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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2108911

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2108911

mardi 18 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2108911
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantSELARL REQUET CHABANEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 novembre 2021, la SAS Restaurant Hippone, représentée par la Selarl Requet Chabanel, demande au Tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 9 septembre 2021 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge une contribution spéciale d'un montant de 54 750 euros et une contribution forfaitaire d'un montant de 2 124 euros ;

2°) à titre subsidiaire, de réduire le montant de la contribution spéciale à de plus justes proportions, soit à 14 600 euros, à 30 000 euros ou à 36 500 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société Restaurant Hippone soutient que :

- la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas justifiée, en l'absence de production d'une délégation de signature et de démonstration d'une absence ou d'un empêchement du délégataire principal ;

- elle n'a pas été destinataire du procès-verbal de l'inspection du travail ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de base légale, la contribution reposant sur un article abrogé ;

- elle est entachée d'une erreur de fait, M. C ayant été considéré comme sans titre de séjour contrairement aux constatations de l'inspection du travail ;

- le procès-verbal de l'inspection du travail est entaché de nullité ;

- les personnes contrôlées dans ses locaux n'étaient pas en situation de travail ;

- subsidiairement, le montant de la contribution spéciale doit être ramené à 14 600 euros dès lors qu'une seule infraction a été relevée ;

- le montant maximal de la contribution spéciale ne pouvait pas dépasser 30 000 euros, le montant de 15 000 euros par salarié devant être retenu ;

- l'assiette est erronée, M. C n'étant pas dénué de titre de séjour ;

- l'application d'une contribution forfaitaire pour l'emploi de M. C n'est pas fondée.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2022, l'OFII conclut au rejet de la requête.

L'OFII soutient que :

- le signataire de la décision disposait d'une délégation régulière ;

- le procès-verbal a été transmis à la société requérante le 29 juillet 2021 ;

- la mention d'une référence erronée dans les visas de la décision attaquée ne constitue pas un vice substantiel ;

- le moyen tiré de l'irrégularité du procès-verbal de l'inspection du travail est inopérant ;

- la matérialité des faits est établie ;

- le montant de la contribution spéciale a été établi sans erreur.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code pénal ;

- le code du travail ;

- l'ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Soubié, première conseillère,

- les conclusions de M. Reymond-Kellal, rapporteur public,

- et les observations de Me Le Berre, représentant la société Restaurant Hippone.

Considérant ce qui suit :

1. Le 28 avril 2021, le restaurant Hippone a fait l'objet d'un contrôle par l'inspection du travail accompagnée par les services de police, au cours duquel ont été constatées deux infractions de travail dissimulé et d'emploi d'étrangers non munis d'une autorisation de travail. A la suite de ce contrôle, par une décision du 9 septembre 2021, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à la charge de la société Restaurant Hippone une contribution spéciale au titre de l'article L. 8253-1 du code du travail d'un montant de 54 750 euros et une contribution forfaitaire d'un montant de 2 124 euros au titre de l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La société Restaurant Hippone demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la contribution spéciale :

2. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation portant sur une sanction prononcée sur le fondement de l'article L. 8253-1 du code du travail, d'examiner tant les moyens tirés des vices propres de la décision de sanction que ceux mettant en cause le bien-fondé de cette décision et de prendre, le cas échéant, une décision qui se substitue à celle de l'administration. Celle-ci devant apprécier, au vu notamment des observations éventuelles de l'employeur, si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application de cette sanction administrative, au regard de la nature et de la gravité des agissements et des circonstances particulières à la situation de l'intéressé, le juge peut, de la même façon, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, tant s'agissant du manquement que de la proportionnalité de la sanction, maintenir la contribution, au montant fixé de manière forfaitaire par les dispositions du code du travail, ou en décharger l'employeur.

S'agissant des vices propres de la décision de sanction :

3. La société Restaurant Hippone se prévaut de l'incompétence du signataire de la décision en litige. Toutefois, d'une part, Mme B, cheffe du service juridique et contentieux de l'OFII, disposait d'une délégation de signature consentie par le directeur général de l'établissement par un arrêté du 19 décembre 2019 régulièrement publié portant sur les décisions relatives aux contributions spéciale et forfaitaire. D'autre part, si la requérante soutient qu'il n'est pas démontré que le délégataire principal aurait été absent ou empêché, elle n'apporte aucun élément de nature à laisser penser que le délégataire principal n'aurait pas été absent ou empêché. Par suite, le moyen doit être écarté.

4. Si la société Restaurant Hippone se prévaut de l'absence de communication préalable du procès-verbal de l'inspection du travail en dépit de sa demande, il résulte de l'instruction que ce procès-verbal a été communiqué à son conseil par un courrier remis le 9 août 2021. Par suite, le moyen maque en fait.

S'agissant du bien-fondé de la sanction :

5. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. ".

