vendredi 18 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2108064 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | LOPEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 octobre 2021, Mme C B, représentée par Me Lopez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 août 2021 de la ministre des armées portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 13 décembre 2018 ;
2°) d'enjoindre à la ministre des armées, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard :
- à titre principal, de prendre une décision reconnaissant l'imputabilité au service de cet accident à compter du 13 décembre 2018 et d'en tirer les conséquences qui s'y attachent, s'agissant notamment de la prise en charge de ses arrêts maladie à plein traitement,
- à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de procéder à la régularisation de ses droits statutaires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- à titre principal :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant de l'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ;
- à titre subsidiaire :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée de vices de procédure tirés de ce que :
* en méconnaissance des dispositions de l'article 18 du décret 14 mars 1986 et n'a pu présenter des observations utiles, le médecin de prévention n'a pas été informé de la tenue de la réunion de la commission de réforme ; elle a ainsi été privée d'une garantie,
* en méconnaissance des dispositions de l'article 12 du décret 14 mars 1986, la commission de réforme était irrégulièrement composée, seul un représentant du personnel étant présent,
* la commission de réforme ne comportait aucun médecin spécialiste,
* la commission de réforme s'est prononcée sans expertise médicale et l'absence de nouvelle saisine de la commission de réforme suite aux conclusions divergentes du médecin agréé l'a privée d'une garantie,
* en application des dispositions de l'article 47-5 du décret du 14 mars 1986, l'administration aurait dû la placer en congés pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire
Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 9 juin 2022, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 25 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le décret n°2020-799 du 29 juin 2020 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Arnould, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, technicienne paramédicale civile de classe supérieure, exerçant ses fonctions d'orthophoniste au sein de l'hôpital d'instruction des armées Desgenettes de Lyon depuis le mois d'avril 2003, a déclaré avoir été victime d'un accident sur son lieu de travail, le 13 décembre 2018, et a présenté, le 18 avril 2019, une demande tendant à ce que celui-ci soit reconnu comme étant imputable au service. Par une décision du 2 août 2021, dont Mme B demande au tribunal de prononcer l'annulation, la ministre des armées a rejeté cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 13 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " La commission de réforme est consultée notamment sur : () 2. L'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée dans les conditions prévues au titre VI bis () " Aux termes de l'article 18 de ce même décret " Le médecin du travail attaché au service auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical ou à la commission de réforme est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir, s'il le demande, communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a sollicité, le 18 avril 2019, la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident survenu le 13 décembre 2018 à la suite duquel elle a été placée en arrêt de travail. Le 17 septembre 2020, son dossier a été soumis à la commission de réforme de la commission départementale du Rhône qui, le même jour, a émis un avis défavorable à cette reconnaissance. Il est constant, ainsi que le rappelle la ministre des armées dans son mémoire en défense, que le médecin de prévention n'a pas été informé de la tenue de la réunion de la commission de réforme du 17 septembre 2019. Or, une telle irrégularité est de nature à priver Mme B de la garantie attachée à la possibilité, pour le médecin de prévention régulièrement averti de la tenue de la commission, de demander la communication du dossier de la requérante et de présenter des observations écrites ou d'assister à titre consultatif à cette réunion. En outre, cette omission est susceptible d'avoir exercé une influence sur le sens de l'avis émis par ladite commission dès lors qu'en l'espèce, le médecin de prévention avait porté une appréciation sur l'état de santé de Mme B en relevant, le 11 février 2020, son inaptitude sans reclassement possible.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander à l'annulation de la décision du 2 août 2021 par laquelle la ministre des armées a refusé la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 13 décembre 2018, l'autorité administrative ne pouvant sérieusement soutenir que le défaut d'imputabilité au service de l'accident de Mme B étant manifeste, la saisine de la commission de réforme n'était dès lors pas obligatoire et que par suite, le moyen tiré du vice de procédure invoqué serait inopérant, puisqu'ayant décidé de soumettre la demande de Mme B à cette commission, la ministre des armées était tenue d'en respecter les règles de procédure.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. L'article L. 911-2 du code de justice administrative dispose que : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit () prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. () ".
6. Eu égard au motif d'annulation retenu et après examen des autres moyens de la requête, le présent jugement n'implique pas nécessairement que le ministre des armées reconnaisse l'imputabilité au service de l'accident survenu le 13 décembre 2018, mais seulement qu'il procède au réexamen de la demande de l'intéressée tendant à cette reconnaissance, en application des dispositions précitées de l'article L. 911-2 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à cette autorité de procéder à cette mesure d'exécution dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu assortir cette injonction d'une quelconque astreinte.
Sur les frais liés du litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser au requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 2 août 2021 par laquelle la ministre des armées a refusé de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident de Mme B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre des armées de procéder au réexamen de la demande de Mme B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à Mme B la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2022.
Le rapporteur,
N. A
La présidente,
A. Baux
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026