vendredi 18 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2107238 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | COTTIGNIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 septembre 2021, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 5 juillet 2021 par laquelle le président du centre communal d'action sociale de Lyon a refusé de lui accorder le bénéfice d'un congé bonifié pour la période allant du 18 décembre 2021 au 8 janvier 2022.
Il soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le centre de ses intérêts matériels et moraux se trouve en Guyane.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 février 2022, le centre communal d'action sociale de Lyon, représenté par Me Cottignies, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. A le versement de la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête de M. A est, conformément à l'article R. 411-1 du code de justice administrative, irrecevable en l'absence de conclusions précises ;
- à titre subsidiaire, M. A ne remplissait pas les conditions ouvrant droit au bénéfice d'un congé bonifié en ce qu'il ne démontrait pas posséder le centre de ses intérêts matériels et moraux en Guyane.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 78-399 du 20 mars 1978 ;
- le décret n° 88-168 du 15 février 1988 ;
- le décret n° 2020-851 du 2 juillet 2020 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Gestionnaire de ressources humaines, exerçant ses fonctions au sein du centre communal d'action sociale de Lyon depuis le 16 avril 2018, M. A y sera titularisé le 16 avril suivant. Par un courrier du 28 mars 2021, l'intéressé a sollicité le bénéfice d'un congé bonifié souhaitant se rendre en Guyane, du 18 décembre 2021 au 8 janvier 2022. Toutefois, par une décision du 5 juillet 2021, dont M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation, le président du centre communal d'action sociale de Lyon a refusé de faire droit à cette demande.
2. Aux termes d'une part, de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : 1° A un congé annuel avec traitement dont la durée est fixée par décret en Conseil d'Etat. / Le fonctionnaire territorial originaire des départements de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique, de Mayotte, de La Réunion et de la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon exerçant en métropole bénéficie du régime de congé institué pour les fonctionnaires de l'Etat ; () ". Aux termes d'autre part, de l'article 1er du décret du 15 février 1988 modifié pris pour l'application des dispositions du deuxième alinéa du 1° de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction alors applicable : " Sous réserve des dispositions du présent décret, le régime de congé dont bénéficient les fonctionnaires territoriaux dont le centre des intérêts moraux et matériels est situé en Guadeloupe, en Guyane, à la Martinique, à La Réunion, à Mayotte, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin ou à Saint-Pierre-et-Miquelon et exerçant en métropole est défini par les dispositions des articles 2 à 11 du décret du 20 mars 1978 susvisé. ". Enfin, selon les termes de l'article 1er du décret du 20 mars 1978 relatif à la prise en charge des frais de voyage du congé bonifié accordé aux magistrats, aux fonctionnaires civils de l'Etat et aux agents publics de l'Etat recrutés en contrat à durée indéterminée, dans sa rédaction alors applicable : " : " Les dispositions du présent décret s'appliquent aux magistrats, aux fonctionnaires relevant du statut général des fonctionnaires de l'Etat ainsi qu'aux agents publics recrutés en contrat à durée indéterminée par l'une des administrations mentionnées à l'article 2 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat qui exercent leurs fonctions :1° En Guadeloupe, en Guyane, à la Martinique, à La Réunion, à Mayotte, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin ou à Saint-Pierre-et-Miquelon et dont le centre des intérêts moraux et matériels est situé soit sur le territoire européen de la France, soit dans une autre des collectivités régies par les articles 73 et 74 de la Constitution ou en Nouvelle-Calédonie ; 2° Sur le territoire européen de la France si le centre de leurs intérêts moraux et matériels est situé dans l'une des collectivités régies par les articles 73 et 74 de la Constitution ou en Nouvelle-Calédonie. " et selon ceux de son article 7 qui prévoient que : " " Lorsque le magistrat, le fonctionnaire ou l'agent public recruté en contrat à durée indéterminé bénéficie d'un congé bonifié, ce congé est pris dans la collectivité ou le territoire européen de la France où se situe le centre de ses intérêts moraux et matériels.".
3. Il résulte de ces dispositions que pour apprécier la localisation du centre des intérêts matériels et moraux d'un fonctionnaire, il peut être tenu compte de son lieu de naissance, du lieu où se trouvent sa résidence et celle des membres de sa famille, du lieu où le fonctionnaire est soit propriétaire ou locataire de biens fonciers, soit titulaire de comptes bancaires, de comptes d'épargne ou de comptes postaux, ainsi que d'autres éléments d'appréciation parmi lesquels le lieu du domicile avant l'entrée dans la fonction publique de l'agent, celui où il a réalisé sa scolarité ou ses études, la volonté manifestée par l'agent à l'occasion de ses demandes de mutation et de ses affectations ou la localisation du centre des intérêts moraux et matériels de son conjoint ou partenaire au sein d'un pacte civil de solidarité.
4. M. A qui est né en Guyane en 1984, y a effectué sa scolarité, fait état de ce que l'ensemble des membres de sa famille y réside, qu'il y disposerait d'un compte bancaire et s'y serait rendu à plusieurs reprises, sans toutefois en justifier, précisant au demeurant qu'il n'y serait pas retourné depuis 2017. Toutefois, il est constant que l'intéressé a quitté la Guyane pour la métropole, en 2004, à l'âge de vingt ans, a fondé en métropole, son foyer composé de son épouse, avec laquelle il s'est marié en 2017, à Miribel, et de leurs enfants, nés tous trois sur le territoire métropolitain. M. A a effectué l'ensemble de ses études supérieures à Montpellier et sa carrière professionnelle en métropole, d'abord en Normandie où il sera recruté dans la fonction publique en 2010, puis à Lyon, où à compter de 2018, il exercera ses fonctions et sera titularisé en 2019 par le centre communal d'action sociale. Enfin, le requérant n'établit ni détenir un bien immobilier, ni être inscrit sur les listes électorales en Guyane. Par suite, le président du centre communal d'action sociale de Lyon n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que la localisation du centre des intérêts matériels et moraux de l'intéressé ne se trouvait pas en Guyane.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le centre communal d'action sociale de Lyon, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 5 juillet 2021.
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme réclamée par le centre communal d'action sociale de Lyon en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre communal d'action sociale de Lyon présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre communal d'action sociale de Lyon.
Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller.
M. Gueguen, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2022.
La présidente-rapporteure,
A. Baux
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
N. Pineau
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026