6. Pour infliger la sanction en litige, le directeur général de l'OFII a retenu que la société Restaurant Hippone avait employé trois salariés démunis de titre autorisant le travail, Mme A, M. D et M. C, l'un d'eux, M. C, étant en outre démuni de titre autorisant le séjour.

7. La société Restaurant Hippone soutient que la décision est fondée sur des faits matériellement inexacts, l'inspectrice du travail n'ayant pas constaté que M. C ne disposait pas d'un titre de séjour. Toutefois, il résulte du procès-verbal établi à l'issue du contrôle de l'établissement que l'inspectrice du travail a consulté le fichier de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France, lequel ne faisait apparaître M. C ni comme demandeur d'un titre de séjour ni comme titulaire d'un tel titre. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le contrôle n'aurait pas permis de constater que son salarié n'était pas titulaire d'un titre de séjour.

8. La société requérante fait valoir que le procès-verbal des inspectrices du travail doit être écarté, dès lors que le consentement des personnes interrogées n'a pas été recueilli par écrit préalablement et qu'elles ont été interrogées sans l'assistance d'un interprète. Toutefois, ce moyen tiré de l'irrégularité du procès-verbal est inopérant au soutien de la contestation de la sanction, dès lors que le procès-verbal ne constitue que l'un des éléments de la procédure de sanction et que les faits relatés n'ont pas été déformés. En tout état de cause, les personnes interrogées n'ont pas manifesté leur refus de répondre aux questions posées par les inspectrices ni sollicité la présence d'un interprète. Par suite, le moyen doit être écarté.

9. D'une part, l'infraction aux dispositions précitées de l'article L. 8251-1 du code du travail est constituée du seul fait de l'emploi de travailleurs étrangers démunis de titre les autorisant à exercer une activité salariée sur le territoire français. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre une décision mettant à la charge d'un employeur la contribution spéciale prévue par les dispositions de l'article L. 8253-1 du code du travail, pour avoir méconnu les dispositions de l'article L. 8251-1 du même code, de vérifier la matérialité des faits reprochés à l'employeur et leur qualification juridique au regard de ces dispositions. D'autre part, la qualification de contrat de travail ne dépend ni de la volonté exprimée par les parties, ni de la dénomination qu'elles ont entendu donner à la convention qui les lie mais des seules conditions de fait dans lesquelles le travailleur exerce son activité. A cet égard, la qualité de salarié suppose nécessairement l'existence d'un lien juridique de subordination du travailleur à la personne qui l'emploie, le contrat de travail ayant pour objet et pour effet de placer le travailleur sous la direction, la surveillance et l'autorité de son cocontractant, lequel dispose de la faculté de donner des ordres et des directives, de contrôler l'exécution dudit contrat et de sanctionner les manquements de son subordonné.

10. La société requérante conteste être l'employeur des trois personnes présentes dans le restaurant lors du contrôle, aux motifs que l'établissement était fermé, que les personnes présentes étaient accueillies gratuitement dans les locaux pour préparer un repas de fête et qu'elle n'a d'ailleurs effectué aucun achat de produits destinés à la préparation de plats au cours du mois d'avril 2021. Toutefois, il résulte du procès-verbal des inspectrices du travail que les agents de contrôle ont pu pénétrer dans les locaux par l'accès réservé au public, que les vitrines présentaient des produits à la vente et que des boissons étaient exposées devant le restaurant. Ce procès-verbal fait également apparaître que Mme A était présente, dans la cuisine, occupée à balayer, tout en préparant des plats, que M. D était occupé à cuisiner et que M. C était également présent en cuisine. Si Mme A a attesté avoir pu préparer gratuitement son repas de fête dans les locaux du restaurant, aucun élément probant ne vient corroborer ses dires, alors que les photographies jointes au procès-verbal font apparaître des quantités de nourriture conséquentes dans la cuisine de l'établissement. M. D s'est présenté comme stagiaire, dans l'attente d'un contrat, sans être en mesure de présenter un document de nature à corroborer ses déclarations. Enfin, M. C a indiqué avoir été en cuisine pour aider à vendre les produits ou à préparer les plats, en contrepartie d'un repas gratuit, ce qui confirme qu'il se trouvait là pour effectuer un travail. Ainsi, la présence de ces trois personnes dans le restaurant pour y exercer une activité en lien avec la préparation et la vente des produits permet d'établir l'exercice d'une activité professionnelle dans des conditions traduisant l'existence, à l'égard de la société Restaurant Hippone, d'un lien de subordination de nature à caractériser une relation de travail, alors même que la rémunération du travail aurait été versée en nature. Par suite, le moyen tiré de ce que les personnes contrôlées dans les locaux de la société n'étaient pas en situation de travail et de ce que la sanction n'est pas fondée doit être écarté.

