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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2107016

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2107016

jeudi 15 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2107016
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantALBISSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 septembre 2021, Mme B A, représentée par la SELARL Strat Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2021 par lequel la maire de Lentilly a accordé à la SARL un permis d'aménager, en trois lots à bâtir, un terrain situé chemin de la Rivoire, ainsi que la décision du 2 juillet 2021 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Lentilly la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

- sa requête est recevable, le jugement du 8 avril 2021 ne préjudiciant pas aux droits des tiers ;

- elle justifie d'un intérêt à agir, sa propriété jouxtant le terrain d'assiette du projet d'aménagement qui prévoit plusieurs lots à bâtir sur une parcelle jusque-là intégralement végétalisée, ainsi qu'une voie de desserte interne longeant sa parcelle et huit places de stationnement de nature à générer des nuisances sonores ;

- le permis d'aménager a été signé par un conseiller qui ne justifie pas d'une délégation de signature exécutoire le lui permettant ;

- le dossier de demande est incomplet, à défaut de préciser la superficie réelle du terrain à aménager, en méconnaissance de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme ; il contrevient à l'article R. 441-3 de ce code, dès lors que l'état initial du terrain présenté est erroné et que les arbres supprimés ne sont pas localisés ; la présentation des abords et de la partie de l'unité foncière non incluse dans le lotissement est insuffisante ; le dossier est imprécis, faute de présenter les vues exigées par l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme ;

- le projet est entaché de fraude, dans la mesure où le détachement des parcelles " hors lotissement rattachées aux lots contigus " a pour seul objet de diminuer la superficie du terrain à aménager pour éviter le recours obligatoire à un architecte ou un paysagiste concepteur prévu par l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme, la zone humide de la Rivoire n'ayant pas été prise en compte, alors que la constructibilité du lot 1 est de nature, par elle-même, à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement ;

- il contrevient à l'article L. 425-15 du code de l'urbanisme, en l'absence de prescription soumettant l'exécution du permis à une déclaration préalable au titre de la loi sur l'eau, les dispositifs de gestion des eaux pluviales modifiant nécessairement la morphologie du cours d'eau traversant le terrain d'assiette ;

- il ne respecte pas les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, en l'absence de réseau d'assainissement des eaux pluviales au droit du chemin de la Rivoire et alors que des travaux ne sont pas programmés ;

- il méconnaît l'article UC3 du règlement du plan et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ; la pente est supérieure à 10 % au niveau de l'accès au droit de la voie publique ; elle ne permet pas de garantir la sécurité des usagers, ni l'accessibilité des véhicules du service de lutte contre l'incendie et de secours ; la voie publique, interdite à la circulation des véhicules de plus de 7,5 tonnes, ne permet pas l'accès au fourgon pompe du SDMIS ; la voie nouvelle de desserte des lots en impasse ne comprend pas une aire de manœuvre sécurisée ;

- le projet méconnaît l'article UC4 du règlement du plan local d'urbanisme ainsi que l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, l'incomplétude de la note de calcul hydraulique ne garantissant pas une gestion adéquate des ruissellements des eaux pluviales au droit des aménagements litigieux ; le merlon et la bordure au droit de la voirie projetés sont de nature à provoquer un ruissellement accru sur sa parcelle et à intensifier la problématique de gestion du ruissellement des eaux pluviales sur le chemin de la Rivoire ;

- il ne respecte pas l'article UC13 du règlement du plan local d'urbanisme, à défaut de prévoir des espaces collectifs.

Par un mémoire enregistré le 2 juin 2022, la commune de Lentilly, représentée par Me Albisson, laisse le soin au tribunal d'apprécier si un ou plusieurs moyens soulevés par Mme A est susceptible d'emporter l'annulation du permis d'aménager et demande qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Mme Monteiro, rapporteure publique,

- les observations de Me Grenet, pour Mme A ;

- les observations de Me Albisson pour la commune de Lentilly ;

- et les observations de Me Perrier pour la SARL .

