mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2108706 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 6ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 octobre 2021, M. A B C, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a successivement retiré du capital de son permis de conduire trois points pour une infraction au code de la route commise le 19 décembre 2014, deux points pour une infraction au code de la route commise le 3 juillet 2016, deux points pour une infraction au code de la route commise le 23 juin 2016, un point pour une infraction au code de la route commise le 2 octobre 2016, un point pour une infraction au code de la route commise le 10 avril 2017 à 02h24, un point pour une infraction au code de la route commise le 12 février 2017, un point pour une infraction au code de la route commise le 10 avril 2017 à 00h50, quatre points pour une infraction au code de la route commise le 30 mai 2017 ;
2°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 29 décembre 2017 par laquelle le ministre l'a informé de la perte de validité dudit permis pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer aux services préfectoraux de son département de résidence, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre sur son recours gracieux formé le 2 juillet 2021 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son titre de conduite doté des points illégalement retirés, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- le ministre de l'intérieur ne rapporte pas la preuve qu'il a été destinataire de l'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions n'est pas établie ;
Par un mémoire enregistré le 10 janvier 2022, le ministre de l'intérieur conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer partiel et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la décision référencée " 48 SI " litigieuse est réputée avoir été retirée et remplacée par une nouvelle décision référencée " 48 SI ", notifiée au requérant le 11 octobre 2021 ; les conclusions présentées contre la décision du 29 décembre 2017 sont sans objet ;
- les conclusions dirigées contre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 23 juin 2016, 3 juillet 2016 et 19 décembre 2014 sont sans objet ;
- les moyens de la requête dirigées contre les autres conclusions de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Segado, président, en application de l'article R. 222 13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article ;
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le rapport de M. Segado président, a été entendu au cours de l'audience publique ;
Considérant ce qui suit :
1. M. B C a commis une série d'infractions au code de la route les 19 décembre 2014, 3 juillet 2016, 23 juin 2016, 2 octobre 2016, 10 avril 2017 à 02h24, 12 février 2017, 10 avril 2017 à 00h50 et 30 mai 2017. Par une décision référencée " 48SI " du 29 décembre 2017, le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité dudit permis pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer aux services préfectoraux de son département de résidence. Par un courrier du 2 juillet 2021, M. B C a exercé un recours gracieux auprès du ministre de l'intérieur afin d'obtenir la restitution des points illégalement retirés. M. B C saisit le tribunal administratif d'une demande tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire, des décisions de retrait de points ainsi que celle de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur l'étendue du litige :
2. En premier lieu, il résulte du relevé d'information intégral produit en défense et établi le 7 janvier 2022, postérieurement à l'introduction de la requête, que les décisions de retrait de points relatives aux infractions commises les 23 juin 2016, 3 juillet 2016 et 19 décembre 2014 qui étaient mentionnées sur le précédent relevé établi le 1er juin 2021 produit par le requérant n'apparaissent plus sur ce nouveau relevé édité le 7 janvier 2022. Ainsi, l'administration doit être regardée comme ayant, postérieurement à l'introduction de la requête, procédé au retrait de ces décisions. Dès lors, les conclusions tendant à l'annulation de ces trois décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 23 juin 2016, 3 juillet 2016 et 19 décembre 2014 sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
3. En deuxième lieu, il ressort des mentions de ce même relevé d'information intégral produit en défense que le point retiré en raison de l'infraction commise le 2 octobre 2016 a été restitué au requérant le 23 août 2017. La décision correspondante de retrait de points doit, dès lors, être regardée comme ayant été rapportée avant l'introduction de la requête, et les conclusions dirigées contre elle sont en conséquence irrecevables pour défaut d'objet.
4. En dernier lieu, il résulte de l'instruction et, particulièrement du relevé d'information intégral daté du 7 janvier 2022 qu' antérieurement à l'introduction de la requête le ministre de l'intérieur a retiré la décision litigieuse référencée " 48 SI " du 29 décembre 2017, et notifié au requérant, le 11 octobre 2021, une nouvelle décision d'invalidation, l'accusé de réception produit par le ministre attestant que le pli contenant cette nouvelle décision a été distribué à l'intéressé à cette date. Ainsi, les conclusions dirigées contre cette décision d'invalidation du 29 décembre 2017 et la décision du ministre rejetant le recours gracieux formé contre cette décision d'invalidation étaient sans objet à la date d'introduction de la requête et par suite, irrecevables.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :
S'agissant des infractions des 10 avril 2017 à 00h50 et 02h24 et du 12 février 2017 :
5. En application des dispositions de l'article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, dans leurs versions successives applicables à la date des infractions en litige, lors de la constatation d'une infraction entraînant un retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant.
