jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2107585 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GNENO-GUEYDAN |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n° 2107585 les 24 septembre 2021, 23 décembre 2021, 25 janvier 2022 et 30 septembre 2022, Mme F et M. G I, représentés par Me Gneno-Gueydan, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 27 juillet 2021 par laquelle la maire de Messimy a refusé de dresser un procès-verbal d'infraction à l'encontre de M. H ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel la maire de Messimy ne s'est pas opposée à la déclaration préalable déposée le 1er juillet 2021 par M. H pour la réalisation d'un mur de clôture, d'un portillon, d'un muret de soutènement et la mise à jour des positions de la cuve de rétention, de la tranchée drainante, du compteur d'eau et de la logette EDF, sur un terrain situé 29 bis avenue des Alpes, ainsi que la décision rejetant implicitement leur recours gracieux ;
3°) d'enjoindre à l'autorité compétente de dresser un procès-verbal d'infraction dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête n'est pas dépourvue d'objet ;
- la requête est recevable dès lors que les conclusions doivent être regardées comme dirigées contre la commune agissant au nom de l'Etat ;
- ils disposent d'un intérêt à agir en raison des difficultés d'accès à leur propriété ;
- un mur de clôture et un mur de soutènement ont été édifiés sans autorisation ;
- la tranchée drainante, la cuve des eaux pluviales et l'arrivée du réseau d'eau et du compteur électrique ont été déplacées, en méconnaissance du permis de construire délivré le 20 septembre 2017 ;
- la prescription du permis de construire portant sur l'accès au terrain d'assiette n'a pas été respectée ;
- en vertu de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, l'autorité administrative qui a connaissance d'une infraction est tenue d'en faire dresser un procès-verbal ;
- l'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel la maire de Messimy ne s'est pas opposée à la déclaration préalable déposée le 1er juillet 2021 est illégal ; en outre, il n'est pas devenu définitif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2022, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 mars 2022 et 2 novembre 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. C H et Mme B E, épouse H, représentés par le cabinet Berger Avocats et Associés, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête a perdu son objet dès lors que la commune n'était plus dans le délai pour constater la conformité des travaux au permis de construire ;
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir suffisant ;
- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Par un mémoire, enregistré le 25 novembre 2021, la commune de Messimy, représentée par la SELAS Adaltys affaires publiques, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- le recours a perdu son objet, l'infraction n'étant à ce jour plus constituée ;
- les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sont irrecevables dès lors qu'elles ne sont pas dirigées contre l'Etat ;
- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Par ordonnance du 3 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 novembre 2022.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2200562 les 24 janvier 2022 et 30 septembre 2022, Mme F et M. G I, représentés par Me Gneno-Gueydan, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel la maire de Messimy ne s'est pas opposée à la déclaration préalable déposée le 1er juillet 2021 par M. H pour la réalisation d'un mur de clôture, d'un portillon, d'un muret de soutènement et la mise à jour des positions de la cuve de rétention, de la tranchée drainante, du compteur d'eau et de la logette EDF, sur un terrain situé 29 bis avenue des Alpes, ainsi que la décision rejetant implicitement leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Messimy une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête n'est pas tardive dès lors qu'ils justifient de la notification de leurs recours gracieux et contentieux ;
- ils disposent d'un intérêt à agir ;
- l'arrêté contesté est entaché d'un vice de forme dès lors qu'il ne vise ni le plan local d'urbanisme applicable, ni le permis de construire qu'il vient modifier ;
- un permis de construire modificatif aurait dû être délivré ;
- le projet aurait dû être instruit sous l'égide des dispositions de l'ancien plan local d'urbanisme ;
- le dossier de déclaration préalable ne permet pas de s'assurer de l'épaisseur du mur, ni de vérifier la conformité de l'emprise au sol ;
- le projet porte atteinte à la sécurité publique et méconnaît les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux clôtures et celles de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2022, la commune de Messimy, représentée par la SELAS Adaltys affaires publiques, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté, les requérants ne justifiant pas de l'envoi de leur recours gracieux à la commune ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 août 2022 et 14 novembre 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. C H et Mme B E épouse H, représentés par le cabinet Berger Avocats et Associés, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté, les requérants ne justifiant pas de l'envoi de leur recours gracieux à la commune ; en outre, ils ne présentent pas un intérêt à agir suffisant ;
- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Par ordonnance du 3 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Gneno-Gueydan, représentant Mme et M. I, requérants,
- les observations de Me Petit, représentant la commune de Messimy,
- et celles de Me Paturat, représentant M. et Mme H.
