mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2106174 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | BARIOZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 juillet 2021 et 21 mars 2022, M. A B, représenté par Me Barioz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2021 par lequel la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire de lui délivrer sans délai un titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale", sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil sur le fondement des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation ;
- elle est contraire aux dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La préfète de la Loire a produit des pièces, enregistrées le 31 janvier 2022.
Par ordonnance du 22 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boulay, première conseillère,
- les conclusions de M. Habchi, rapporteur public,
- et les observations de Me Barioz, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant arménien né en 1985, est entré irrégulièrement en France en 2006. Par un arrêté du 21 février 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône a pris à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans. Cet arrêté a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Lyon du 16 avril 2021, qui a enjoint à la préfère de la Loire de procéder au réexamen de la situation de M. B. La préfète de la Loire a, par l'arrêté attaqué du 8 juillet 2021, refusé de lui délivrer un titre de séjour. L'exécution de cette décision a été suspendue par une ordonnance du tribunal administratif de Lyon en date du 10 février 2022.
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que la préfère de la Loire a refusé de délivrer un titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale" à M. B au motif que son comportement constituait une menace grave à l'ordre public. A cet égard, la préfète a relevé que l'intéressé a été condamné, ainsi que cela ressort du bulletin n° 2 de son casier judiciaire, à onze reprises entre 2007 et 2016, en particulier à deux peines de deux ans d'emprisonnement les 12 mars 2008 et 7 mars 2010 pour des faits de vol et de vol avec violence, ainsi qu'à une peine de sept ans d'emprisonnement par la cour d'assises de la Loire le 22 février 2011, pour vol en bande organisée avec arme et refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter.
4. Toutefois, alors que la dernière condamnation de M. B remonte à 2016, il ressort des pièces du dossier qu'il réside sur le territoire national, où il est entré à l'âge de vingt-et-un ans, depuis plus de quinze ans, et que les condamnations à des peines d'emprisonnement dont il a fait l'objet ont été prononcées pour des faits commis plus de dix années avant la décision attaquée. Le requérant soutient sans être contredit qu'il n'a plus commis de faits répréhensibles depuis ses dernières condamnations, prononcées en 2016 pour des faits délictuels de moindre gravité, commis en 2015 et en 2014. En outre, M. B justifie, par les pièces qu'il produit, contribuer depuis 2019 à l'entretien et à l'éducation de son fils de nationalité française, âgé de treize ans, et dont la résidence a été fixée à son domicile par une ordonnance du juge aux affaires familiales du 13 octobre 2021. M. B est, de plus, marié depuis 2013 avec une ressortissante russe titulaire d'une carte de résident valable dix ans, avec laquelle il a eu trois enfants, nés en 2013, 2016 et 2018 et dont il justifie par les pièces qu'il produit subvenir à l'entretien et à l'éducation. Enfin, M. B justifie d'une insertion professionnelle durant près de deux ans et demi, du mois d'avril 2017 à décembre 2019, lorsqu'il a été employé dans un garage automobile, et produit à l'appui de sa requête une promesse d'embauche dans un garage automobile. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, compte tenu de la durée de sa résidence en France et des forts liens familiaux dont il dispose sur le territoire français, et en dépit de ses antécédents judiciaires, M. B est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été édicté.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète de la Loire du 8 juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de l'arrêté attaqué implique nécessairement, compte tenu de l'absence de changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, qu'un titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale" soit délivré au requérant sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète de la Loire de délivrer un titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale", dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais liés au litige :
7. M. B ne justifie pas avoir sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la préfète de la Loire du 8 juillet 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Loire de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale" dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de la Loire.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Soubié, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.
La rapporteure,
P. Boulay
La présidente,
V. Vaccaro-Planchet La greffière,
C. Delmas
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour exécution,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026