mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2106504 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu les procédures suivantes :
I°) Par une requête, enregistrée le 10 août 2021 sous le numéro 2106504, et un mémoire complémentaire enregistré le 10 décembre 2021, Mme E C, représentée par Me Adja-Oke, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 juin 2021 par lequel le président de la métropole de Lyon a procédé à la suspension de son agrément d'assistante maternelle pour une durée de quatre mois ;
2°) de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de la métropole de Lyon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- il est insuffisamment motivé dès lors qu'il ne comporte pas les considérations de droit et de fait qui le fondent ;
- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence d'enquête administrative préalable à son édiction ;
- il est entaché, à plusieurs égards, d'erreur de fait ;
- il est entaché d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles dès lors qu'aucun fait grave ni aucune situation d'urgence ne permettait de justifier la suspension litigieuse ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation des allégations de maltraitances portées à la connaissance de l'autorité administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2022, la métropole de Lyon, représentée par la SELARL Carnot Avocats agissant par Me Prouvez, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2022 par une ordonnance du 8 septembre 2022.
Par lettre du 25 novembre 2022, des pièces complémentaires ont été demandées aux parties, concernant l'état de l'enquête pénale confiée par le procureur de la République, saisi le 24 juin 2021, à la brigade départementale de la famille, pour compléter l'instruction puis communiquées en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
II°) Par une requête, enregistrée le 1er octobre 2021 sous le numéro 2107768, Mme E C, représentée par Me Adja-Oke, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 août 2021 par laquelle le président de la métropole de Lyon a rejeté le recours gracieux qu'elle avait formé contre la décision du 18 juin 2021 suspendant son agrément d'assistante maternelle pour une durée de quatre mois ;
2°) de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de la métropole de Lyon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation en droit ;
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de l'arrêté du 18 juin 2021 portant suspension de son agrément d'assistante maternelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen sérieux de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2022, la métropole de Lyon, représentée par la SELARL Carnot Avocats agissant par Me Prouvez, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que la décision contestée en date du 3 août 2021 s'est substituée à la décision initiale en date du 18 juin 2021 et cette seconde requête est donc surabondante par rapport à la requête initiale enregistrée par le tribunal de céans contre l'arrêté du 18 juin 2021 ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2022 par une ordonnance du 8 septembre 2022.
Par lettre du 25 novembre 2022, des pièces complémentaires ont été demandées aux parties, concernant l'état de l'enquête pénale confiée par le procureur de la République, saisi le 24 juin 2021, à la brigade départementale de la famille, pour compléter l'instruction puis communiquées en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative
III°) - Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2021, Mme E C, représentée par Me Adja-Oke, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2021 par laquelle le président de la métropole de Lyon a procédé au retrait de son agrément d'assistante maternelle ;
2°) de mettre une somme de 2 000 euros à la charge de la métropole de Lyon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte :
- il est insuffisamment motivé ;
- il est illégal en raison de l'illégalité de l'arrêté du 18 juin 2021 portant suspension de son agrément d'assistante maternelle ;
- il est entaché d'erreur de fait dès lors que les éléments de l'enquête administrative relative aux prétendus faits de violence ou de maltraitance ne sont pas établis, que cette enquête est fondée sur des contradictions et des allégations erronées de la part des parents des trois enfants concernant des prétendus troubles du sommeil et les faits de maltraitance qui lui sont reprochés lesquels n'ont d'ailleurs pas été confirmés par l'enquête pénale ; enfin, les allégations concernant son attitude prétendument inadaptée, le protocole sanitaire mis en place ou encore son attitude vis-à-vis des enfants gardés à son domicile et ses difficultés de communication sont erronées ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation s'agissant des prétendues allégations de maltraitance et difficultés de communication avec les parents ou encore d'organisation trop rigide portées à son encontre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2022, la métropole de Lyon, représentée par la SELARL Carnot Avocats agissant par Me Prouvez, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2020-310 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Collomb, première conseillère,