Considérant ce qui suit :
1. M. H et Mme E, épouse H, ont obtenu le 20 septembre 2017 un permis de construire pour la réalisation d'une maison individuelle d'une surface de plancher de 109 m² sur un terrain situé 29 avenue des Alpes. Par un courrier du 8 juin 2021, Mme et M. I, voisins de cette construction et bénéficiaires d'une servitude de passage, ont demandé à la maire de Messimy de dresser un procès-verbal d'infraction concernant les travaux en cours de réalisation. Le 1er juillet 2021, M. H a déposé en mairie de Messimy une déclaration préalable pour la réalisation d'un mur de clôture, d'un portillon, d'un muret de soutènement et la mise à jour des positions de la cuve de rétention, de la tranchée drainante, du compteur d'eau et de la logette EDF sur son terrain. Par un arrêté du 27 juillet 2021, la maire de Messimy ne s'est pas opposée à cette déclaration préalable. Par une décision du même jour, la maire a refusé, au nom de l'État, de dresser un procès-verbal d'infraction à l'encontre de M. H. Par une première requête, Mme et M. I demandent au tribunal d'annuler cet arrêté et cette décision, ainsi que la décision rejetant implicitement leur recours gracieux. Par une seconde requête, Mme et M. I demandent à nouveau au tribunal d'annuler ce même arrêté du 27 juillet 2021 de non-opposition à déclaration préalable, ainsi que cette même décision implicite.
2. Les requêtes susvisées formées par Mme et M. I présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'exception de non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 27 juillet 2021 :
3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait plus lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite de la requête dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours contentieux formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
4. Il est constant qu'en l'espèce, ni la maire de Messimy, ni la préfète du Rhône n'ont rapporté la décision attaquée du 27 juillet 2021 refusant de dresser un procès-verbal d'infraction portant sur les travaux exécutés à la suite de la délivrance du permis de construire du 20 septembre 2017. A n'ont pas davantage établi un procès-verbal d'infraction. Ainsi, les conclusions à fin d'annulation du refus opposé par la maire de Messimy, au nom de l'Etat, n'ont pas perdu leur objet, les circonstances que le délai pour constater la conformité des travaux au permis de construire était venu à expiration et que la maire a délivré un arrêté de non-opposition à déclaration préalable étant sans aucune incidence. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2021 :
5. En premier lieu, les erreurs ou omissions affectant les visas d'une autorisation d'urbanisme sont sans incidence sur sa légalité.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 462-2 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente mentionnée aux articles L. 422-1 à L. 422-3 peut, dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat, procéder ou faire procéder à un récolement des travaux et, lorsque ceux-ci ne sont pas conformes au permis délivré ou à la déclaration préalable, mettre en demeure le maître de l'ouvrage de déposer un dossier modificatif ou de mettre les travaux en conformité. Un décret en Conseil d'Etat fixe les cas où le récolement est obligatoire. / Passé ce délai, l'autorité compétente ne peut plus contester la conformité des travaux ". Aux termes de l'article R. 462-6 du même code : " A compter de la date de réception en mairie de la déclaration d'achèvement, l'autorité compétente dispose d'un délai de trois mois pour contester la conformité des travaux au permis ou à la déclaration. / Le délai de trois mois prévu à l'alinéa précédent est porté à cinq mois lorsqu'un récolement des travaux est obligatoire en application de l'article R. 462-7 ".
