mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2106828 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RENOUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 26 août 2021, 1er février et 8 mars 2022, M. K J et Mme F I, représentés par Me Renouard, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Cessy a délivré à M. B, Mme A, M. H et Mme E un permis de construire en vue de l'édification de deux villas jumelées et garages sur un terrain situé rue du Jura ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cessy le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- le dossier de demande de permis de construire est entaché d'insuffisances et carences ; la superficie du terrain d'assiette n'est pas précisée ; l'insertion du projet dans son environnement bâti est lacunaire ; le traitement des espaces libres est insuffisamment décrit ; la description de l'organisation et de l'aménagement des accès et voies de desserte est manquante ;
- le dossier de demande ne contient pas le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs ainsi qu'exigé par l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme ;
- la division antérieure de la parcelle cadastrée section AE n° 175 ne peut être regardée comme constitutive d'un lotissement en application du e) de l'article R. 442-1 du même code ; ce lotissement relevait du régime du permis d'aménager et non de celui de la déclaration préalable ; le projet n'entrait ainsi pas dans les prévisions de l'article L. 442-14 du code précité et le permis de construire en litige était soumis aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal valant programme local de l'habitat (PLUiH) du pays de Gex ;
- le projet en litige méconnaît les dispositions des articles UG 4 et UG 5 du règlement du PLUiH du Pays de Gex ;
- ce projet méconnaît également les dispositions des article UB 1 et UB 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Cessy, relatifs aux exhaussements et affouillements ;
- l'accès prévu par le projet ne respecte pas les exigences de l'article UB 3 de ce règlement ainsi que les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ; la voie interne du projet ne satisfait pas aux exigences du même article du PLU ;
- le point de rassemblement des ordures ménagères prévu par l'article UB 4 du même règlement est manquant ;
- le retrait prévu des façades des deux constructions par rapport à la voie commune ne respecte pas les dispositions de l'article UB 6 de ce règlement ;
- l'insertion dans l'environnement du projet et les teintes choisies méconnaissent les exigences de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- la dispositions des places de stationnement ne permet pas de retenir les places de stationnement couvertes pour les modalités de décompte prévues à l'article UB 12 du même règlement, dès lors méconnu ;
- les obligations de remplacement des arbres abattus prévues par l'article UB 13 de ce règlement ne sont pas respectées.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 4 novembre 2021 et 21 février 2022, M. D B, Mme C A, M. M H et Mme G E, représentés par Me Braud, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable par application de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 9 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 mars 2022.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, par courrier du 22 novembre 2022, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen, relevé d'office, tenant à l'irrecevabilité du moyen nouveau tiré de la méconnaissance des dispositions relatives aux voies internes de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Cessy, soulevé par les requérants dans leur mémoire complémentaire du 1er février 2022, en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller,
- les conclusions de M. Borges-Pinto, rapporteur public,
- et les observations de Me Verrier, suppléant Me Renouard.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, Mme C A, M. M H et Mme G E ont déposé, le 30 avril 2021, une demande de permis de construire en vue de l'édification d'un ensemble de deux villas jumelées et garages, sur un terrain cadastré section AE n° 175p situé rue du Jura à Cessy. Par un arrêté du 5 juillet 2021, le maire de cette commune leur en a accordé le bénéfice. M. K J et Mme F I, voisins du projet, demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement () ".
3. M. J et Mme I, propriétaires d'une maison d'habitation jouxtant le terrain d'assiette du projet, doivent être regardés comme des voisins immédiats du projet. Ils font état, avec suffisamment de précisions, de vues réciproques créées et de l'utilisation, par voie de servitude de passage, d'un accès commun situé sur leur terrain. Dans ces conditions, ils doivent être regardés comme justifiant de leur qualité pour agir au sens et pour l'application des dispositions précitées. La fin de non-recevoir opposée en défense doit ainsi être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, l'arrêté est signé par Mme L N, adjointe au maire de la commune de Cessy chargée de l'urbanisme, investie d'une délégation de signature à cet effet par arrêté du maire de cette commune du 12 juin 2020 dont le caractère exécutoire a été certifié par ce maire le 15 juin suivant. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte ne peut dès lors qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : () c) La localisation et la superficie du ou des terrains ; ". Selon l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".
