jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2106891 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | LAROUDIE |
Vu la procédure suivante :
I.- Par une requête et des mémoires enregistrés les 30 août et 8 novembre 2021, le 24 avril 2023 et le 15 janvier 2024 sous le n° 2106891, Mme A B, représentée par Me Laroudie, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 juillet 2021 par laquelle la directrice adjointe des ressources humaines de la région Auvergne-Rhône-Alpes lui a attribué une rente d'invalidité sur la base d'un taux d'invalidité permanente partielle fixé à 25 % ;
2°) d'enjoindre à la région Auvergne-Rhône-Alpes de réexaminer et de régulariser sa situation en fixant son taux d'invalidité à 50 % ou, à défaut, à 33% ;
3°) de mettre les frais de l'expertise d'un montant de 1676,40 € à la charge de la région Auvergne-Rhône-Alpes ;
4°) de mettre à la charge de la région Auvergne-Rhône-Alpes la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le tribunal est compétent pour connaître de sa requête et que le taux d'invalidité permanente partielle de 25 % qui a été retenu ne correspond pas à la réalité de son état de santé.
Par des mémoires en défense enregistrés les 27 mars et 11 mai 2023 ainsi que le 23 janvier 2024, la région Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête n'est pas recevable, le tribunal n'étant pas compétent pour fixer un taux d'invalidité, et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
II.- Par une requête et des mémoires enregistrés le 28 mars 2022, le 24 avril 2023 et le 15 janvier 2024 sous le n° 2202355, Mme A B, représentée par Me Laroudie, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 février 2022 du responsable de l'unité maladie-retraite de la région Auvergne-Rhône-Alpes portant refus de prise en charge de soins liés à son accident de service du 29 août 2017 après la date du 20 décembre 2020 ;
2°) d'enjoindre à la région Auvergne-Rhône-Alpes de prendre à sa charge les soins post-consolidation prévus par le protocole établi le 27 avril 2021 pour la période courant jusqu'au 20 décembre 2025 ;
3°) de mettre à la charge de la région Auvergne-Rhône-Alpes les frais de l'expertise d'un montant de 1676,40 euros ;
4°) de mettre à la charge de la région Auvergne-Rhône-Alpes la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la fixation de la période de soins post-consolidation qui lui est opposée ne correspond pas à la réalité et aux exigences du suivi de son état de santé.
Par des mémoires en défense enregistrés les 7 avril et 11 mai 2023 ainsi que le 23 janvier 2024, la région Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par lettre du 8 janvier 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des litiges relatifs à l'application d'une législation de sécurité sociale.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le décret n° 77-812 du 13 juillet 1977 relatif au régime de sécurité sociale des agents stagiaires des départements, des communes et de leurs établissements publics n'ayant pas le caractère industriel ou commercial ;
- le décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet,
- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gertz pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes visées ci-dessus sont relatives à la situation d'une même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commue. Il y a lieu de les joindre pour qu'elles fassent l'objet d'un même jugement.
2. Recrutée en qualité d'adjointe technique territoriale stagiaire par la région Auvergne-Rhône-Alpes à compter du 1er septembre 2016, Mme B a été victime d'un accident de service le 29 août 2017. La commission départementale de réforme ayant considéré, le 17 novembre 2020, que la date de consolidation de l'état de santé de Mme B pouvait être fixée au 19 juin 2020, qu'un taux d'incapacité permanente de 25% pouvait être retenu et que celle-ci présentait une inaptitude permanente et définitive à toutes fonctions, Mme B n'a pas été titularisée et a été licenciée pour inaptitude physique à compter du 1er mars 2021 par une décision du 9 février précédent. Mme B conteste la décision du 7 juillet 2021 par laquelle la directrice adjointe des ressources humaines de la région Auvergne-Rhône-Alpes lui a attribué une rente d'invalidité sur la base d'un taux d'invalidité permanente fixé à 25 % ainsi que la décision du 24 février 2022 portant rejet de sa demande de prise en charge de soins post-consolidation au titre de son accident de service de 2017 au-delà du 20 décembre 2020.
Sur les conclusions de la requête n° 2106891 :
3. Aux termes de l'article 6 du décret n° 77-812 du 13 juillet 1977 : " L'agent stagiaire n'ayant pas la qualité de titulaire dans une collectivité immatriculée à la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales qui, ayant été reconnu par la commission départementale de réforme des agents des collectivités locales comme étant dans l'impossibilité définitive et absolue de reprendre ses fonctions, est licencié en raison d'infirmités résultant de blessures ou maladies contractées en service, a droit, à la date de la stabilisation de son état ou de la consolidation de sa blessure, à une rente calculée dans les conditions fixées par le livre IV du code de la sécurité sociale ".
4. Aux termes de l'article L. 142-8 du code de la sécurité sociale : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 () ". Aux termes de l'article L. 142-1 du même code : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale () ". Eu égard à la nature du différend, les litiges relatifs à l'application aux agents publics du régime de sécurité sociale, qu'il s'agisse du régime général ou d'un régime spécial, échappent à la juridiction administrative, celle-ci ne pouvant connaître que des litiges portant sur des prestations ou avantages inhérents à leur statut.
5. Si, pour demander l'annulation de la décision du 7 juillet 2021, Mme B conteste le taux d'incapacité permanente partielle sur la base duquel la région Auvergne-Rhône-Alpes a déterminé le montant de sa rente d'invalidité, le litige qu'elle soumet au tribunal, ayant trait à la situation d'un agent stagiaire relevant des dispositions précitées de l'article 6 du décret du 13 juillet 1977, n'est pas au nombre de ceux dont il appartient au juge administratif de connaître.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête n° 2106891 de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentés par la région Auvergne-Rhône-Alpes au titre des frais d'instance.
Sur les conclusions de la requête n° 2202355 :
8. Si Mme B conteste le refus que les services de la région Auvergne-Rhône-Alpes ont opposé le 24 février 2022 à sa demande tendant à la prise en charge financière des soins requis par son état de santé au-delà du 20 décembre 2020, le litige soumis au tribunal a trait à la prise en charge des prestations en nature liées à l'accident de travail subi par la requérante alors qu'elle était stagiaire et selon des modalités liées à cette dernière qualité et non à son statut. Dans ces conditions et pour les motifs exposés au point 4, la requête de Mme B n'est pas au nombre de celles dont il appartient au juge administratif de connaître et doit être rejetée en toutes ses conclusions.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentés par la région Auvergne-Rhône-Alpes au titre des frais d'instance.
DECIDE :
Article 1er : La requête n° 2106891 de Mme B est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions de la région Auvergne-Rhône-Alpes présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans l'instance n° 2106891 sont rejetées.
Article 3 : La requête n° 2202355 de Mme B est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 4 : Les conclusions de la région Auvergne-Rhône-Alpes présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans l'instance n° 2202355 sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 29 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
Le rapporteur,
F-X. Richard-RendoletLe président,
A. Gille
La greffière,
L. Khaled
La République mande et ordonne au préfet du Rhône, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier - 2202355
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026