7. Il résulte de ces dispositions que lorsque le bénéficiaire d'un permis ou d'une décision de non-opposition à déclaration préalable a adressé au maire une déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux réalisés en vertu de cette autorisation, l'autorité compétente ne peut plus en contester la conformité au permis ou à la déclaration si elle ne l'a pas fait dans le délai, suivant les cas, de trois ou de cinq mois ni, dès lors, sauf le cas de fraude, exiger du propriétaire qui envisage de faire de nouveaux travaux sur la construction qu'il présente une demande de permis ou dépose une déclaration portant également sur des éléments de la construction existante, au motif que celle-ci aurait été édifiée sans respecter le permis de construire précédemment obtenu ou la déclaration préalable précédemment déposée. Si la construction achevée n'est pas conforme au projet autorisé, le titulaire du permis de construire conserve la faculté de solliciter la délivrance d'une nouvelle autorisation d'urbanisme destinée à la régulariser, qui doit porter sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé et respecter les règles d'urbanisme en vigueur à la date de son octroi.
8. Il ressort des pièces du dossier que la déclaration déposée le 18 janvier 2021 par les pétitionnaires attestant de l'achèvement des travaux autorisés par le permis de construire délivré le 20 septembre 2017, qui a été reçue en mairie de Messimy le 29 janvier 2021, n'a fait l'objet d'aucune contestation de la commune dans le délai de trois mois mentionné au point 6. Si postérieurement à l'expiration de ce délai, des travaux irrégulièrement édifiés, portant sur la construction d'un mur de clôture et d'un mur de soutènement sur la partie nord du terrain, ont été constatés par le service de police municipale de la commune, le 27 juillet 2021, ces travaux pouvaient faire l'objet d'une nouvelle autorisation d'urbanisme, ainsi qu'il a été exposé au point 7. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'un permis de construire modificatif aurait dû être délivré.
9. En troisième lieu, M. et Mme I soutiennent que le projet aurait dû être instruit sous l'égide des dispositions de l'ancien plan local d'urbanisme. Toutefois, la décision attaquée étant intervenue le 27 juillet 2021, le plan local d'urbanisme approuvé le 11 février 2021, entré en vigueur le 29 avril 2021, était bien opposable. En tout état de cause, les requérants ne précisent pas quelle disposition de l'ancien plan local d'urbanisme l'autorisation en litige aurait méconnu.
10. En quatrième lieu, aux termes des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicables en zone Ub relatives aux clôtures : " Les clôtures sont soumises à déclaration de travaux en application de la délibération en date du 27 mai 2019. / La hauteur maximum est fixée à 1,80 m. A doivent être constituées soit : par des haies vives d'essences locales diversifiées éventuellement doublées d'un grillage ; / par une barrière ; / par une murette - hauteur maximum 1 m - surmontée d'un dispositif à clairevoie de conception simple et d'aspect agréable ; / par un mur en maçonnerie pleine enduite ou en pierre apparente dans les tonalités définies au nuancier déposé en Mairie, avec couvertine en tuiles, pierre ou en tôle laquée. / Les " brise-vents " rapportés sont strictement interdits. / Ces dispositions s'appliquent aux murs séparatifs des terrains comme à ceux à édifier en bordure des voies. / Lorsque la différence de niveau entre deux fonds voisins nécessite la construction d'un mur de soutènement, celui-ci ne doit pas excéder de plus de 0,60 m la partie haute du terrain. Il pourra être surmonté d'un dispositif à claire-voie conforme à la définition précédente, c'est à dire au maximum d'une hauteur de 1,20 m ; la hauteur de l'ensemble ne devant pas dépasser 1,80 m. de hauteur / Toutefois, des clôtures différentes peuvent être autorisées lorsqu'elles répondent à des nécessités tenant à la nature de l'occupation ou au caractère des constructions édifiées sur le tènement intéressé. A doivent être, dans tous les cas, établies de telle sorte qu'elles ne créent pas une gêne pour la circulation publique, notamment aux sorties des fonds privés. / () ".