- les conclusions de Mme Sautier, rapporteure publique ;
- les observations de Me Adja-Oke, représentant Mme C ;
- les observations de Me Rey, substituant Me Prouvez, représentant la métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a obtenu, le 17 septembre 2008, un agrément d'assistante maternelle. L'intéressée, qui a vu son agrément restreint à l'accueil de quatre enfants de plus de dix-huit mois par un arrêté du 27 juillet 2018, a bénéficié, en dernier lieu, par un arrêté du président de la métropole de Lyon en date du 29 mars 2019, d'une modification de son agrément pour une durée de cinq ans lui permettant d'accueillir deux enfants de tout âge et deux enfants de plus de dix-huit mois avant de déclarer, les 9 mai 2020 et 25 février 2021, accueillir six enfants sur le fondement de la dérogation prévue par l'article 1 de l'ordonnance n° 2020-310 du 25 mars 2020. Toutefois, par un arrêté du 18 juin 2021, le président de la métropole de Lyon a procédé à la suspension de son agrément pour une durée de quatre mois. Mme C a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été rejeté le 3 août suivant. Par un arrêté du 12 octobre 2021, le président de la métropole de Lyon, après avoir recueilli l'avis de la commission consultative paritaire départementale des assistants maternels et familiaux, a procédé au retrait de l'agrément de Mme C. L'intéressée demande l'annulation de ces trois décisions par trois requêtes, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions dirigées contre la suspension de l'agrément :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, l'arrêté du 18 juin 2021 a été signé par Mme B A, cheffe de service santé des futurs parents et des jeunes enfants, à laquelle le président de la métropole de Lyon a délégué sa signature par arrêté n° 2021-02-10-R-0078 du 10 février 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la métropole de Lyon et accessible au public sur le site internet de la métropole. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ", et aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles : " Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés ".
4. L'arrêté contesté vise les articles L. 421-6 et suivants et R. 421-4 du code de l'action sociale et des familles, et mentionne avec précision les éléments de fait laissant suspecter que les conditions d'accueil des enfants n'étaient pas réunies, permettant à Mme C d'en comprendre le motif à sa seule lecture et de le contester utilement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, par suite, être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant () familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside () si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs () accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne () ", et aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié ". Par ailleurs, en application du code général des collectivités territoriales, la métropole de Lyon exerce en la matière les compétences attribuées au département.
6. La décision par laquelle l'autorité administrative prononce la suspension de l'agrément d'un assistant maternel constitue une mesure provisoire prise dans l'intérêt des enfants accueillis, destinée à permettre de sauvegarder la santé, la sécurité et le bien-être de ces derniers, durant les délais nécessaires notamment à la consultation de la commission consultative paritaire départementale et au respect du caractère contradictoire de la procédure, en vue, le cas échéant, d'une mesure de retrait ou de modification du contenu de l'agrément. Le législateur a ainsi entendu, par l'article L. 421-6 précité, déterminer entièrement les règles de procédure auxquelles sont soumises ces mesures de suspension de l'agrément des assistants maternels, qui s'inscrivent dans le cadre de la modification ou du retrait éventuel de cet agrément, soumis à une procédure contradictoire préalable précisée à l'article R. 421-23 du même code. Dès lors, une mesure de suspension d'agrément, compte tenu de son caractère conservatoire et de l'urgence qui s'y attache, n'a pas à être elle-même précédée d'une procédure contradictoire.
7. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que le président de la métropole de Lyon aurait été tenu, avant de prendre en urgence la décision de suspension contestée, de diligenter une enquête administrative préalable afin d'établir la matérialité des accusations portées à son encontre par les parents de trois des enfants dont elle assurait la garde, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
8. Il résulte des dispositions citées au point 5 que le président de la métropole de Lyon, auquel il incombe de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis, peut, en cas d'urgence, suspendre l'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel, en se fondant sur des éléments suffisamment précis et vraisemblables, permettant de suspecter que les conditions d'accueil garantissant la sécurité, la santé et l'épanouissement du ou des enfants accueillis ne sont plus remplies.
