mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2105908 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2021, M. C A, représenté par Me Lantheaume, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un certificat de résidence de dix ans formulée le 4 juin 2018 lors de sa demande de renouvellement de son certificat de résidence ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un certificat de résidence algérien de dix ans dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de condamner l'État à lui verser la somme de 8 000 euros avec intérêts au taux légal à compter de la date de réception par le préfet de sa demande préalable, en réparation de l'ensemble de ses préjudices, avec capitalisation des intérêts ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée dès lors que le préfet n'a pas répondu à sa demande de communication des motifs ;
-le refus est entaché d'un vice de procédure en l'absence de saisine par le préfet de la commission du titre de séjour ;
- le refus méconnaît les stipulations de l'article 7 bis a) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- l'illégalité fautive commise par le préfet à son égard est à l'origine d'un préjudice matériel et des troubles dans ses conditions d'existence évalués à 8 000 euros.
La clôture d'instruction a été fixée au 1er mars 2022 par une ordonnance du 4 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leur famille, modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu le rapport de M. Segado, président-rapporteur, au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, né le 5 juin 1985, s'est vu délivrer un certificat de résidence d'un an valable du 26 juin 2017 au 26 juin 2018 en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Le requérant, qui fait état que, lors de sa demande de renouvellement de son titre de séjour formulée le 4 juin 2018, il a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence de 10 ans toujours en qualité de conjoint d'une ressortissante française, en application du a) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien, demande au tribunal l'annulation du refus implicite né du silence gardé par le préfet du Rhône pendant quatre mois sur cette demande de titre et la condamnation de l'Etat à l'indemniser des préjudices subis du fait de cette décision illégale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2) et au dernier alinéa de ce même article () ". Aux termes de l'article 6 du même accord : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français / () Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2) ci-dessus est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux. "
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré régulièrement en France et s'est marié avec Mme B, de nationalité française, le 24 avril 2017. Il s'est vu délivrer un certificat de résidence d'un an valable du 26 juin 2017 au 26 juin 2018 portant la mention " vie privée et familiale " en sa qualité de conjoint d'une ressortissante française en application des stipulations du 2) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Il ressort également des pièces du dossier, et il n'est pas contesté par le préfet du Rhône, que M. A a formé, avant l'expiration de ce certificat de résidence d'un an, une demande de renouvellement de son titre en sollicitant dans le cadre de cette demande la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans sur le fondement du a) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien. Il ressort en outre des pièces du dossier, et il n'est pas davantage contesté par le préfet du Rhône, que la communauté de vie effective avec son épouse de nationalité française n'a pas cessé. Dans ces conditions, comme l'expose M. A, il justifie, en sa qualité de conjoint d'une ressortissante française, de l'ensemble des conditions prévues au a) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision implicite du préfet du Rhône lui refusant la délivrance de ce certificat de résidence de 10 ans méconnaît ainsi ces stipulations de l'accord franco-algérien.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de cette décision rejetant implicitement sa demande de certificat de résidence de dix ans.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Le présent jugement, qui accueille les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, implique nécessairement, eu égard au motif d'annulation retenu, et en l'absence de changement de circonstances de fait et de droit, que le préfet du Rhône délivre à l'intéressé un certificat de résidence d'une durée de dix ans dans le délai deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. L'illégalité fautive entachant ainsi la décision de refus de délivrance d'un certificat de résidence algérien constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'État. M. A est, par suite, fondé à solliciter l'indemnisation des préjudices en lien certain et direct avec cette faute.
7. En premier lieu, les éléments produits par M. A, qui a bénéficié même après le refus de titre de séjour illégal de récépissés l'autorisant à travailler et qui exerce également une activité de chauffeur taxi depuis 2020, ne permettent pas d'établir l'existence d'une perte de rémunération concernant son activité salarié à l'aéroport de Saint-Exupéry qui aurait résulté du refus de lui délivrer ce certificat de résidence de dix ans combiné avec le fait que ces récépissés auraient été renouvelés au-delà des délais normaux .
8. En second lieu, compte tenu des conséquences, bien que limitées en raison de la délivrance de récépissés valant autorisation de travail, de la faute commise par l'administration sur la situation de l'intéressé, qui en l'espèce a dû solliciter régulièrement le renouvellement de ces récépissés pour être en situation régulière et pouvoir travailler et dont l'exercice de son activité professionnelle a été rendu difficile par ce refus illégal, il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence subis par M. A en le fixant à un montant de 1 000 euros.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 1 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité fautive de cette décision de refus de délivrer un titre.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
10. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-7 du code civil courent à compter de la réception de la demande préalable à l'administration ou, à défaut, de l'enregistrement de la requête introductive d'instance. En outre, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. Dans cette hypothèse, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.
11. Le requérant, a demandé que l'indemnité qui lui sera accordée soit assortie des intérêts au taux légal avec capitalisation des intérêts. Dès lors, il y a lieu d'assortir la somme de 1 000 euros qui lui est accordée des intérêts au taux légal à compter du 14 juin 2021, date de réception de sa demande préalable, eux-mêmes capitalisés à compter du 14 juin 2022, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais exposés par les parties à l'occasion du litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a refusé de délivrer un certificat de résidence de dix ans à M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Rhône de délivrer à M. A un certificat de résidence d'une durée de validité de dix ans, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 (mille) euros en réparation de ses préjudices. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 14 juin 2021, eux-mêmes capitalisés à compter du 14 juin 2022, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Article 4 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Collomb, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
Le Président-rapporteur,
J. Segado
L'assesseur le plus ancien,
L. Delahaye La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026