Considérant ce qui suit :

1. Par un jugement du 8 avril 2021, le tribunal administratif de Lyon a annulé la décision de la maire de Lentilly du 11 mars 2019 refusant de délivrer à la SARL un permis d'aménager en trois lots à bâtir sur un terrain situé chemin de la Rivoire, sur le territoire communal. En exécution de l'injonction également prononcée par ce jugement, la maire de Lentilly a accordé, par un arrêté du 19 avril 2021, le permis d'aménager. Mme A en a sollicité, le 16 juin 2021, le retrait, qui lui a été refusé par un courrier du 2 juillet 2021. Mme A demande l'annulation de ces deux décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis () d'aménager () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ". En application de l'article L. 2131-1 de ce code, dans sa version applicable au litige : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () ".

3. La décision litigieuse a été signée par M. Magnoli, conseiller au maire délégué, titulaire d'une délégation de fonction et de signature de la maire de Lentilly par arrêté du 18 juillet 2020, comprenant notamment l'instruction et la délivrance des autorisations d'urbanisme. Cette délégation, réceptionnée en préfecture le 23 juillet 2020 et présumée affichée au regard de ses mentions, était ainsi exécutoire à la date de la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté du 19 avril 2021 doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme : " La demande de permis d'aménager précise : () / b) La localisation et la superficie du ou des terrains à aménager ; () ". Aux termes de l'article R. 441-3 de ce code : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; () / d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; () ". En application de son article R. 441-4, le projet comprend également " Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître les constructions et les plantations existantes, les équipements publics qui desservent le terrain, ainsi que, dans le cas où la demande ne concerne pas la totalité de l'unité foncière, la partie de celle-ci qui n'est pas incluse dans le projet d'aménagement ". Enfin, son article R. 442-5 impose de joindre à la demande d'un permis d'aménager un lotissement un projet architectural, paysager et environnemental qui comporte, notamment, deux vues et coupes faisant apparaître la situation du projet dans le profil du terrain naturel.

5. La circonstance que le dossier de demande de permis d'aménager ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis d'aménager qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

6. En l'espèce, la demande de permis déposée le 14 août 2018 porte sur un terrain à aménager d'une superficie apparente, donc sans garantie de limite en l'absence de bornage, de 2 495 m². Les différents plans, présentés à l'échelle, permettent d'établir la superficie des différents lots, des espaces communs de même que des parties de l'unité foncière non incluses dans le lotissement et précisément identifiées. La notice descriptive indique que le projet d'aménagement prend place sur un terrain en friche, décrit dans la note de calcul hydraulique, également jointe au dossier, comme comportant une végétation dense composée d'orties, ronces et chardons. Des prises de vues, identifiées sur le plan cadastral, ainsi que des photographies insérées dans la note, permettent de situer le projet dans son environnement proche et lointain, alors que les divers plans attestent des espaces collectifs projetés et du maintien d'arbres de haute tige sur certains lots, de sorte que la maire disposait des éléments suffisants pour apprécier l'impact du projet sur la végétation existante sur le terrain. Enfin, quand bien même le dossier ne comprend pas de vues faisant apparaître le profil du terrain naturel, les cotes altimétriques et courbes de niveau sont mentionnées sur l'ensemble des plans alors que les informations topographiques portées dans la notice font état d'une déclivité d'environ 9 % dans le sens est-ouest. Ainsi, quand bien même ces éléments d'information étaient dispersés dans diverses pièces du dossier de demande, la maire de Lentilly pouvait apprécier la conformité du projet aux règles d'urbanisme applicables. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le dossier de demande de permis d'aménager était incomplet, la circonstance que la végétation présente sur le terrain d'assiette se soit densifiée depuis le dépôt de la demande, ainsi qu'il ressort d'un constat d'huissier établi en décembre 2021, étant sans incidence particulière.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis d'aménager concernant un lotissement ne peut être instruite que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation a fait appel aux compétences nécessaires en matière d'architecture, d'urbanisme et de paysage pour établir le projet architectural, paysager et environnemental dont, pour les lotissements de surface de terrain à aménager supérieure à un seuil fixé par décret en Conseil d'Etat, celles d'un architecte au sens de l'article 9 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture ou celles d'un paysagiste concepteur au sens de l'article 174 de la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. " En vertu de l'article R. 441-4-2 de ce code, ce seuil est fixé, pour les demandes de permis d'aménager déposées à compter du 1er mai 2017, à deux mille cinq cents mètres carrés.

