jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2106529 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CHARREL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 août 2021, la société Urbalab, représentée par Me Navarro, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'ordonner la reprise des relations contractuelles du marché de maîtrise d'œuvre conclu avec la métropole de Lyon pour la requalification des rues Lafontaine, F. Passy, Richelieu et E. Aynard à Villeurbanne ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner la métropole de Lyon à lui verser une somme de 38 458,08 euros au titre de son manque à gagner, de son préjudice commercial, de son préjudice moral et des frais engagés pour la révision du programme ;
3°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de résiliation est illégale et la reprise des relations contractuelles doit être ordonnée dès lors, d'une part, que la métropole de Lyon a modifié son programme en raison d'une mauvaise définition de son besoin, d'autre part, que le besoin de la métropole de Lyon est inchangé pour la requalification des rues Lafontaine, F. Passy, Richelieu et E. Aynard à Villeurbanne ;
- elle est fondée à demander une somme de 4 458,08 euros hors taxe au titre de son manque à gagner en raison de la décision de résiliation illégale, une somme de 22 000 euros hors taxe au titre des frais engagés pour la révision du programme et l'assistance à la communication entre services à la demande de la métropole de Lyon, une somme de 7 000 euros hors taxe au titre de son préjudice commercial et une somme de 5 000 euros hors taxe au titre de son préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2022, la métropole de Lyon, représentée par Me Gaspar, conclut :
1°) à titre principal, au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à la reprise des relations contractuelles et au rejet des conclusions pour le surplus ;
2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;
3°) à titre infiniment subsidiaire dans l'hypothèse où les conclusions tendant à la reprise des relations contractuelles seraient accueillies, à la condamnation de la société Urbalab à lui verser une somme de 1 857,53 euros augmentée des intérêts au taux légal à compter du 3 août 2021 et de la capitalisation des intérêts et au rejet les conclusions de la requête pour le surplus ;
4°) en tout état de cause, à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société Urbalab au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions tendant à la reprise des relations contractuelles sont sans objet, le terme stipulé au contrat étant dépassé ;
- elles sont irrecevables dès lors qu'elles constituent une demande d'injonction à titre principal ;
- les moyens soulevés à l'appui de ces conclusions ne sont pas fondés ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables car tardives et la société Urbalab n'a pas respecté la procédure amiable préalable obligatoire prévue par l'article 37 du CCAG PI ;
- elles ne sont pas fondées, la décision de résiliation étant légale en ce qu'elle repose sur un motif d'intérêt général et en l'absence de justification des chefs de demandes.
Par ordonnance du 16 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 10 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Reniez,
- les conclusions de M. Reymond-Kellal, rapporteur public,
- et les observations de Me Navarro, représentant la société Urbalab, et de Me Quiviger, substituant Me Gaspar, représentant la métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. La métropole de Lyon a conclu le 23 novembre 2020 avec la société Urbalab un marché de maîtrise d'œuvre ayant pour objet de " donner une réponse architecturale, technique et économique pour la requalification des rues Lafontaine, F. Passy, Richelieu et E. Aynard - Ilot Lafontaine Aynard à Villeurbanne ", pour un prix global et forfaitaire provisoire de 40 834,08 euros hors taxes. Le 17 juin 2021, elle a prononcé la réalisation du marché public pour un motif d'intérêt général. La société Urbalab demande au tribunal d'ordonner la reprise des relations contractuelles et de condamner la métropole de Lyon à l'indemniser.
Sur la reprise des relations contractuelles :
En ce qui concerne les conclusions tendant au non-lieu à statuer :
2. Le juge du contrat, saisi de conclusions tendant à la reprise des relations contractuelles présentées par un cocontractant de l'administration dont le contrat a fait l'objet d'une résiliation, constate un non-lieu à statuer sur ces conclusions lorsqu'il résulte de l'instruction que le terme stipulé du contrat est dépassé.
3. L'article 2.4.3 du contrat passé entre la métropole de Lyon et la société Urbalab précise que " Compte-tenu de la nature des prestations, il ne peut qu'être indiqué une durée non contractuelle estimée du marché. La durée contractuelle du marché est déterminable en fonction des éléments indiqués aux articles 2.5.1 et 2.5.2 du présent document. / La durée totale estimée du marché est de 16 mois (hors période de garantie). ".
4. Il résulte des termes mêmes des stipulations précitées que la durée du marché de seize mois mentionnée n'a pas de valeur contractuelle et aucune durée du marché n'est déterminable. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction ni n'est allégué que les prestations auraient été entièrement exécutées. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer doit être écartée.
En ce qui concerne la résiliation pour motif d'intérêt général :
5. La métropole de Lyon a résilié le marché la liant à la société Urbalab à la suite du retard important de cette société pour rendre les études préliminaires, en raison de difficultés pour appréhender ses attentes. Il n'est pas contesté que la métropole de Lyon a, dans ce contexte de difficultés d'exécution du marché, repris en régie les prestations de maîtrise d'œuvre compte tenu des difficultés existantes pour appréhender ses attentes. Elle justifie ainsi d'un motif d'intérêt général permettant la résiliation du marché.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions tendant à la reprise des relations contractuelles doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Aux termes de l'article 11.8.1 du cahier des clauses administratives particulières : " () / Dans un délai de 45 jours après la notification du décompte général, le titulaire renvoie au maître d'ouvrage ce document revêtu de sa signature, avec ou sans réserves ou fait connaître les raisons pour lesquelles il refuse de le signer. / Si la signature du décompte est donnée sans réserve par le titulaire, il devient le décompte général et définitif du marché et ouvre droit au paiement pour solde. Il lie définitivement les parties. / Dans le cas, où le titulaire n'a pas renvoyé le décompte au maître d'ouvrage dans le délai susvisé, ou encore l'ayant renvoyé dans le délai, il n'a pas motivé son refus ou n'a pas exposé en détail les motifs de ses réserves, ce décompte est réputé accepté par lui, il devient le décompte général et définitif du marché ouvrant droit au paiement pour solde. Il lie définitivement les parties. / Dans le cas, où dans le délai susvisé, le titulaire émet des réserves motivées sur le montant des sommes dues, l'acheteur règle le montant des sommes qu'il a admises dans le décompte général. Après résolution du désaccord, il procède le cas échéant, au paiement d'un complément majoré, s'il y a lieu des intérêts moratoires, courant à compter de la date de remise de la réclamation du titulaire. ".
8. En l'absence de stipulation particulière relative au décompte de résiliation du marché, l'établissement et la contestation de ce décompte, qui se substitue alors au décompte général établi dans les autres cas, sont régis par l'article 11.8.1 du cahier des clauses administratives particulières.
9. Il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté, que le décompte de résiliation a été notifié à la société Urbalab, en même temps que la décision de résiliation, le 17 juin 2021. Ce décompte n'a pas été contesté par la société Urbalab dans le délai de quarante-cinq jours prévu par les stipulations précitées. Le décompte de résiliation lie ainsi définitivement les parties. Si la société Urlabal a rédigé un mémoire en réclamation, ce dernier, daté du 6 août 2021, est postérieur au délai de quarante-cinq jours suivant la notification du décompte général. Par suite, la métropole de Lyon est fondée à soutenir que les conclusions indemnitaires sont tardives.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par la société Urbalab doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole de Lyon, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société Urbalab demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la société Urbalab une somme de 1 400 euros au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Urbalab est rejetée.
Article 2 : La société Urbalab versera à la métropole de Lyon une somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Urbalab et à métropole de Lyon.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Michel, présidente,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
La rapporteure,La présidente,
E. ReniezC. Michel
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026