6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. Il ressort des éléments du dossier de demande de permis de construire que, si la contenance du terrain d'assiette du projet n'a pas été reportée dans le cadre afférent du formulaire normalisé, la superficie de 1 048 m² de ce terrain, clairement identifié tant sur le plan de masse que sur le plan de division, procède sans aucune difficulté calculatoire de l'addition des surfaces des lots indiqués sur ce dernier plan. De même, l'ensemble des plans joints à ce dossier de demande permettent de localiser la maison des requérants et les volumes de celle-ci, maison individuelle, n'apparaissent pas improprement décrits comme tels par la notice. S'agissant du château de Cessy, situé à plus de cent mètres du terrain d'assiette et dépourvu de toute covisibilité avec le projet en litige, sa caractérisation n'apparaissait pas nécessaire à l'appréciation de l'insertion dudit projet dans son environnement, sur laquelle l'autorité compétente a ainsi pu statuer en toute connaissance de cause. Si les requérants soutiennent que la caractérisation du traitement des espaces libres, et notamment des plantations existantes, est insuffisante, il ressort de la comparaison des plans de masse et de division que les deux arbres à abattre pouvaient aisément être identifiés par un figuré en pointillé pour l'un et sa localisation sur la voie de desserte pour l'autre. Par ailleurs, les autres abattages dont les requérants font état ne concernent pas la légalité du permis en litige dont l'objet est d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. Enfin, il ressort des mentions de la notice explicative que la voie commune de desserte interne du projet sera mise en gravier, ce qui est corroboré par la représentation d'insertion, et les six places de stationnement prévues par le projet, dont deux dans les garages projetés, apparaissent clairement identifiées. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de demande ne satisfaisait pas aux exigences des dispositions précitées.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété () ". Contrairement à ce qui est soutenu par les requérants, il ressort des pièces versées par la commune que le dossier de demande comprenait un projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs, conformément aux exigences dispositions précitées. Le moyen doit ainsi être écarté comme manquant en fait.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". Selon l'article R. 442-1 du même code : " Ne constituent pas des lotissements au sens du présent titre et ne sont soumis ni à déclaration préalable ni à permis d'aménager : () e) Les détachements de terrains supportant des bâtiments qui ne sont pas destinés à être démolis ; ".
10. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision de non-opposition à déclaration préalable du 9 mai 2019, le maire de la commune de Cessy a autorisé le détachement d'un lot à bâtir de 1 048 m² du terrain initial de 2 551 m², précédemment cadastré section AE n° 54, le reliquat étant indiqué comme bâti. Le lot détaché apparaît ainsi correspondre au terrain d'assiette du projet et il n'est pas soutenu que ce lot aurait supporté une ou des constructions. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la division portée par la décision du 9 mai 2019 ne constituait pas un lotissement par application du e) de l'article R. 442-1 du code de l'urbanisme.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager : a) Les lotissements : -qui prévoient la création ou l'aménagement de voies, d'espaces ou d'équipements communs à plusieurs lots destinés à être bâtis et propres au lotissement. Les équipements pris en compte sont les équipements dont la réalisation est à la charge du lotisseur ; ".
12. Les requérants soutiennent que le lotissement autorisé le 9 mai 2019 relevait du régime du permis d'aménager et non de celui de la déclaration préalable dès lors que le plan de division joint au dossier de déclaration préalable indiquait qu'une servitude de passage y était concédée sur une partie du lot B, devenu propriété des requérants, au profit du lot A, terrain d'assiette du projet en litige. Toutefois, l'espace déterminé par cette servitude de passage, pour lequel aucun aménagement n'est prévu par l'acte de création du lotissement, n'est ni propre au lotissement ni ne constitue une création d'une voie commune à même de faire relever le projet des dispositions précitées. Le moyen doit ainsi, en tout état de cause, être écarté.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le lotissement a fait l'objet d'une déclaration préalable, le permis de construire ne peut être refusé ou assorti de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme nouvelles intervenues depuis la date de non-opposition à la déclaration préalable, et ce pendant cinq ans à compter de cette même date. ".
14. Il ressort des pièces du dossier que le règlement du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal valant programme local de l'habitat (PLUiH) du pays de Gex a été adopté et est devenu exécutoire postérieurement au 9 mai 2019, date d'édiction de l'acte créant le lotissement au sein duquel le projet en litige est implanté. Dans ces conditions, et en application des dispositions précitées, les requérants ne sauraient utilement invoquer à l'encontre du permis de construire attaqué, délivré dans le périmètre de ce lotissement, les dispositions des articles UG 4 et UG 5 de ce règlement.
15. En septième lieu, aux termes de l'article UB 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Cessy : " Sont autorisées les occupations et utilisations du sol suivantes : () Les exhaussements et affouillements s'ils sont liés à des constructions ou des aménagements d'ensemble et à la condition de ne pas modifier profondément la topographie (1 mètre maximum) ".