S'agissant du montant de la sanction :

11. En application du premier alinéa de l'article L. 8253-1 du code du travail, " sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12 (). ". Ce montant est fixé de manière forfaitaire, par l'article R. 8253-2 du même code, à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12, à la date de la constatation de l'infraction. Il est réduit à 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne pas d'autre infraction commise à l'occasion de l'emploi du salarié étranger en cause que la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 ou lorsque l'employeur s'est acquitté des salaires et indemnités dans les conditions prévues par les articles R. 8252-6 et R. 8252-7 du même code. Il est, dans ce dernier cas, réduit à 1 000 fois le taux horaire du minimum garanti lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne l'emploi que d'un seul étranger sans titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. Enfin, il est porté à 15 000 fois le taux horaire du minimum garanti lorsqu'une méconnaissance du premier alinéa de l'article L. 8251-1 a donné lieu à l'application de la contribution spéciale à l'encontre de l'employeur au cours de la période de cinq années précédant la constatation de l'infraction.

12. La société Restaurant Hippone conteste l'assiette de la contribution spéciale en faisant valoir que M. C n'était pas dépourvu de titre de séjour. Toutefois, comme mentionné au point 7, et alors que la société requérante n'apporte aucun élément de nature à établir la régularité du séjour en France de M. C, le nom de ce dernier n'apparaissait pas dans le fichier recensant les demandeurs d'asile et de titres de séjour. Par suite, le moyen doit être écarté.

13. Il résulte du procès-verbal des inspectrices du travail que trois personnes employées l'étaient sans titre autorisant le travail et que deux infractions distinctes, à savoir le travail dissimulé par dissimulation de travailleurs et l'emploi d'étrangers non munis d'une autorisation de travail salarié, ont été relevées. Dans ces conditions, la société requérante ne peut revendiquer l'application du coefficient de 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti.

14. Aux termes de l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui peuvent être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui a occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquitte une contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement du territoire français de cet étranger. " Aux termes de l'article L. 822-3 du même code : " Le montant total des sanctions pécuniaires prévues, pour l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler, à l'article L. 822-2 du présent code et à l'article L. 8253-1 du code du travail ne peut excéder le montant des sanctions pénales prévues aux articles L. 8256-2, L. 8256-7 et L. 8256-8 du même code ou, si l'employeur entre dans le champ d'application de ces articles, le montant des sanctions pénales prévues aux articles L. 823-1 à L. 823-10 du présent code. " Aux termes de l'article L. 8256-2 du code du travail : " Le fait pour toute personne, directement ou par personne interposée, d'embaucher, de conserver à son service ou d'employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France, en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1, est puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 15 000 euros. / (). ". Aux termes de l'article L. 8256-7 du même code : " Les personnes morales reconnues pénalement responsables, dans les conditions prévues par l'article 121-2 du code pénal, des infractions prévues au présent chapitre, à l'exception de l'article L. 8256-1, encourent : / 1° L'amende, dans les conditions prévues à l'article 131-38 du code pénal ; / (). ". Ce dernier article prévoit que : " Le taux maximum de l'amende applicable aux personnes morales est égal au quintuple de celui prévu pour les personnes physiques par la loi qui réprime l'infraction. / (). ". Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que le montant cumulé des contributions spéciale et forfaitaire représentatives des frais de réacheminement mises à la charge d'une personne physique pour l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler ne peut excéder le montant maximal de 15 000 euros prévu à l'article L. 8256-2 du code du travail et que celui cumulé desdites contributions mises à la charge d'une personne morale pour l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler ne peut excéder le montant maximal mentionné à l'article 131-38 du code pénal, soit la somme de 75 000 euros par salarié employé.

15. La société Restaurant Hippone soutient que le plafond maximal de 15 000 euros par salarié a été dépassé. Toutefois, ce plafond ne vaut que pour les personnes physiques et non pour les personnes morales, comme la société requérante. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la contribution forfaitaire :

16. Si la décision en litige vise l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et de l'asile, abrogé à la date de la décision contestée par l'ordonnance du 16 décembre 2020 portant partie législative du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette erreur dans les visas n'est, par elle-même, pas de nature à entacher d'irrégularité la décision contestée, dès lors que cet article L. 626-1 a été repris, à droit constant, à l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la sanction serait dépourvue de base légale doit être écarté.

17. Les moyens tirés de l'incompétence du signataire, du vice de procédure et de l'absence de matérialité des faits en raison de l'irrégularité du procès-verbal des inspectrices du travail doivent, pour les motifs exposés aux points 3, 4 et 8, être écartés.

18. Si la société requérante soutient qu'elle n'aurait pas dû se voir imposer une contribution forfaitaire pour le réacheminement de M. C, qui disposait d'un titre de séjour, il résulte de l'instruction que, pour les motifs exposés au point 7, l'OFII était fondé à imposer une contribution forfaitaire à la société requérante pour l'emploi de M. C.

19. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la société requérante soit mise à la charge de l'OFII, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SAS Restaurant Hippone est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Restaurant Hippone et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

M. Habchi, premier conseiller,

Mme Soubié, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.

La rapporteure,

A-S. Soubié

La présidente,

V. Vaccaro-PlanchetLa greffière,

C. Delmas

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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