mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2105817 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juillet 2021, et un mémoire enregistré le 13 mai 2022, la Société LTCM et la société TLMCAT, représentées par Me Thiry, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 20 mai 2021 par laquelle le conseil métropolitain de Saint-Etienne Métropole a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de la Talaudière, subsidiairement, d'annuler cette délibération seulement en tant qu'elle établit un corridor écologique sur les parcelles qu'elles exploitent ;
2°) d'enjoindre à Saint-Etienne Métropole de supprimer le corridor écologique ;
3°) de mettre à la charge de Saint-Etienne Métropole la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- elles ont, l'une comme l'autre, intérêt pour agir à l'encontre de la délibération litigieuse, en leur qualité de propriétaire ou d'exploitante des parcelles concernées par le projet de corridor écologique ;
- il n'est pas établi que les conseillers communautaires ont été régulièrement convoqués à leur domicile, conformément à l'article L. 2121-10 du code de l'urbanisme ;
- l'instauration d'un corridor écologique incluant leurs parcelles est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les conditions posées par l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme ; en effet, elle n'est justifiée ni par les caractéristiques des lieux, qui sont intégralement bâtis, ni par les documents d'urbanisme supérieurs ;
- le corridor ne serait pas fonctionnel, en raison des aménagements existants qui empêchent matériellement la circulation de la faune ;
- il porte une atteinte illégale au droit de propriété, dès lors que son utilité publique n'est pas démontrée.
Par des mémoires en défense enregistrés le 16 décembre 2021 et le 16 mai 2022, Saint-Etienne Métropole, représentée par Me Cavrois, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des sociétés requérantes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la société LTCM ne justifie pas d'intérêt pour agir à l'encontre de la délibération ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
En application de l'article R. 611-1-1, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 mai 2022 par une ordonnance datée du même jour.
Un mémoire présenté par les sociétés LTCM et TLMCAT a été enregistré le 20 mai 2022 et n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, de même qu'un mémoire présenté le 23 mai 2022 par la communauté d'agglomération Saint-Etienne Métropole.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Lacoste Lareymondie,
- les conclusions de Mme A,
- et les observations de Me Thiry pour les sociétés requérantes et de Me Cavrois pour Saint-Etienne Métropole.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
1. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales, applicable notamment aux réunions des conseils métropolitains par renvoi de l'article L. 5211-1 du même code : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse. " Il est constant que les convocations pour la réunion du conseil métropolitain ayant approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de La Talaudière ont été adressées par voie dématérialisée aux élus. Les sociétés requérantes ne soutiennent pas que des conseillers communautaires n'auraient pas été convoqués par voie postale en dépit de leur demande, de sorte que le moyen tiré de la violation de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales ne peut qu'être écarté.
2. En second lieu, aux termes de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme : " [le règlement] peut localiser, dans les zones urbaines, les terrains cultivés et les espaces non bâtis nécessaires au maintien des continuités écologiques à protéger et inconstructibles quels que soient les équipements qui, le cas échéant, les desservent. " L'article L. 371-1 du code de l'environnement dispose : " I. - La trame verte et la trame bleue ont pour objectif d'enrayer la perte de biodiversité en participant à la préservation, à la gestion et à la remise en bon état des milieux nécessaires aux continuités écologiques, tout en prenant en compte les activités humaines, et notamment agricoles, en milieu rural ainsi que la gestion de la lumière artificielle la nuit. () / II. - La trame verte comprend : 1° Tout ou partie des espaces protégés au titre du présent livre et du titre Ier du livre IV ainsi que les espaces naturels importants pour la préservation de la biodiversité ; / 2° Les corridors écologiques constitués des espaces naturels ou semi-naturels ainsi que des formations végétales linéaires ou ponctuelles, permettant de relier les espaces mentionnés au 1° ; () " Par ailleurs, aux termes de l'article R. 371-19 du même code : " I. - Les continuités écologiques constituant la trame verte et bleue comprennent des réservoirs de biodiversité et des corridors écologiques. () III. - Les corridors écologiques assurent des connexions entre des réservoirs de biodiversité, offrant aux espèces des conditions favorables à leur déplacement et à l'accomplissement de leur cycle de vie. / Les corridors écologiques peuvent être linéaires, discontinus ou paysagers. " Selon l'article L. 113-29 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer en espaces de continuités écologiques des éléments des trames verte et bleue, définies aux II et III de l'article L. 371-1 du code de l'environnement, qui sont nécessaires à la préservation ou à la remise en bon état des continuités écologiques. "
3. Le règlement du plan local d'urbanisme de La Talaudière institue un corridor écologique traversant , et plus particulièrement les terrains dont la société TLMCAT est propriétaire et sur lesquels la société LTCM exploite une activité de vente et de location de matériel de motoculture, jardin et espace vert, terrains classés en zone UFb.