16. Si les requérants se prévalent, en limite du tènement sur le plan de coupe joint au dossier de demande, d'un écart de hauteur entre le terrain naturel et le terrain après travaux de 1,09 mètres, la hauteur de déblaiement en cause ne saurait être établie par la seule apposition d'une telle valeur numérique sur ce plan, à l'exclusion de toute justification de cette mesure. Le moyen afférent doit ainsi être écarté.
17. En huitième lieu, aux termes de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Cessy : " Les caractéristiques des accès doivent : - permettre de satisfaire aux conditions normales de desserte des constructions, - permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte telles que défense contre l'incendie, protection civile, brancardage et sécurité, - apporter la moindre gêne à la circulation publique ". Selon l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
18. Le projet en litige prévoit un accès existant donnant sur la rue du Jura, accès disposé orthogonalement à la voie de desserte interne de ce projet dans la zone décrite ci-dessus grevée d'une servitude de passage. La largeur de cet accès, correspondant à la portion de terrain utilisée au contact de la voie publique, et sa conformation, s'agissant d'un accès perpendiculaire à la voie précitée, ne caractérisent aucun risque particulier, notamment au regard du retrait par rapport à la voie publique et aux manœuvres afférentes d'entrée et de sortie, ainsi que l'a relevé l'avis favorable du conseil départemental de l'Ain du 26 mai 2021. Si les requérants font valoir que l'engagement sur la voie de desserte interne du projet nécessite des manœuvres contrariées par des obstacles existants, les dispositions invoquée du plan local d'urbanisme n'ont pas vocation à régir les caractéristiques et conditions d'utilisation d'une telle voie interne et le moyen tiré de la méconnaissance de ces dernières dispositions, soulevé pour la première fois dans le mémoire complémentaire des requérants enregistré le 1er février 2022, n'apparaît pas recevable en application des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, et alors que l'appréciation des possibilités d'intervention des services de secours pour l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme n'est pas limitée au seul terrain d'assiette du projet mais peut, le cas échéant emprunter les autres espaces libres environnant, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées doivent être écartés.
19. En neuvième lieu, aux termes de l'article UB 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Cessy : " les opérations d'ensemble devront prévoir un point de rassemblement commun délimité. Il devra être aménagé de manière à ne pas générer de nuisances pour le voisinage et à garantir son intégration paysagère ". Ce règlement définit les opérations d'ensemble comme " toute opération ayant pour effet de porter à 2 au moins, le nombre de lots ou de constructions issu de ladite opération ".
20. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans de division et de masse joints au dossier de demande de permis de construire, que le projet en litige prévoit la division du tènement en deux lots ainsi que l'édification de deux maisons individuelles séparées par des garages, correspondant ainsi à plusieurs constructions accolées sans communications fonctionnelles. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que les exigences des dispositions de l'article UB 4 précitées s'appliquaient au projet et à relever leur méconnaissance en l'absence de point de rassemblement des ordures ménagères commun délimité. Le moyen doit ainsi être retenu.
21. En dixième lieu, aux termes de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Cessy, relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " 1- () Champ d'application : Les règles d'implantation de l'article 6 s'appliquent à l'ensemble des places et voies publiques ainsi qu'aux voies privées ouvertes à la circulation publique. () Les dispositions de l'article 6 s'appliquent lot par lot par rapport aux espaces communs que ce soit à l'intérieur d'un lotissement ou dans le cadre d'un permis valant division. () 2- Règles générales () Les façades principales des constructions doivent être implantées à 5 mètres minimum de l'alignement ou de la limite voie privée ".
22. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire en litige prévoit une division déterminant une voie privée, commune aux acquéreurs des lots, y compris de ceux résultant de la division en jouissance des constructions projetées, ainsi qu'en atteste le projet de création d'association syndical produit. Si les dispositions précitées de l'article UB 6 ont vocation à s'appliquer par rapport à un tel espace commun, ce n'est qu'à la condition prévue par ces dispositions que la voie privée en cause soit ouverte au public. Dès lors qu'il ne ressort nullement des pièces du dossier que ladite voie commune serait ouverte à une telle fréquentation publique, à laquelle fait obstacle ses modalités d'accès et la nature des constructions desservies, les requérants ne sauraient utilement invoquer l'application de ces dispositions au projet en litige. Le moyen doit ainsi être écarté.
