mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2107551 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET VIDAL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 septembre 2021 et le 29 avril 2022, le syndicat des médecins d'Aix et de Région, représenté par l'association d'avocats Choley et Vidal Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 24 septembre 2020 par laquelle le conseil national de l'ordre des médecins a rejeté sa demande tendant à ce qu'une plainte disciplinaire soit engagée à l'encontre du professeur A C ;
2°) d'enjoindre au conseil national de l'ordre des médecins de saisir la chambre disciplinaire de première instance de l'ordre d'une plainte contre le professeur C dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge du conseil national de l'ordre des médecins la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le syndicat des médecins d'Aix et de Région soutient que la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, compte tenu des manquements à la déontologie médicale imputables au professeur C, à savoir des manquements aux obligations fixées par les articles R. 4127-5, R. 4127-13, R. 4127-31, R. 4127-32 et R. 4127-39 du code de la santé publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2021, le conseil national de l'ordre des médecins conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, en ce qu'elle a été introduite de manière tardive ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 2 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 13 décembre 2018 du ministre des solidarités et de la santé portant approbation du règlement intérieur du Haut Conseil de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les conclusions de M. Borges-Pinto, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 24 septembre 2020, le conseil national de l'ordre des médecins a rejeté la demande du syndicat des médecins d'Aix et Région tendant à ce qu'une plainte disciplinaire soit engagée à l'encontre du professeur A C. Ce syndicat demande au tribunal l'annulation pour excès de pouvoir de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 4124-2 du code de la santé publique : " Les médecins () chargés d'un service public et inscrits au tableau de l'ordre ne peuvent être traduits devant la chambre disciplinaire de première instance, à l'occasion des actes de leur fonction publique, que par le ministre chargé de la santé, le représentant de l'Etat dans le département, le directeur général de l'agence régionale de santé, le procureur de la République, le conseil national ou le conseil départemental au tableau duquel le praticien est inscrit ". Lorsque le médecin poursuivi exerce une mission de service public et que le conseil départemental de l'ordre des médecins est saisi d'une plainte d'une personne qui ne dispose pas du droit de traduire elle-même un médecin en chambre de discipline, il lui appartient de décider des suites à donner à la plainte. Il dispose, à cet effet, d'un large pouvoir d'appréciation et peut tenir compte notamment de la gravité des manquements allégués, du sérieux des éléments de preuve recueillis, ainsi que de l'opportunité d'engager des poursuites compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 23 mars 2020, le professeur Chauvin, président du Haut Conseil de la santé publique, a validé l'avis relatif à la prise en charge des cas confirmés d'infection au virus SARS-CoV2 rédigé par le groupe d'experts de ce conseil, en application notamment de l'article 17 du règlement intérieur dudit conseil, approuvé par arrêté ministériel du 13 décembre 2018. Ce faisant, il était susceptible de voir sa responsabilité déontologique personnelle engagée à raison du sens de l'avis en cause, alors même qu'il n'en serait pas l'auteur exclusif.
4. Aux termes de l'article R. 4127-5 du code de la santé publique : " Le médecin ne peut aliéner son indépendance professionnelle sous quelque forme que ce soit. ". L'article R. 4127-13 du même code dispose que : " Lorsque le médecin participe à une action d'information du public de caractère éducatif et sanitaire, quel qu'en soit le moyen de diffusion, il doit ne faire état que de données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos auprès du public. Il doit se garder à cette occasion de toute attitude publicitaire, soit personnelle, soit en faveur des organismes où il exerce ou auxquels il prête son concours, soit en faveur d'une cause qui ne soit pas d'intérêt général. " Selon le premier alinéa de l'article R. 4127-39 de ce code : " Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé ".
5. Le syndicat requérant soutient que le professeur C, à travers les recommandations de l'avis du Haut Conseil de la santé publique du 23 mars 2020, émis dans les conditions rappelées au point 3 du présent jugement et s'agissant de la prescription, la dispensation et l'administration d'hydroxychloroquine, a méconnu les obligations déontologiques portées par les dispositions précitées. Pour caractériser ces griefs, ce syndicat se fonde sur le contenu de deux articles, publiés les 1er et 9 avril 2020 dans des journaux à diffusion nationale, lesquels attribuent à l'intéressé des propos tenant à la reconnaissance de l'inutilité de la prescription de ce médicament dans les prises en charge de cas graves et aux motivations de la recommandation en cause, fondée sur la nécessité de répondre à une demande des soignants et médecins de ne pas être laissés sans solution thérapeutique.
6. Il ressort des mentions des articles en cause que le professeur C y a été interrogé dans le cadre de déclarations polémiques entourant l'usage de l'hydroxychloroquine et que les seules citations expresses de l'intéressé sont tronquées et autorisent une variété d'interprétations ne permettant pas de révéler des éléments d'intentionnalité certains s'agissant de la validation de l'avis du Haut conseil de la santé publique en cause. Le grief tiré de ce que le professeur C aurait, par cette validation, pris en compte des intérêts autres que ceux des patients n'apparait pas matérialisé par ses déclarations commentant le contexte dans lequel les débats du groupe d'expert se sont déroulés, contexte intégrant nécessairement les attentes de la communauté soignante. Compte tenu notamment des précautions explicites posées par l'avis en cause, s'agissant des effets attendus d'un tel traitement, de la nécessité d'une démarche collégiale et des caveats relevés s'agissant des données scientifiques disponibles, cet avis ne saurait non plus être regardé comme procédant à la promotion de l'hydroxychloroquine ni comme participant à une action d'information du public à caractère sanitaire, le caractère insuffisamment éprouvé du traitement en cause étant relevé par l'avis lui-même, de même que le contexte particulier d'urgence dans lequel l'avis a été sollicité. Au regard de l'ensemble de ces éléments, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le conseil national de l'ordre des médecins a pu, en l'absence de manquements déontologiques caractérisés, rejeter la demande du syndicat requérant tendant à ce qu'une plainte disciplinaire soit engagée à l'encontre du professeur A C.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions accessoires :
8. D'une part, le présent jugement rejetant les conclusions à fin d'annulation présentées par le syndicat requérant, les conclusions à fin d'injonction les assortissant doivent être rejetées par voie de conséquence.
9. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le conseil national de l'ordre des médecins, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser la somme que demande le syndicat des médecins Aix et Région sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des médecins Aix et Région, au conseil national de l'ordre des médecins, au conseil départemental de la Loire de l'ordre des médecins et à M. A C.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Deniel, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026