9. Pour suspendre l'agrément de Mme Dijeau, le président de la métropole, qui a constaté qu'à la date de la décision attaquée un seul enfant sur six restait confié à Mme C, s'est fondé sur de " nouveaux dysfonctionnements " rapportés à une directrice de crèche au mois de juin 2021 par des familles d'enfants accueillis chez l'intéressée ainsi que sur la circonstance que la commission consultative paritaire départementale, réunie le 2 juillet 2018 pour le renouvellement de l'agrément d'assistante maternelle, avait " déjà relevé les difficultés de communication de Mme C et une organisation trop rigide, non adaptée aux besoins de l'enfant ".
10. Il ressort des pièces du dossier que la directrice de la crèche Tourret située dans le 1er arrondissement de Lyon a signalé le 8 juin 2021 à la métropole avoir reçu trois demandes de places en urgence concernant trois enfants issus de familles différentes et accueillis chez Mme C. Les familles de ces trois enfants, contactés par la métropole entre le 8 et le 15 juin, ont confirmé que ceux-ci auraient manifesté leur appréhension croissante à se rendre chez l'assistante maternelle, deux familles évoquant des terreurs nocturnes, les parents relatant des soucis de communication avec l'intéressée ou un manque de retours de sa part. Les parents ont également fait état, dans leurs témoignages, de leurs interrogations concernant le déroulement des journées avec des siestes trop longues, des sorties trop rares ou encore un protocole sanitaire trop stricte pour entrer dans son logement. Une quatrième famille a également retiré ses deux enfants âgés de 2 ans et 9 mois et de onze mois le 14 juin suivant de chez Mme C, les enfants ayant été accueillis en urgence dans des établissements d'accueil du jeune enfant situés dans le 4ème arrondissement de Lyon.
11. Si la requérante soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de fait, il ressort notamment du rapport d'évaluation des conditions de l'agrément établi par le service d'accueil du jeune enfant de la métropole le 15 juin 2021, que les parents ont expressément fait état des difficultés précitées. La circonstance que le plus âgé des enfants gardés à son domicile jusqu'au 14 juin 2021 n'ait pas tenu les mêmes propos que les deux autres enfants en âge de s'exprimer ni celle que les parents n'aient pas évoqué directement avec elle les faits qui lui sont reprochés ne sont de nature à infirmer les déclarations parentales. Les avis favorables des parents employeurs adressés à la métropole dans le cadre de la procédure de renouvellement de son agrément en 2018 ou l'attestation établie le 22 juin 2021 par les parents de l'enfant né le 3 novembre 2020 et gardé à son domicile du 25 janvier au 22 juin 2021 ne suffisent pas à remettre en cause les dysfonctionnements rapportés de manière concordante, par quatre des cinq familles des enfants alors accueillis.
12. S'agissant des faits de maltraitance, il ressort des termes de la décision en litige que la métropole de Lyon, qui a certes relevé que deux enfants auraient mentionné des punitions, ne s'est pas fondée sur ce motif pour prendre la mesure litigieuse.
13. Dans les circonstances de l'espèce, les faits relevés par le service de la métropole après échanges avec l'ensemble des familles concernées et visite effectuée au domicile de la requérante le 14 juin 2021, suffisaient pour suspecter que les conditions d'accueil chez Mme C ne permettaient plus de garantir la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants qui lui étaient confiés et révélaient une situation d'urgence. Le président de la métropole de Lyon a pu ainsi, sans erreur de droit ni erreur d'appréciation, prononcer, sur le fondement de l'article L. 421-6 précité, la suspension de son agrément.
14. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 18 juin 2018 et de la décision du 3 août 2021 portant rejet de son recours gracieux. Les moyens développés à l'appui de sa requête afin de contester les vices propres entachant cette dernière décision étant, en tout état de cause, inopérants.
