vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2106609 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 17 août 2021 et le 24 mai 2022, M. B C, représenté par Me Bacha, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 février 2021 par lequel la présidente du conseil d'administration du service départemental-métropolitain d'incendie et de secours (SDMIS) a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie ayant justifié son arrêt de travail à compter du 10 avril 2020, ensemble la décision implicite de rejet née le 22 juin 2021 du silence conservé sur son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au président du conseil d'administration du SDMIS de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie ayant justifié son arrêt de travail à compter du 10 avril 2020, de régulariser sa situation administrative et financière et d'assurer la prise en charge en conséquence des frais médicaux qu'il a exposés, en assortissant les sommes correspondantes des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;
3°) de mettre à la charge du SDMIS la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Il soutient que :
- la consultation de la commission de réforme le 26 janvier 2021 n'a pas été régulière, faute de présence en son sein d'un médecin spécialiste et faute de production du rapport écrit du médecin de sapeurs-pompiers prévu par l'article 15 de l'arrêté du 4 août 2004 ;
- ses arrêts de travail à compter du 10 avril 2020 relèvent d'une rechute de son accident de service du 14 janvier 2020 et sont, en tout état de cause, imputables au service ;
- la commission de réforme n'a pas été saisie en vue de l'examen de son recours gracieux.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 mars 2022, le service départemental-métropolitain d'incendie et de secours, représenté par la Selarl Carnot avocats, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
L'instruction a été close le 15 juin 2022 par une ordonnance du même jour prise en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Gros, rapporteur public,
- et les observations de Me Litzler pour le service départemental-métropolitain d'incendie et de secours du Rhône.
Considérant ce qui suit :
1. Sapeur-pompier professionnel employé par le service départemental-métropolitain d'incendie et de secours (SDMIS), M. C conteste l'arrêté du 11 février 2021 par lequel la présidente du conseil d'administration du SDMIS, faisant sien l'avis défavorable émis par la commission de réforme réunie le 26 janvier précédent, a refusé de reconnaître le caractère de rechute de son accident de service du 14 janvier 2020 à la pathologie ayant justifié ses arrêts de travail à compter du 10 avril 2020 et l'imputabilité au service de cette pathologie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 15 de l'arrêté du 4 août 2004 visé ci-dessus, relatif au fonctionnement de la commission de réforme : " Le secrétariat de la commission informe le médecin du service de médecine professionnelle et préventive, pour la fonction publique territoriale, le médecin du travail, pour la fonction publique hospitalière, compétent à l'égard du service auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis à la commission. Lorsque la commission statue sur le cas d'un sapeur-pompier professionnel, son secrétariat informe le médecin de sapeurs-pompiers désigné par le préfet sur proposition du directeur départemental des services d'incendie et de secours. Ces médecins peuvent obtenir, s'ils le demandent, communication du dossier de l'intéressé. Ils peuvent présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion de la commission. Ils remettent obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus au premier alinéa des articles 21 et 23 ci-dessous ". Aux termes de l'article 21 du même arrêté : " La commission de réforme donne son avis sur l'imputabilité au service () de l'infirmité pouvant donner droit aux différents avantages énumérés à l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 () ".
3. Si le SDMIS fait valoir que, le 23 juin 2020, le médecin-chef adjoint de son service de santé et de secours médical a adressé un courrier à l'expert-psychiatre dont le rapport a été soumis à la commission de réforme à laquelle ce courrier a par la suite été transmis, il n'est en tout état de cause pas allégué que cette correspondance, qui ne se prononce au demeurant pas explicitement sur les causes directes de la pathologie de M. C, émanerait du médecin désigné par le préfet mentionné par l'article 15 précité de l'arrêté du 4 août 2004 dont l'application est en cause. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que la commission de réforme réunie le 26 janvier 2021 a été destinataire du rapport écrit du médecin mentionné par cet article 15, à l'application duquel l'article 37-7 du décret susvisé du 30 juillet 1987 dont se prévaut le SDMIS ne fait pas obstacle. Dans ces conditions et alors que la commission de réforme a émis un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie, M. C est fondé à soutenir qu'il a été privé de la garantie que constitue la remise de ce rapport en vue de parfaire l'information de la commission de réforme. Par suite, M. C est fondé à soutenir que la décision en litige est intervenue au terme d'une procédure irrégulière et à demander pour ce motif l'annulation de l'arrêté du 11 février 2021 et de la décision rejetant le recours gracieux formé à son encontre.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique seulement qu'il soit procédé au réexamen de la situation de M. C et qu'il soit statué sur celle-ci. Il y a lieu d'adresser une injonction en ce sens à la présidente du conseil d'administration du SDMIS et, dans les circonstances de l'espèce, de lui impartir un délai de quatre mois pour s'y conformer.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce et alors qu'il n'est pas fait état de dépens, il y a lieu de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du SDMIS le versement à M. C de la somme de 1 400 euros au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la présidente du conseil d'administration du service départemental-métropolitain d'incendie et de secours du 11 février 2021 et la décision portant rejet du recours gracieux formé à son encontre sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la présidente du conseil d'administration du service départemental-métropolitain d'incendie et de secours de procéder au réexamen de la situation de M. C et de statuer sur celle-ci dans un délai de quatre mois.
Article 3 : Le service départemental-métropolitain d'incendie et de secours versera à M. C la somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au service départemental-métropolitain d'incendie et de secours.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme de Mecquenem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
La rapporteure,
A. A
Le président,
J. Segado
La greffière,
L. Khaled
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026