11. Si les requérants soutiennent que le dossier de déclaration préalable ne permet pas de s'assurer de l'épaisseur du mur, ni de vérifier la conformité de l'emprise au sol, il ressort toutefois des pièces du dossier que la déclaration préalable comprend un plan de masse à l'échelle 1/200ème qui représente le mur projeté. Ainsi, le service instructeur a pu apprécier le respect des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme s'agissant du mur de clôture, qui présente une hauteur de 1,80 mètre, et du mur de soutènement, d'une hauteur de 0,60 mètre, conformément aux exigences fixées par les dispositions précitées. Par suite, le moyen soulevé manque en fait.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicables en zone Ub relatives aux clôtures précisent que : " L'édification d'une clôture peut être soumise à l'observation de prescriptions spéciales si les clôtures, par leur situation ou leurs caractéristiques (dimensions, matériaux) sont de nature à porter atteinte à la sécurité publique. / Pour dégager la visibilité dans les intersections, il peut également être imposé à l'angle de deux alignements que la clôture (quelle que soit sa nature : minérale ou végétale) n'excède pas 1 mètre de hauteur. ".
13. Dès lors que les dispositions du règlement d'un document local d'urbanisme invoquées par un requérant ont le même objet que celles, également invoquées, d'un article du code de l'urbanisme posant les règles nationales d'urbanisme et prévoient des exigences qui ne sont pas moindres, c'est par rapport aux dispositions du règlement du document local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée. En conséquence, le juge exerce un contrôle normal sur la conformité à ces dispositions de la décision attaquée.
14. Il ressort des pièces du dossier que l'accès à la propriété de M. et Mme I, bâtie en second rideau, se fait par une servitude de passage constituée lors de l'acquisition de leur propriété. Il ressort également de ces pièces, notamment des photographies et des plans, que l'accès au terrain d'assiette du projet en litige et à la propriété des requérants est situé sur l'avenue des Alpes, qui est une route départementale rectiligne au droit de ce terrain, d'une largeur de 6,30 mètres, offrant de bonnes conditions de visibilité, en particulier en raison de la présence d'un trottoir d'une largeur de plus d'1,70 mètre. Il n'est pas allégué que cette voie supporterait un trafic de véhicules particulièrement dense ou serait accidentogène, alors qu'il est constant que la vitesse de circulation est limitée à 30 km/h à proximité immédiate du projet et à 50 km/h sur les autres portions de la voie. Les requérants n'établissent pas que le projet, qui prévoit la réalisation d'une clôture, notamment le long de la servitude de passage, sans y empiéter, et la pose d'un portail, implanté en retrait de 5,55 mètres de la limite de propriété, porterait atteinte à la sécurité publique en raison des manœuvres nécessaires pour emprunter cette servitude. Le service des infrastructures et de la mobilité du département du Rhône a ainsi émis le 23 juillet 2021 un avis favorable au projet. Par ailleurs, M. et Mme I ne sauraient utilement exciper de l'illégalité de cet avis pour contester l'autorisation d'urbanisme en litige, dès lors que cette dernière n'a pas été prise pour son application et qu'il n'en constitue pas la base légale. En outre, si les requérants font valoir que l'insuffisance de l'assiette de la servitude de passage, constituée lors de l'acquisition de leur propriété, rend l'accès à leur terrain particulièrement malaisé, toutefois, les autorisations d'urbanisme étant délivrées sous réserve des droits des tiers, l'insuffisance de cette servitude ne peut être utilement invoquée à l'encontre de l'autorisation d'urbanisme litigieuse. Enfin, les modalités d'exécution des travaux sont sans incidence sur la légalité de l'acte contesté et les prescriptions de précédentes autorisations d'urbanisme, qu'il s'agisse du permis de construire délivré le 20 septembre 2017 ou de la décision du 27 avril 2017 de non-opposition à déclaration préalable en vue d'une division parcellaire, ne sont pas davantage opposables au projet. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet porte atteinte à la sécurité publique, ni qu'il méconnaît les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux clôtures.