Sur les conclusions dirigées contre le retrait de l'agrément :
En ce qui concerne la légalité externe :
15. En premier lieu, l'arrêté du 12 octobre 2021 a été signé par Mme G F, directrice générale adjointe, à laquelle le président de la métropole de Lyon a délégué sa signature par arrêté n° 2021-02-10-R-0078 du 10 février 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la métropole de Lyon et accessible au public sur le site internet de la métropole. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit, par suite, être écarté.
16. En second lieu, l'arrêté contesté vise les articles L. 426-1 et R. 421-23 du code de l'action sociale et des familles, et mentionne avec suffisamment de précisions, les considérations de droit et de fait sur lesquels il se fonde, permettant à Mme C d'en comprendre les motifs à sa seule lecture et de les contester utilement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
17. En premier lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée, par voie d'exception, à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. En l'espèce, la décision portant retrait de l'agrément de Mme C n'a pas été prise en application de la décision du 18 juin 2021 portant suspension de celui-ci qui n'en constitue donc pas la base légale. Le moyen invoquant, par voie d'exception, l'illégalité de la décision du 18 juin 2021 ne peut donc, en tout état de cause, être utilement invoqué à l'encontre de l'arrêté du 12 octobre 2021.
18. En second lieu, le président de la métropole de Lyon, après avoir transmis, le 24 juin 2021, une information à caractère pénal au procureur de la République, qui a confié l'enquête à la brigade départementale de protection des mineurs, et recueilli l'avis favorable de la commission consultative paritaire départementale (CCPD) des assistants maternels et familiaux, a prononcé la mesure de retrait litigieuse en raison de " faits de violence " relatés par les parents d'enfants accueillis, de l'attitude inadaptée de l'intéressée envers les enfants, notamment son manque d'affect, la rigidité de son mode d'organisation, l'insuffisance d'observation et de réponse aux besoins des enfants et enfin du caractère fluctuant et difficile de sa communication avec les parents.
19. Il ressort des pièces du dossier que le rapport d'évaluation des conditions de l'agrément, établi le 23 juillet 2021 par le service santé de la métropole de Lyon, relève que les enfants précédemment gardés chez Mme C et accueillis en urgence en crèche " montrent des symptômes d'hyper vigilance avec anxiété dans certaine situation : lorsqu'ils prennent leur repas, lorsqu'ils font tomber un aliment par terre, lorsqu'ils salissent leur couche Certains enfants ont débuté un suivi avec la psychologue de la crèche ". En outre, l'attitude inadaptée de Mme C avec les enfants et, en particulier, le caractère rigide de son mode d'organisation avait déjà été relevé par la métropole de Lyon dans le rapport établi le 6 juin 2018 dans le cadre de la procédure de renouvellement de l'agrément de l'intéressée qui mentionne en effet que : " Mme C n'est pas toujours dans la bientraitance de l'enfant ". Les attestations favorables des parents d'enfants accueillis en 2018 ou antérieurement ou encore celles de parents gardés au cours de l'année 2021 mais sur des périodes inférieures à six mois dont celle des parents du dernier enfant gardé au domicile de Mme C jusqu'à la suspension de son agrément le 18 juin 2021, ne suffisent pas remettre en cause la matérialité des faits relevés.
20 Dans les circonstances de l'espèce, le président du conseil de la métropole a pu sans erreur d'appréciation prononcer la mesure de retrait d'agrément litigieuse en raison des motifs tirés de l'attitude inadaptée de Mme C avec les enfants et de ses difficultés de communication. Si la requérante fait valoir qu'aucun fait de maltraitance n'a été relevé au cours de l'enquête pénale, il résulte de l'instruction que le président de la métropole de Lyon aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ces deux motifs, qui suffisent à eux seuls à la fonder.
21. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2021.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la métropole de Lyon, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C et à la métropole de Lyon.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Verley-Cheynel présidente du tribunal,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Collomb, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La rapporteure,
C. Collomb
La présidente,
G. Verley-Cheynel
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
2-2107768
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026