mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2107373 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 septembre 2021 et 15 juin 2022, Mme B C, représentée par la Selarl BS2A Bescou et Sabatier avocats associés (Me Sabatier), demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 3 mai 2022 par laquelle le préfet du Rhône a rejeté sa demande de regroupement familial présentée au bénéfice de sa sœur ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône d'admettre sa sœur au bénéfice du regroupement familial, ou de procéder au réexamen de sa demande, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, d'une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait, la demande de regroupement familial ayant été présentée au profit de sa sœur majeure et non de sa fille mineure ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La requête a été communiquée au préfet du Rhône, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Boulay, première conseillère.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante algérienne née le 22 février 1993, titulaire d'une carte de résident, a déposé le 19 mai 2020 une demande de regroupement familial au bénéfice de sa sœur, Mme A C, née le 7 octobre 2002, dont la garde lui a été confiée par acte de kafala ordonné par un jugement du tribunal de Remchi (Algérie) du 6 mars 2019. Par une décision du 3 mai 2022, le préfet du Rhône a refusé de faire droit à sa demande. Mme C demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 411-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'âge des enfants pouvant bénéficier du regroupement familial est apprécié à la date du dépôt de la demande ".
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que Mme A C, au bénéfice de laquelle la demande de regroupement familial a été présentée, était mineure à la date du dépôt de la demande, date à laquelle il convient de se placer pour en apprécier la légalité. D'autre part, si le préfet a à tort indiqué qu'il s'agissait de la fille de la requérante, cette erreur de plume apparaît sans incidence sur le sens de la décision attaquée dès lors que la charge de cette jeune femme a été confiée à la requérante par acte de kafala. Dès lors, les moyens tirés de ce que la décision attaquée serait entachée d'erreurs de fait et n'aurait pas été précédée d'un examen particulier de la demande doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes des stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Sans préjudice des dispositions de l'article 9, l'admission, sur le territoire français en vue de l'établissement des membres de famille d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an, présent en France depuis au moins un an sauf cas de force majeure, et l'octroi du certificat de résidence sont subordonnés à la délivrance de l'autorisation de regroupement familial par l'autorité française compétente./ Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : / 1-le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont prises en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales. L'insuffisance des ressources ne peut motiver un refus si celles-ci sont égales ou supérieures au salaire minimum interprofessionnel de croissance ; / 2 - Le demandeur ne dispose ou ne disposera pas à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant en France. / () Le regroupement familial est sollicité pour l'ensemble des personnes désignées au Titre II du Protocole annexé au présent accord. () ". Peut être exclu de regroupement familial : () 2 un membre de la famille séjournant à un autre titre ou irrégulièrement sur le territoire français. (). Aux termes du titre II du protocole annexé audit accord : " Les membres de la famille s'entendent du conjoint d'un ressortissant algérien, de ses enfants mineurs ainsi que des enfants de moins de dix-huit ans dont il a juridiquement la charge en vertu d'une décision de l'autorité judiciaire algérienne dans l'intérêt supérieur de l'enfant () ". Aux termes de l'article R. 411-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'âge des enfants pouvant bénéficier du regroupement familial est apprécié à la date du dépôt de la demande ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 3-1 de la convention susvisée relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
6. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la demande de regroupement familial, la sœur de Mme C , mineure, n'avait pas l'obligation de détenir un titre de séjour et ne se trouvait, ainsi, pas au nombre des personnes pouvant être exclues du bénéfice d'une mesure de regroupement familial en application de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Toutefois, si Mme C justifie d'un acte de kafala rendu le 6 mars 2019 par un tribunal des affaires familiales algérien, qui lui conférait l'autorité parentale sur sa sœur, alors âgée de dix-sept ans, tandis qu'elle-même était âgée de vingt-huit ans, il n'est pas contesté que Mme A C a vécu en Algérie, aux côtés de ses parents, jusqu'à l'âge de dix-sept ans et y a suivi ses études primaires et secondaires, tandis que tant l'acte de kafala, que son entrée et sa scolarisation en France, présentaient un caractère très récent à la date de la décision attaquée. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, il n'est pas établi que l'intérêt supérieur de l'enfant, au demeurant désormais majeure, était de vivre désormais auprès de sa sœur aînée résidant en France. Dès lors, le préfet n'a pas entaché sa décision de refus de regroupement familial d'une méconnaissance des stipulations précitées de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de l'article 3-1 de la convention susvisée relative aux droits de l'enfant en refusant de faire droit à la demande de la requérante.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Il ressort des pièces du dossier que la sœur de la requérante, Mme A C, née le 7 octobre 2002, n'est scolarisée en France que depuis l'année 2020, soit depuis l'âge de 18 ans et qu'elle n'a été confiée à la requérante par acte notarial de kafala que le 6 mars 2019. Ainsi, la requérante, titulaire d'une carte de résident, a vécu de nombreuses années séparés de sa jeune sœur, qui a passé son enfance et son adolescence auprès de leurs parents, en Algérie. Dès lors, le préfet du Rhône n'a pas porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts que la décision attaquée poursuit. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en conséquence, être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Soubié, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La rapporteure,
P. Boulay
La présidente,
V. Vaccaro-Planchet La greffière,
C. Delmas
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026