mardi 27 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2107905 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2021, M. C D et Mme A D, représentés par Me Tebib, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Messimy-sur-Saône a délivré à la société Jugo un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement de quatre lots sur un terrains situé 234 chemin du Sablon ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Messimy-sur-Saône le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande est entaché de fraude dès lors que la société pétitionnaire ne dispose pas de l'accord du propriétaire du fond servant s'agissant de la desserte par la parcelle cadastrée section A n° 1647 ;
- les caractéristiques de la desserte du projet ne respectent pas les exigences de l'article 1 du chapitre Ub3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ; cette desserte méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnaît les principes de desserte par les réseaux prévus par l'article 2 du chapitre Ub3 du même règlement ; le respect des prescriptions assortissant le permis en litige impose nécessairement une intervention sur le domaine public qui n'a pas été précédée des formalités prévues par l'article R. 431-3 du même code ; ces travaux nécessitent également une autorisation du gestionnaire du réseau public d'assainissement, manquante en l'espèce ; les eaux polluées d'origine non-domestique ne font pas l'objet de précisions dans le dossier de demande.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2022, la commune de Messimy-sur-Saône, représentée par Me Pyanet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme D ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 19 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Borges-Pinto, rapporteur public ;
- et les observations de Me Rubio, suppléant Me Pyanet, pour la commune de Messimy-sur-Saône.
Considérant ce qui suit :
1. La société Jugo a déposé et complété, le 3 mars 2021, une demande de permis d'aménager en vue de la réalisation d'un lotissement de quatre lots, dont trois à bâtir, sur un terrain situé 234 chemin du Sablon à Messimy-sur-Saône. Par un arrêté du 3 mars 2021, le maire de cette commune lui en a accordé le bénéfice. M. C D et Mme A D, voisins du projet, demandent l'annulation, pour excès de pouvoir, de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu et d'une part, le permis d'aménager, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, si l'administration et le juge administratif doivent, pour l'application des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, il ne leur appartient de vérifier ni la validité de cette servitude ni l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique.
3. D'autre part, la caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme.
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans joints au dossier de demande de permis d'aménager, que l'accès au terrain d'assiette du projet s'effectue par la parcelle cadastrée section A n° 1647. La servitude passage, au bénéfice des lots du lotissement projeté, grevant cet accès apparaît clairement sur ces plans, sans qu'aucune disposition du code de l'urbanisme n'impose de joindre au dossier l'acte instituant cette servitude. Si les requérants, propriétaires du fond servant, contestent le caractère adapté ainsi que la validité de cette servitude, de telles considérations demeurent sans influence, ainsi qu'il a été dit, sur l'appréciation portée par l'administration et le juge sur la suffisance de cette desserte, de tels éléments n'étant pas plus à même de caractériser une fraude déclarative de la société pétitionnaire. Les moyens afférents doivent ainsi être écartés.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1 du chapitre Ub 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Messimy-sur-Saône : " L'accès des constructions doit être assuré par une voie publique ou privée et aménagée de façon à ne pas présenter de risque pour la sécurité des biens et usagers des voies ou pour celle des personnes utilisant ces accès. () les constructions peuvent n'être autorisées que sous réserve que l'accès soit établi sur la voie où la gêne est pour la circulation sera la moindre. Cette gêne sera appréciée notamment en fonction des aménagements qui pourraient être réalisés sur l'une ou l'autre voie. Le concessionnaire de la voie devra être consulté pour tout aménagement ". Selon l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
6. D'une part, les requérants ne sauraient utilement exciper des dispositions invoquées de l'article 1 précité, qui concernent les caractéristiques du seul accès au projet, à l'appui de leur critique de la suffisance de la voie de desserte du terrain d'assiette. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un quelconque aménagement de voie en relation avec cet accès serait prévu par le projet, aucune consultation n'étant ainsi nécessaire en application de ces dispositions.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la voie d'accès au projet présente une largeur supérieure à 3 mètres et dessert, sur une longueur inférieure à 100 mètres, trois maisons d'habitation. Dans ces conditions, le trafic supplémentaire généré par les trois lots à bâtir, localisés à l'entrée de cette voie, ne saurait caractériser des risques tels que l'arrêté attaqué se verrait ainsi entaché d'erreur manifeste d'appréciation pour l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 2 du chapitre Ub 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Messimy-sur-Saône : " Le raccordement au réseau public d'assainissement est obligatoire pour les eaux usées domestiques. Le déversement des effluents, autres que les eaux usées domestiques, en provenance d'activités, est soumis à autorisation préalable du gestionnaire ".
9. Il ressort des mentions de l'arrêté attaqué, et notamment de son article 2 portant prescriptions, que le réseau d'assainissement eaux usées du projet, qui n'apparaissent pas inclure des effluents provenant d'activités non-domestiques, se raccordera au réseau public longeant le chemin du Sablon, selon des modalités techniques précisées et après accord du service gestionnaire sur ce raccordement, qui ne saurait s'assimiler à une extension du réseau public. Dans ces conditions, et quelles que soient les modalités de raccordement initialement prévues par le dossier de demande, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet ne serait pas raccordé au réseau public d'assainissement. Ceux-ci, par ailleurs, n'établissent pas qu'un tel raccordement impliquerait nécessairement des travaux sur une parcelle du domaine privé de la commune, et la réalisation des formalités afférentes, en se bornant à émettre cette hypothèse. Les moyens afférents doivent ainsi être écartés.
10. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les frais du litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Messimy-sur-Saône, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à verser la somme que demandent M. et Mme D sur leur fondement. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances des l'espèce, de mettre à la charge de ceux-ci le versement d'une somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : M. et Mme D verseront à la commune de Messimy-sur-Saône une somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, représentant unique des requérants, à la commune de Messimy-sur-Saône et à la société Jugo.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026