérationnelle " et, en poste n°2, sur celui de " Responsable Business Développement ". Dans le cadre du processus de recrutement au poste " Responsable Marketing et communication opérationnelle ", le 26 janvier 2021, le requérant a été reçu à un entretien, mais sa candidature n'a pas été retenue au profit d'une candidate extérieure à la CCI. Or, en l'espèce, M. C soutient qu'il devait bénéficier du droit de priorité prévu par l'article 35-1 du statut du personnel des chambres régionales de commerce et d'industrie, son poste ayant été supprimé, son reclassement devenant dès lors prioritaire. Si la CCI fait valoir qu'elle a privilégié le profil de cette candidate car celle-ci justifiait d'une expertise pluridisciplinaire dont le requérant ne pouvait se prévaloir, ainsi que le soutient valablement M. C, concerné par un licenciement pour suppression de poste, il disposait pour sa part, de la priorité de reclassement prévue par les dispositions susmentionnées de l'article 35-1 dès lors qu'il ne pouvait être sérieusement contesté qu'il présentait des qualifications, des compétences et une expérience professionnelle en adéquation avec le poste de " Responsable Marketing et communication opérationnelle " qui était en effet un emploi de niveau 7, soit de même niveau que celui qu'il occupait jusqu'alors, et qui lui avait au demeurant été proposé dans le cadre de la procédure de reclassement par le courrier précité du 15 décembre 2020. En conséquence, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que la CCI avait, au terme du processus de recrutement, à choisir entre M. C et une candidate qui ne faisait pas partie des effectifs de la CCI, la priorité de reclassement dont le requérant bénéficiait devait conduire l'établissement public à retenir sa candidature, sans que la CCI ne puisse utilement faire valoir que cette priorité ne jouerait qu'en cas de candidatures d'égale adéquation dès lors, en effet, que la circonstance qu'un autre candidat, qu'il s'agisse d'un agent de l'établissement non concerné par une suppression de poste ou une personne extérieure à l'établissement, puisse présenter des points de supériorité par rapport à l'agent ayant postulé dans le cadre d'une procédure de reclassement pour suppression de poste n'est pas de nature à remettre en cause le droit de priorité dont cet agent bénéficie lorsque ses qualifications, son expérience et son aptitude à occuper l'emploi auquel il postule ne sont pas sérieusement contestées. Par suite, en prononçant le licenciement de M. C au motif qu'il n'avait pas été possible de procéder à son reclassement, la CCI Auvergne-Rhône-Alpes a méconnu les dispositions de l'article 35-1 du statut du personnel des chambres régionales de commerce et d'industrie.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 5 mai 2021 par laquelle le président de la chambre de commerce et d'industrie Auvergne-Rhône-Alpes a décidé de le licencier pour suppression de poste.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. (). ".
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'annulation de la décision du 5 mai 2021 prononçant le licenciement de M. C implique nécessairement que la chambre de commerce et d'industrie Auvergne- Rhône-Alpes procède, ainsi que le sollicite le requérant, à sa réintégration dans un emploi équivalent à celui qu'il occupait avant son licenciement. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la chambre de commerce et d'industrie Auvergne-Rhône-Alpes d'y procéder, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une quelconque astreinte.
Sur les frais du litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la chambre de commerce et d'industrie Auvergne-Rhône-Alpes demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la chambre de commerce et d'industrie Auvergne-Rhône-Alpes le versement à M. C d'une somme de 1 200 euros au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 5 mai 2021 par laquelle le président de la chambre de commerce et d'industrie Auvergne-Rhône-Alpes a décidé de licencier M. C pour suppression de poste est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la chambre de commerce et d'industrie Auvergne-Rhône-Alpes de procéder à la réintégration de M. C dans un emploi équivalent à celui qu'il occupait avant son licenciement, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La chambre de commerce et d'industrie Auvergne-Rhône-Alpes versera à M. C une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la chambre de commerce et d'industrie Auvergne-Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
Le rapporteur,
N. B
La présidente,
A. Baux
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026