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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2105501

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2105501

mardi 20 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2105501
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantDEME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaires enregistrés respectivement le 12 juillet 2021 et le 2 août 2021, M. B A, représenté par Me Deme, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération n° 2021-03-25-053 du 5 mai 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a rejeté sa demande tendant au renouvellement de sa carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité privée ;

2°) d'enjoindre à la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de lui délivrer une attestation valant carte professionnelle ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision litigieuse est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'ayant fait appel de sa condamnation, le principe de présomption d'innocence s'impose et les faits qui sont reprochés ne peuvent être considérés comme établis ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle ne prend pas en compte sa situation familiale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 21 septembre 2022 par une ordonnance du 1er septembre 2022.

Vu la décision attaquée et les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure.

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Delahaye, premier conseiller ;

- les conclusions de Mme Sautier, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération n° 2021-03-25-053 du 5 mai 2021, la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a rejeté la demande de M. A tendant au renouvellement de carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité privée. M. A sollicite l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : / 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ; () ". Aux termes de l'article L. 612-20 du même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; 2° S'il résulte de l'enquête administrative () que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'État et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () / Le respect de ces conditions est attesté par la détention d'une carte professionnelle délivrée selon des modalités définies par décret en Conseil d'État. () ".

3. Il résulte des termes de la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) en date du 5 mai 2021 que celle-ci a motivé sa décision de refus de renouvellement de la carte professionnelle de M. A en qualité d'agent de sécurité privé au motif que l'intéressé a été mis en cause en qualité d'auteur de faits d'escroquerie commis du 16 novembre 2016 au 17 février 2017 à Ternay (Rhône) dès lors qu'il lui a été reproché d'avoir aidé à l'embauche d'un salarié en qualité d'agent privé de sécurité au sein d'une entreprise en lui fournissant ses documents d'identité, qu'il a été condamné pour ces faits, le 11 juin 2020, par le tribunal judiciaire de Saint-Etienne à une peine de trois mois d'emprisonnement avec sursis en qualité de complice de faits de conclusion d'un contrat de travail salarié pour exercer une activité de surveillance, gardiennage, transport de fonds, protection des personnes ou des navires sans être titulaire d'une carte professionnelle et que ces éléments reprochés à l'intéressé, dont la matérialité est établie, révèlent des agissements graves et contraires à l'honneur et à la probité, alors qu'il est attendu un comportement exemplaire de tout agent privé de sécurité, et qu'en adoptant un comportement de nature à déconsidérer la profession par l'usage du titre qui lui avait été délivré par le Conseil national des activités privées de sécurité pour aider à l'embauche d'une personne en situation irrégulière, M. A a contrevenu aux dispositions du code de déontologie et commis des agissements incompatibles avec l'exercice des fonctions d'agent de sécurité privée.

4. En premier lieu, la décision attaquée constituant non une sanction ayant le caractère d'une punition mais une mesure de police administrative, M. A, qui indique avoir fait appel de sa condamnation, ne peut utilement se prévaloir du principe de la présomption d'innocence régissant la matière répressive, ni soutenir en conséquence que les faits qui lui sont reprochés ne pourraient être considérés comme établis en l'absence de condamnation définitive. Le moyen tiré de l'existence d'une erreur de droit à cet égard doit être écarté.

5. En second lieu, en se bornant à faire valoir qu'il est marié et père de plusieurs enfants mineurs et que cette décision le place dans une situation de précarité, M. A, qui n'apporte aucune explication sur les faits qui sont reprochés, ne fait état d'aucun élément de nature à démontrer que la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité aurait commis une erreur d'appréciation, au vu de la gravité de ces faits précédemment rappelés, en refusant de lui renouveler sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée sur le fondement des dispositions précitées du 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au Conseil national des activités privées de sécurité

Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Verley-Cheynel, présidente du tribunal,

M. Delahaye, premier conseiller,

Mme Collomb, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.

Le rapporteur,

L. DelahayeLa présidente,

G. Verley-Cheynel

La greffière,

N. Renoud-Genty

La République mande et ordonne au Conseil national des activités privées de sécurité en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

Un greffier,

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