mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2108266 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BOUHALASSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 octobre 2021, M. A B, représentée par Me Bouhalassa, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 août 2021 par laquelle le préfet du Rhône a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de faire droit à sa demande en vertu de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée en ce qu'elle est fondée sur l'article L. 434-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et fait référence, au titre de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à une autre femme que son épouse ;
- elle est entachée d'erreur de droit en ce que le préfet doit être regardé comme s'étant fondé sur l'article L. 434-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il s'est cru lié par le fait qu'il ne remplit pas la condition de ressources ;
- elle est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il justifie de ressources mensuelles de 1 213 euros, et non de 837 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Delahaye, premier conseiller.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 28 février 1971, a sollicité le 22 mars 2019 la délivrance d'une autorisation de regroupement familial au bénéfice de son épouse. Par la décision attaquée du 16 août 2021, le préfet du Rhône a rejeté sa demande.
2. En premier lieu, pour regrettable que soit l'erreur de plume affectant le rappel de l'identité de l'intéressé dans le cadre de l'examen porté par le préfet du Rhône sur sa situation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la décision litigieuse comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent et est, par suite, suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, contrairement à ce que fait valoir le requérant, la décision litigieuse, qui est légalement prise au visa des stipulations de l'article 4 franco-algérien, ne peut être regardée comme fondée, au vu de ses motifs, sur les dispositions de l'article L. 434-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet du Rhône ne s'est, en outre, pas cru lié par la circonstance que l'intéressé ne justifiait pas de ressources suffisantes. Par suite, les moyens tirés de l'existence d'erreurs de droit à ce titre doivent être écartés.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 4 de l'accord franco-algérien : " Les membres de la famille qui s'établissent en France sont mis en possession d'un certificat de résidence de même durée de validité que celui de la personne qu'ils rejoignent. Sans préjudice des dispositions de l'article 9, l'admission sur le territoire français en vue de l'établissement des membres de famille d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an, présent en France depuis au moins un an sauf cas de force majeure, et l'octroi du certificat de résidence sont subordonnés à la délivrance de l'autorisation de regroupement familial par l'autorité française compétente. Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : 1 - le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont prises en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales. L'insuffisance des ressources ne peut motiver un refus si celles-ci sont égales ou supérieures au salaire minimum interprofessionnel de croissance ; () Peut être exclu de regroupement familial ();2 - un membre de la famille séjournant à un autre titre ou irrégulièrement sur le territoire français. ". Aux termes de l'article R. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile également applicable aux ressortissants algériens: " les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. "
5. Il ressort des termes de la décision litigieuse que le préfet du Rhône a motivé le refus de délivrance de l'autorisation de regroupement familial sollicitée par M. B au bénéfice de son épouse par la circonstance que les ressources de l'intéressé, constituées d'indemnités d'assurance maladie et d'une pension d'invalidité, lui ont procuré un revenu mensuel moyen de 837 euros net pour la période de mars 2018 à février 2019, et que ces ressources, actualisées sur la période courant du mois d'avril 2020 au mois de mars 2021, sont insuffisantes au regard des stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien selon lesquelles celles-ci doivent être égales ou supérieures au salaire minimum interprofessionnel de croissance, soit la somme de 1 190,53 euros.
6. M. B fait valoir qu'il justifie de ressources d'un montant mensuel de 1 213 euros décomposées en une rente d'accident du travail de 172 euros, une pension d'invalidité de 857 euros, une allocation d'aide au retour à l'emploi de 184 euros, auxquelles s'ajoute un salaire de 400 euros mensuel au titre de deux contrats à durée déterminée. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les deux contrats à durée déterminée dont se prévaut l'intéressé ont été conclus respectivement le 1er septembre 2021 et le 6 septembre 2021, soit postérieurement à la décision attaquée. En outre, l'allocation de retour à l'emploi dont l'intéressé justifie avoir bénéficié pour un montant total de 2 289,40 euros sur la période courant du 1er septembre 2020 au 1er septembre 2021 ne peut en l'espèce être regardée comme alimentant de façon stable son budget au sens des dispositions précitées de l'article R. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, même en prenant en compte la pension d'invalidité ainsi que la rente d'accident de travail de M. B, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Rhône aurait entaché sa décision d'une erreur de fait en estimant que ses ressources étaient inférieures au salaire minimum interprofessionnel de croissance pour la période en cause.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 16 août 2021 par laquelle le préfet du Rhône a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Verley-Cheynel, présidente du tribunal,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Collomb, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
Le rapporteur,
L. DelahayeLa présidente,
G. Verley-Cheynel
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026