8. Ainsi qu'il a déjà été dit, le projet porte sur un lotissement dont le terrain à aménager présente une superficie de 2 495 m². Il ressort des pièces jointes à la demande de permis qu'une partie de l'unité foncière, de 537 m², est présentée comme située hors lotissement, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 441-4 du code de l'urbanisme. Elle est divisée en trois parcelles, chacune étant contiguë à un lot du projet. Toutefois, aucun élément ne permet d'établir que cette partie non comprise dans le terrain d'assiette aurait dû être incluse dans le projet d'aménagement. Ainsi, aucune intention frauduleuse de la pétitionnaire, au regard des informations portées à la connaissance de la maire de Lentilly, n'est démontrée.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. () ". Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, sans prise en compte des perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Une modification de la consistance d'un des réseaux publics que ces dispositions mentionnent, notamment du réseau public de distribution d'eau, ne peut être réalisée sans l'accord de l'autorité administrative compétente.

10. Par ailleurs, en application de l'article L. 332-15 de ce code, " L'autorité qui délivre l'autorisation () d'aménager, ou de lotir exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement () du terrain aménagé ou du lotissement, (). / L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures. () ".

11. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de principe des réseaux, que le projet prévoit le raccordement du terrain au réseau public d'eaux pluviales existant à moins de 100 mètres sous le chemin de la Rivoire, ainsi que la collecte des eaux de pluie, sur chacun des trois lots, par une cuve de rétention de 9 m³ à la charge des futurs acquéreurs, avant rejet dans le ruisseau existant, contrôlé par un débit de fuite de 1 l/s. Un ouvrage de rétention collectif de 5 m³ est également prévu au niveau des espaces verts communs avec un débit de fuite de 2 l/s, ainsi que l'installation de merlons, en limite sud et sur le lot 1. Les eaux de ruissellement de la voirie seront recueillies par des grilles d'engouffrement réparties sur le terrain, un " caniveau grille " étant installé sur toute la largeur de l'accès au lotissement. L'étude communale établie en mai 2017 dont se prévaut la requérante révèle non pas l'inexistence d'un réseau de gestion des eaux pluviales dans le secteur du Rivoire, mais son sous-dimensionnement au regard de l'urbanisation du secteur et de la densification urbaine alors programmée. Elle préconise, notamment en raison du rejet des eaux de voieries sur un terrain privé situé au terme de l'impasse ayant vocation à être urbanisé à court terme, correspondant au terrain d'assiette en litige, des travaux de redimensionnement du réseau existant ou de reconfiguration du réseau en amont de l'impasse, dont aucun élément du dossier ne permet d'établir qu'ils n'auraient pas été réalisés. Compte tenu du système de gestion des eaux de pluies projeté, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que ce système aurait fait l'objet d'un avis défavorable du service gestionnaire du réseau, la requérante n'établit pas que le projet litigieux rendrait nécessaires des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité du réseau public d'eaux pluviales à la charge de la collectivité. Dans ces conditions, la maire de Lentilly n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme en délivrant à la SARL le permis d'aménager.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 425-14 du code de l'urbanisme : " () lorsque le projet est soumis à autorisation environnementale, en application du chapitre unique du titre VIII du livre Ier du même code, ou à déclaration, en application de la section 1 du chapitre IV du titre Ier du livre II dudit code, le permis ou la décision de non-opposition à déclaration préalable ne peut pas être mis en œuvre : / 1° Avant la délivrance de l'autorisation environnementale mentionnée à l'article L. 181-1 du même code ; / 2° Avant la décision d'acceptation, pour les installations, ouvrages, travaux et activités soumis à déclaration en application du II de l'article L. 214-3 du même code. " Aux termes de l'article L. 425-15 du même code : " Lorsque le projet porte sur des travaux devant faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement, le permis ou la décision de non-opposition à déclaration préalable ne peut pas être mis en œuvre avant la délivrance de cette dérogation. "

13. Ces dispositions ne conditionnent pas la délivrance d'une autorisation d'urbanisme, mais seulement sa mise en œuvre, à la délivrance, le cas échéant, d'une décision d'acceptation de la déclaration prévue à l'article L. 214-3 du code de l'environnement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-14 du code de l'urbanisme, et a fortiori de l'article L. 425-15 de ce code, en l'absence de déclaration prévue à l'article L. 214-3 du code de l'environnement, inopérant, doit être écarté.