15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2021 de la maire de Messimy ainsi que de la décision rejetant implicitement le recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 27 juillet 2021 :
16. Aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " () / Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès-verbal. () ". En application de l'article L. 480-4 du même code : " Le fait d'exécuter des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable est puni d'une amende comprise entre 1 200 euros et un montant qui ne peut excéder, soit, dans le cas de construction d'une surface de plancher, une somme égale à 6 000 euros par mètre carré de surface construite, démolie ou rendue inutilisable au sens de l'article L. 430-2, soit, dans les autres cas, un montant de 300 000 euros. () ". L'article L. 610-1 de ce code prévoit que : " En cas d'infraction aux dispositions des plans locaux d'urbanisme, les articles L. 480-1 à L. 480-9 sont applicables, les obligations mentionnées à l'article L. 480-4 s'entendant également de celles résultant des plans locaux d'urbanisme. () ".
17. Il résulte de ces dispositions que le maire est tenu de dresser un procès-verbal en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme lorsqu'il a connaissance d'une infraction mentionnée à l'article L. 480-4 du même code, résultant soit de l'exécution de travaux sans les autorisations prescrites par le livre IV du code, soit de la méconnaissance des autorisations délivrées.
18. Par ailleurs, l'effet utile de l'annulation pour excès de pouvoir du refus de l'autorité compétente de dresser un tel procès-verbal réside dans l'obligation pour cette autorité d'y procéder, que le juge peut prescrire, même d'office, en vertu de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il en résulte que, lorsqu'il est saisi de conclusions à fin d'annulation d'un tel refus, le juge de l'excès de pouvoir doit apprécier sa légalité au regard des règles applicables et des circonstances prévalant à la date de son jugement.
19. Il ressort des pièces du dossier que le service de police municipale de Messimy a constaté le 27 juillet 2021 " la présence d'un mur de clôture situé au fond à droite de la propriété ainsi que d'un mur de soutènement sur la partie avant du terrain ". Toutefois, ainsi que le font valoir la préfète du Rhône, la commune et M. et Mme H, l'irrégularité des travaux a été régularisée par la délivrance d'une nouvelle autorisation d'urbanisme, ce même jour, le 27 juillet 2021, autorisant la réalisation d'un mur de clôture, d'un portillon, d'un muret de soutènement et la mise à jour des positions de la cuve de rétention, de la tranchée drainante, du compteur d'eau et de la logette EDF. Ainsi, à la date du présent jugement, et au demeurant à la date du refus litigieux, l'autorité administrative n'est plus en mesure de constater les infractions alléguées au regard du précédent permis de construire, ou de ses prescriptions. Ainsi, et alors que les travaux autorisés relevaient bien du régime de la déclaration préalable et que la légalité de l'arrêté du 27 juillet 2021 est admise par le présent jugement, ainsi qu'il a été exposé précédemment, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision attaquée du 27 juillet 2021, par laquelle la maire de Messimy a refusé de dresser un procès-verbal d'infraction, est entachée d'illégalité.
20. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 27 juillet 2021 par laquelle la maire de Messimy a refusé de dresser un procès-verbal d'infraction à l'encontre de M. H doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation des deux requêtes, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés aux instances :
En ce qui concerne l'instance n° 2107585 :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme I au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme de 1 000 euros à verser à M. et Mme H, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
En ce qui concerne l'instance n° 2200562 :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Messimy, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme I au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme de 1 000 euros à verser à M. et Mme H, et la même somme de 1 000 euros à verser à la commune de Messimy sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2107585 et n° 2200562 sont rejetées.
Article 2 : Mme et M. I verseront à M. et Mme H, une somme globale de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Mme et M. I verseront à la commune de Messimy une somme globale de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme F et M. G I, à la préfète du Rhône, à la commune de Messimy et à M. C H et Mme B E, épouse H.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.
La rapporteure,
F.-M. DLe président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Nos 2107585 - 220056
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026