vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2105965 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | FRERY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2021, M. A C, représenté par Me Frery, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 juin 2021 par laquelle la préfète de l'Ain a refusé de procéder au renouvellement de sa carte de résident ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui délivrer une carte de résident portant soit la mention " Réfugié albanais ", soit la mention " Résident de l'Union européenne " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation individuelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il justifie avoir introduit un recours suspensif devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) à l'encontre de la décision du 26 mars 2018 par laquelle l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a mis fin à son statut de réfugié ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 17 mars 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions de la requête sont irrecevables dès lors que la décision attaquée du 24 juin 2021 qui n'a pour objet que de constater l'impossibilité de renouveler un titre de séjour ayant fait l'objet d'une décision de retrait devenue définitive, est une décision confirmative de celle intervenue en 2018 ;
- en outre, l'autorité administrative se trouve en situation de compétence liée, s'agissant de la délivrance d'un titre de séjour aux bénéficiaires d'une protection internationale, et ne peut délivrer un tel document aux étrangers qui ne sont plus bénéficiaires de cette protection.
Par une ordonnance du 17 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 avril 2022.
Un mémoire présenté pour M. C a été enregistré le 7 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Frery, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant albanais né en 2 novembre 1963, entré en France en juillet 1990, s'est vu reconnaître le statut de réfugié par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 15 janvier 1991. L'intéressé a alors bénéficié de la délivrance d'une carte de résident en qualité de réfugié qui a été régulièrement renouvelée, en dernier lieu le 13 mars 2011 avec une durée de validité allant jusqu'au 12 mars 2021. Toutefois, l'OFPRA ayant mis fin au statut de réfugié de M. C, le 26 mars 2018, par une décision du 15 mai 2018, le préfet de l'Ain a procédé au retrait de sa carte de résident. Le 3 février 2021, l'intéressé en a pourtant sollicité le renouvellement. Par une décision du 24 juin 2021, dont M. C demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète de l'Ain a rejeté cette demande.
2. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, notamment les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise les motifs qui ont conduit la préfète de l'Ain a refusé le renouvellement de carte de résident sollicité par M. C, en l'espèce le fait que le statut de réfugié lui avait été retiré depuis le 23 mars 2018. La décision contestée précise en outre qu'elle ne contrevient pas aux dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la mesure où elle ne remet pas en cause le droit de M. C à séjourner en France. Enfin, dès lors que le requérant n'a présenté qu'une demande de renouvellement de sa carte de résident, la préfète n'était pas tenue de motiver sa décision sur un autre fondement que celui sur lequel cette demande avait été présentée. La décision en litige comporte ainsi les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement et qui ont utilement permis au requérant d'en discuter. Le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. C avant d'édicter la décision en litige. Si le requérant soutient tout d'abord que la préfète n'aurait pas procédé à l'examen de la possibilité de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est d'ailleurs ni soutenu ni même allégué que le requérant aurait présenté une telle demande alors qu'il ressort de son courrier du 9 juin 2021 qu'il s'est borné à présenter une demande tendant à obtenir une " carte de résident mention "réfugié" d'origine albanaise ". Si le requérant fait état de ce qu'une telle possibilité lui aurait été annoncée dans la décision du 18 mai 2018, il ressort de ses termes mêmes que cette décision se bornait, après avoir informé l'intéressé du retrait de sa carte de résident, à l'inviter à déposer auprès des services de la préfecture une demande de titre de séjour accompagnée des justificatifs nécessaires. Ainsi, la préfète n'était pas tenue d'examiner le droit au séjour du requérant sur un autre fondement. Enfin, si le requérant soutient que l'absence de carte de résident entrainerait pour lui des conséquences qui n'auraient pas été prises en compte par l'autorité administrative, il ressort cependant de la lecture de la décision en litige que la préfète n'a pas remis en cause le droit de M. C à séjourner en France et ne l'a pas invité ou obligé à quitter le territoire français, prenant ainsi nécessairement en compte sa situation personnelle, notamment la durée de son séjour sur le territoire national. Ainsi, le moyen tiré de l'erreur de droit en l'absence d'examen particulier doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 311-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables à la date du 26 mars 2018 : " Lorsqu'il est mis fin au statut de réfugié ou au bénéfice de la protection subsidiaire par décision définitive de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou par décision de justice ou lorsque l'étranger renonce à ce statut ou à ce bénéfice, la carte de résident mentionnée au 8° de l'article L. 314-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-13 est retirée. / Dans les cas prévus au premier alinéa du présent article, l'autorité administrative statue, dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat, sur le droit au séjour des intéressés à un autre titre. / La carte de résident ou la carte de séjour temporaire ne peut être retirée en application du même premier alinéa quand l'étranger est en situation régulière depuis au moins cinq ans. " Aux termes de l'article R. 311-14 du même code, dans sa version alors applicable : " Le titre de séjour est retiré : () 11° S'il est mis fin, dans les conditions prévues à l'article L. 311-8-1, au statut de réfugié ou au bénéfice de la protection subsidiaire par décision définitive de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou par décision de justice ou lorsque l'étranger renonce à ce statut ou à ce bénéfice. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que par une décision du 15 mai 2018, le préfet de l'Ain informant M. C que, suite à la décision du 23 mars 2018 par laquelle l'OPFRA avait mis fin à son statut de réfugié, il avait été décidé de lui retirer son droit au séjour en qualité de réfugié, l'invitait à présenter des observations quant à ce retrait et lui demandait de restituer sa carte de résident valable jusqu'au 12 mars 2021. Or, si par un courrier daté du 24 mai 2018, réceptionné en préfecture le lendemain, ainsi qu'il ressort de l'accusé de réception produit, le conseil de M. C a présenté des observations, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est d'ailleurs ni soutenu, ni même allégué qu'il aurait ensuite contesté la décision du 23 mars 2018 portant retrait de carte de résident. En l'absence de tout recours présenté à l'encontre de cette décision, le retrait de la carte de résident de l'intéressé était devenu définitif au moins à compter du 23 mai 2019 et par suite, la demande par laquelle M. C a sollicité, le 3 février 2021, le renouvellement de cette carte de résident était nécessairement dépourvue d'objet dès lors qu'à cette date, l'intéressé n'était plus titulaire d'une carte de résident depuis près de trois ans et, qu'en conséquence, ainsi que le fait valoir à juste titre la préfète en défense, elle ne pouvait pas procéder au renouvellement d'une carte de résident ayant été retirée.
6. En dernier lieu, M. C fait état de ce qu'il a été marié une première fois avec une ressortissante française avec laquelle il a eu trois enfants, nés en 1993, 1996 et 2000, de nationalité française, et de ce que son maintien sous récépissé l'empêche de se rendre aux Etats-Unis pour rendre visite à sa fille cadette qui y effectue des études. Toutefois, dès lors que la décision attaquée ne remet pas en cause le droit du requérant à séjourner sur le territoire français, la préfète de l'Ain n'a pas porté atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale de M. C en France. Au surplus et en tout état de cause, en se bornant à verser au dossier le visa qu'il a obtenu pour un voyage en 2017, l'intéressé ne produit aucun justificatif pour établir que sa fille résiderait toujours aux Etats-Unis, aucune pièce du dossier n'établissant en outre qu'il se trouverait dans l'impossibilité de solliciter désormais un visa auprès des autorités albanaises pour se rendre aux Etats-Unis. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi articulé ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Ain, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 juin 2021par laquelle sa demande de renouvellement de carte de résident a été rejetée. Par suite, la requête de M. C doit être rejetée, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.
Le rapporteur,
N. B
La présidente,
A. Baux
La greffière,
S. Rolland
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026