14. En sixième lieu, aux terme de l'article Uc 3 du règlement du plan local d'urbanisme applicable au litige : " Accès et voirie / ACCES : / 1) L'accès des constructions doit être assuré par une voie publique ou privée, et aménagé de façon à ne pas présenter de risque pour la sécurité des biens et des usagers des voies ou pour celle des personnes utilisant ces accès. () / 5) Les 5 derniers mètres des accès comptés depuis l'alignement ne pourront excéder une pente de 10 %. / VOIRIE : / 1) Les voies publiques ou privées destinées à accéder aux constructions doivent avoir des caractéristiques techniques adaptées aux usages qu'elles supportent, aux opérations qu'elles doivent desservir et notamment à l'approche du matériel de lutte contre l'incendie, comme aux véhicules de service. / 2) () / Les voies en impasse doivent être aménagées dans leur partie terminale de telle sorte que les véhicules puissent faire demi-tour. ".

15. Par ailleurs aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "

16. Ainsi que le fait valoir la requérante, les courbes altimétriques référencées sur le plan de composition du projet attestent d'une pente supérieure à 10 % sur les 5 derniers mètres comptés depuis l'alignement, compte tenu en particulier d'un dénivelé de 0,5 mètre sur les 3 derniers mètres. En revanche, il n'apparaît pas, du fait de cette pente assortie d'une déclivité latérale, que l'accès du lotissement présenterait un risque pour la sécurité des usagers ni qu'il ferait obstacle à l'accessibilité des véhicules du service de lutte contre l'incendie et de secours, pas plus que l'interdiction de circulation faite aux poids-lourds de plus de 7,5 tonnes sur le chemin de la Rivoire, qui dessert, au demeurant, d'ores et déjà, de nombreuses maisons d'habitation. De même, la topographie du terrain ne rend pas les manœuvres sur l'aire de retournement prévue, du fait de sa pente moyenne de 9 %, dangereuses. Ainsi, Mme A est seulement fondée à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions du 5) de l'article Uc 3 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'accès. Les moyens tirés du non-respect des autres dispositions de cet article et de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doivent être écartés.

17. En septième lieu, aux termes de l'article Uc 4 de ce même règlement : " Desserte par les réseaux () / Eaux pluviales : / Les réseaux internes aux opérations de lotissements, ZAC, doivent obligatoirement être de type séparatif. / Toute surface imperméabilisée par l'aménagement et la construction (terrasse, toiture, voirie) doit être compensée par un système de gestion des eaux de ruissellement sur le tènement de l'opération : les eaux de ruissellement seront soit infiltrées sur la parcelle (le rejet doit être prévu et adapté au milieu récepteur) soit stockées dans des ouvrages de façon à ralentir le rejet, soit les deux L'ensemble du dispositif doit être conçu de façon à ce que le débit généré après l'aménagement soit équivalent à ce qu'il était avant l'aménagement. / Les canalisations de surverse et de débit de fuite doivent être dirigées : dans le réseau d'eau pluviale s'il existe ou dans le fossé ou le ruisseau en l'absence de réseau collectif. "

18. Le choix des dispositifs de gestion des eaux pluviales sur le terrain à aménager résulte de la note de calcul hydraulique établie en tenant compte des réseaux et fossés existants, des débits et sens des ruissellements au regard des écoulements en surface et canalisés, du contexte hydrogéologique et des prescriptions tant du règlement du plan local d'urbanisme citées au point précédent que du plan de prévention des risques d'inondation de la Brévenne et de la Turdine relatives à la zone blanche. Les ouvrages proposés sont ainsi dimensionnés pour une période de retour de 100 ans avec un débit de fuite dont le seuil maximal est fixé à 5 l/s. Alors que la requérante ne conteste aucun des paramètres retenus par cette note, il n'apparaît pas que le système projeté serait insuffisant pour répondre aux exigences posées par l'article Uc 4 du règlement du plan local d'urbanisme, quand bien même la note ne mentionne pas l'exutoire des eaux de voieries sur le terrain d'assiette relevé par l'étude communale de 2017, eu égard au " caniveau grille " prévu sur toute la largeur de l'accès du lotissement. Mme A n'apporte aucun élément de nature à établir que les merlons prévus, notamment en limite de sa propriété, de même que la bordure projetée au droit de la voirie, seraient de nature à provoquer un ruissellement accru sur sa parcelle et à intensifier la problématique de gestion du ruissellement des eaux pluviales sur le chemin de la Rivoire. Par suite, la maire de Lentilly n'a commis aucune erreur manifeste dans l'appréciation des risques pour la salubrité publique générés par le projet d'aménagement en litige, ni n'a méconnu l'article Uc 4 du règlement du plan local d'urbanisme.