6. L'information prévue par les dispositions susmentionnées du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation.
7. En application du second alinéa de l'article 592-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
8. Il résulte de l'instruction, et notamment des attestations de paiement établies par la trésorerie du Centre National de Traitement (CNT) - Contrôle et Sanction Automatisés (CSA), que le requérant a payé les amendes forfaitaires majorées correspondant aux infractions des 10 avril 2017 à 00h50 et 02h24 et du 12 février 2017. Il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que les retraits de points consécutifs à ces infractions seraient intervenus au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction du 30 mai 2017 :
9. Il résulte de la mention " procès-verbal électronique " portée sur le relevé d'information intégral que l'infraction susvisée a été constatée à l'aide d'un procès-verbal dématérialisé. Il résulte des dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles de ses articles A. 37-10 à A. 37-13 dans leur rédaction issue de l'arrêté du 2 juin 2009 que lorsqu'une infraction au code de la route est constatée au moyen d'un procès-verbal dématérialisé, le service verbalisateur adresse au domicile du contrevenant ou à celui du titulaire du certificat d'immatriculation, un avis de contravention, une notice de paiement et un formulaire de requête en exonération comportant les informations requises par la loi. S'il résulte de l'instruction qu'en application des dispositions de l'article 529-2 du code de procédure pénale, à défaut du paiement de l'amende forfaitaire ou du dépôt régulier d'une requête tendant à son exonération, cette infraction a fait l'objet de l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée devenu définitif laquelle établit la réalité de l'infraction en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route, cette circonstance n'est toutefois pas de nature à démontrer que M. B C aurait reçu l'information prévue à l'article L. 223-3 du même code.
10. Toutefois, depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant le retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
11. Il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégral relatif à la situation de M. B C que cette infraction ayant donné lieu au retrait de quatre points a été constatée par l'établissement d'un procès-verbal électronique. Le ministre produit une copie du procès-verbal électronique, dressé à la suite de cette infraction, lequel revêt la signature de M. B C et précise la qualification de l'infraction et comporte en annexe la mention selon laquelle un retrait de points est prévu. Ce procès-verbal comporte, en outre, la mention de l'existence d'un traitement automatisé des points, de la possibilité pour l'intéressé d'exercer un droit d'accès et de rectification et de ce que le paiement de l'amende entraîne la reconnaissance de l'infraction. Dans ces conditions, le ministre doit être regardé comme s'étant acquitté de l'obligation qui lui incombe de fournir les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il suit de là que M. B C n'est pas fondé à soutenir que le retrait de points à la suite de l'infraction du 30 mai 2017 serait intervenu au terme d'une procédure irrégulière.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'établissement de la réalité des infractions :
12. En vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, le nombre de points dont est affecté le permis de conduire est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. Il résulte du même article que la réalité d'une infraction entraînant un retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive.
13. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 225-1 du code de la route et des articles 529 et suivants du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
14. Il résulte de l'instruction, et notamment des attestations de paiement établies par la trésorerie du Centre National de Traitement (CNT) - Contrôle et Sanction Automatisés (CSA), que M. B C a réglé les amendes forfaitaires majorées correspondant aux infractions commises les 10 avril 2017 à 00h50 et 02h24 et le 12 février 2017. En outre, il résulte de l'instruction que l'infraction du 30 mai 2017 a fait l'objet de l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. En l'absence de tout élément avancé par l'intéressé de nature à mettre en doute l'exactitude de ces mentions, la réalité de ces infractions est, dès lors, établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route.
15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de ces conclusions, que doivent être rejetées les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 10 avril 2017 à 00h50 et 02h24, le 12 février 2017 et le 30 mai 2017 et celles tendant à l'annulation de la décision d'invalidation 48 SI notifiée le 11 octobre 2021, en admettant que l'intéressé doive être regardé comme contestant une telle décision qui a la même portée que celle du 29 décembre 2017 retirée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retraits de points relatives aux infractions commises les 23 juin 2016, 3 juillet 2016 et 19 décembre 2014.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 202Le magistrat désigné,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026