23. En onzième lieu, aux termes de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Cessy : " En référence à l'article R 111-21 du Code de l'Urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () Pour les enduits et peintures de façade, l'utilisation de couleurs de tons vifs ou saturés est interdite y compris le blanc pur. Les couleurs choisies seront de tons pastels et devront l'être en respectant celles utilisées dans le quartier ".
24. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet en litige a vocation à s'insérer dans un environnement bâti essentiellement constitué de maisons individuelles à deux ou trois niveaux dans un compartiment urbanisé, dépourvu de caractéristique architecturales particulières, à proximité du Château de Cessy et de son parc arboré, repérés comme patrimoine naturel ou bâti à préserver par le plan local d'urbanisme de la commune de Cessy. Dans ces conditions, c'est sans rupture avec un tel environnement que s'insère le projet en litige, constitué de deux maisons individuelles à deux niveaux et garages, lesquelles ne présentent, à l'instar de leur environnement immédiat, aucune caractéristique architecturale saillante.
25. D'autre part, il ressort des mentions de la notice descriptive du projet joint au dossier de demande de permis de construire que la teinte choisie pour les façades des constructions projetées correspond à une teinte PAREX G.00 Naturel, dont il ressort des nuanciers produits par les parties, corroborés en cela par le document graphique d'insertion, qu'elle doit être assimilée à un blanc pur proscrit par les dispositions précitées. Le moyen afférent doit ainsi être accueilli dans cette mesure.
26. En douzième lieu, aux termes de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Cessy : " Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré sur l'unité foncière support du permis de construire. Les normes à prendre en compte sont définies ci-après par destination. Elles sont cumulatives en cas de juxtaposition ou d'imbrication de destinations. Chaque place de stationnement doit être dimensionnée pour accueillir un véhicule léger et être accessible directement depuis la voie d'accès (les places de stationnement accessibles depuis une autre place de stationnement ne seront pas comptabilisées dans le nombre de place de stationnement exigibles). () Destination habitation / Stationnement minimum à prévoir / Par logement, 1 place par 50 m² de surface de plancher limitée à 3 places maximum dont 1 couverte au minimum ".
27. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige prévoit six places de stationnement pour deux logements, clairement identifiables sur le plan de masse et corroborées par les éléments déclaratifs d'impositions, indiquant quatre places non-couvertes et 54 m² de stationnement couvert. Il ressort également de ce plan de masse que les deux places de stationnement couvertes, dans les garages prévus, sont disposées en enfilade des deux places de stationnement non-couverte commandant l'entrée des garages. Dans ces conditions, le projet, par application des règles de décompte prévues par les dispositions précitées, ne peut être regardé comme satisfaisant à la condition de création d'une place de stationnement couverte par logement.
28. En treizième lieu, aux termes de l'article UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Cessy : " les plantations existantes doivent être entretenues ou remplacées par des plantations équivalentes (hors projet d'aménagement paysager d'ensemble) ".
29. Ainsi qu'il a été dit précédemment, il ressort de la comparaison des plans de masse et de division joints au dossier de demande que deux arbres sont voués à l'abattage pour la réalisation du projet. Toutefois, aucune plantation de remplacement de ces arbres n'apparaît prévue par le même dossier de demande, en méconnaissance des dispositions précitées. Dans ces conditions, le moyen afférent doit être retenu.
En ce qui concerne les conséquences de l'illégalité constatée :
30. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. " Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
31. Les vices affectant la légalité du permis de construire contesté, tels qu'ils ont été relevés aux points 20, 25, 27 et 29 du présent jugement, n'affectent que des parties identifiables du projet et sont susceptibles d'être régularisés. Dans ces conditions, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme précité et de prononcer l'annulation partielle de l'arrêté du 12 août 2021 en tant qu'il méconnaît les articles UB 4, UB 11, UB 12 et UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Cessy dans les conditions précisées par le présent jugement.
Sur les frais du litige :
32. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. J et Mme I, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnés à verser la somme que demandent les pétitionnaires sur leur fondement. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la commune de Cessy à verser aux requérants une somme de 1 400 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de la commune de Cessy du 5 juillet 2021 portant permis de construire est annulé en tant que le projet autorisé méconnaît les dispositions des article UB 4, UB 11, UB 12 et UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme de cette commune dans les conditions précisées par le présent jugement.
Article 2 : La commune de Cessy versera à M. J et Mme I une somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus de conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. K J, représentant unique des requérants, à M. D B, Mme C A, M. M H et Mme G E et à la commune de Cessy.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Deniel, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026