4. D'une part, contrairement à ce que soutiennent les requérantes, les dispositions précitées de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme prévoient explicitement la possibilité d'instaurer un corridor écologique en zone urbaine.
5. D'autre part, la circonstance que le corridor litigieux ne soit pas identifié par les différents documents d'urbanisme supérieurs en tant que " trame verte " ne constitue pas, en tant que telle, un obstacle à son identification dans le cadre du plan local d'urbanisme intercommunal à l'initiative de la métropole en charge de l'élaboration de ce plan. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la commune de La Talaudière est traversée par l'Onzon, cours d'eau identifié comme " trame bleue " par le SCOT Sud Loire. La préservation des fonctionnalités écologiques de l'Onzon constitue l'une des orientations récurrentes du projet d'aménagement et de développement durable. A ce titre, l'instauration d'un corridor écologique reliant les milieux agri-naturels périphériques de la commune à l'Onzon, tel que le corridor qui fait l'objet du présent litige, a précisément pour finalité de restaurer les continuités naturelles pour garantir les fonctionnalités écologiques de ce cours d'eau en facilitant notamment la circulation de la petite faune. Le corridor écologique traversant les terrains des propriétés requérantes, dont le tracé est strictement limité aux espaces non bâtis et végétalisés du secteur, figure par ailleurs dans les orientations d'aménagement et de programmation " Nature en ville " du plan local d'urbanisme, qui identifient les éléments de paysage à protéger et les continuités écologiques à restaurer afin de mettre en œuvre l'objectif rappelé précédemment.
6. Enfin, les sociétés requérantes font valoir que leurs terrains sont entourés d'un grillage haut et épais, empêchant la circulation de la faune sauvage, de sorte que le corridor écologique ne serait pas fonctionnel. Toutefois, cette circonstance ne constitue pas un obstacle à l'instauration d'un corridor écologique par le règlement graphique du plan local d'urbanisme, qui institue ainsi une servitude d'urbanisme pouvant servir ultérieurement de fondement à des prescriptions assortissant une autorisation d'urbanisme ou à la mise en œuvre d'une politique publique de maîtrise foncière.
7. Il résulte de tout ce qui vient d'être dit que les sociétés requérantes ne sont pas fondées à soutenir que l'instauration d'un corridor écologique au droit de leurs parcelles serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
8. En dernier lieu, le moyen tiré de ce qu'il serait porté une atteinte disproportionnée à leur droit de propriété est inopérant, la règlementation d'urbanisme constituant, par nature, une limitation légale au droit de propriété. Un tel moyen ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, de même que les conclusions à fin d'injonction, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de Saint-Etienne Métropole, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des sociétés requérantes la somme que demande Saint-Etienne Métropole au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2105817 est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de Saint-Etienne Métropole présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société LTCM en application du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et à Saint-Etienne Métropole.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
Mme de Lacoste Lareymondie, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
La rapporteure,
E. de Lacoste Lareymondie
Le président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026