19. En huitième lieu, aux termes de l'article Uc 13 du même règlement : " Espaces libres - Aires de jeux et de loisirs - Plantations / () / 2) Dans les ensembles d'habitations, il est exigé des espaces collectifs (cheminements piétonniers, pistes cyclables, aires de jeux, espaces récréatifs) autres que voies de desserte et les stationnements à raison d'au moins 10 % de la surface totale de l'opération. Ces espaces collectifs seront plantés et seront de préférence traités en allées ou promenades plantées le long des voies de desserte. ()".

20. Le projet prévoit, pour se conformer à ces dispositions, des espaces collectifs de 250 m² composés essentiellement d'espaces végétalisés, qui, eu égard au libellé général de ces dispositions, doivent être regardés comme inclus dans la définition des espaces collectifs. S'il convient cependant d'en exclure l'aire de stockage des ordures ménagères de 2 m², le trottoir qui borde l'espace collectif de 235 m² identifié sur les plans, non inclus dans cette superficie, correspond à un cheminement piétonnier qui présente une superficie supérieure à celle qui doit ainsi être exclue. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article Uc 13 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

21. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Ces prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement. ".

22. Il résulte de ces dispositions qu'elles ne permettent pas à l'autorité administrative de refuser une autorisation d'urbanisme, mais seulement de l'accorder sous réserve du respect de prescriptions spéciales relevant de la police de l'urbanisme, telles que celles relatives à l'implantation ou aux caractéristiques des bâtiments et de leurs abords, si le projet de construction est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Le lot 1 est couvert en partie par une zone humide, décrite dans le plan des réseaux d'eaux pluviales de la commune mis à jour en janvier 2017 comme une petite zone avec prairies et boisements comportant des saules têtards et des mares, qui ne faisait toutefois pas l'objet sur le terrain d'assiette, jusqu'à la révision du plan approuvée en mars 2020, d'une protection particulière. En tout état de cause, Mme A ne peut se prévaloir des dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme pour soutenir qu'un refus aurait dû être opposé à la demande de permis d'aménager.

Sur les conséquences de l'illégalité de la décision contestée :

23. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. (). "

24. Le vice affectant la légalité du permis d'aménager, relevé au point 16 du présent jugement, concerne une partie précise du projet et peut être régularisé sans apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Par suite, le permis d'aménager du 19 avril 2021 doit être annulé en tant qu'il autorise la création d'un accès présentant une pente supérieure à 10 % sur les 5 derniers mètres comptés depuis l'alignement. La décision du 2 juillet 2021 doit par suite être annulée en tant qu'elle refuse, sur ce point, de faire droit au recours gracieux. La pétitionnaire disposera d'un délai de trois mois pour solliciter la régularisation de cet élément du projet.

Sur les frais de l'instance :

25. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter l'ensemble des conclusions des parties présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : L'arrêté de la maire de Lentilly du 19 avril 2021 est annulé en tant qu'il autorise la création d'un accès présentant une pente supérieure à 10 % sur les 5 derniers mètres comptés depuis l'alignement. La décision du 2 juillet 2021 est annulée en tant qu'elle refuse, sur ce point, de faire droit au recours gracieux.

Article 2 : La SARL disposera d'un délai de trois mois afin de solliciter la régularisation de l'élément mentionné à l'article 1er.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la commune de Lentilly et à la SARL .

Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Pascal Chenevey, président,

Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,

Mme Marine Flechet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.

La rapporteure,

K. C

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

G. Reynaud

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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