mardi 21 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2108955 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SAS TUDELA WERQUIN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement le 10 novembre 2021 et le 15 mars 2022, M. et Mme C et A B, représentés par la SCP Tudela et associés, agissant par Me Tudela, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 juillet 2021 par laquelle le président de la communauté de communes Rhône Crussol a rejeté leur demande d'exonération de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères ;
2°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'enlèvement d'ordures ménagères auxquels ils ont été assujettis depuis 1997 ;
3°) de condamner la commune de Toulaud à leur reverser les cotisations de taxe d'enlèvement des ordures ménagères versées depuis 1997 ;
4°) de mettre une somme de 1500 euros à la charge solidaire de la communauté de communes Rhône Crussol et la commune de Toulaud au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent qu'ils ont indûment versé la taxe d'enlèvement des ordures ménagères depuis l'acquisition de leur résidence principale en 1997 au regard des dispositions de l'article 1591 III du code général des impôts alors que le conteneur à ordures le plus proche est distant d'au moins 1 200 mètres par la route.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 janvier 2022, la communauté de communes Rhône Crussol et la commune de Toulaud, représentées par Selarl Retex avocats, agissant par Me Matras, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. et Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- les conclusions aux fins de décharge sont irrecevables en l'absence de réclamation préalable au sens des dispositions de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales et les conclusions aux fins de remboursement sont également irrecevables en l'absence de demande préalable liant le contentieux ;
- M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que leur propriété se situerait dans une partie de la commune où ne fonctionnerait pas le service d'enlèvement des ordures ménagères ;
- la communauté de communes a en tout état de cause décidé par délibération du 1er avril 2021 de supprimer le bénéfice de l'exonération de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour les locaux situés dans les parties du territoire où ne fonctionne pas le service d'enlèvement des ordures ménagères.
La clôture d'instruction a été fixée au 23 janvier 2023 par une ordonnance du 4 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Sautier, rapporteure publique ;
- les observations de Me Cunin pour la communauté de communes Rhône Crussol et la commune de Toulaud.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B demandent au tribunal d'annuler la décision du 30 juillet 2021 par laquelle le président de la communauté de communes Rhône Crussol a rejeté leur demande d'exonération de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, de prononcer la décharge de la taxe d'enlèvement d'ordures ménagères à laquelle ils ont été assujettis depuis 1997, ainsi que la condamnation de la commune de Toulaud au reversement de la taxe versée depuis 1997.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 1520 du code général des impôts : " I. - Les communes qui assurent au moins la collecte des déchets des ménages peuvent instituer une taxe destinée à pourvoir aux dépenses du service de collecte et de traitement des déchets ménagers et des déchets mentionnés à l'article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales ainsi qu'aux dépenses directement liées à la définition et aux évaluations du programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés mentionné à l'article L. 541-15-1 du code de l'environnement, dans la mesure où celles-ci ne sont pas couvertes par des recettes ordinaires n'ayant pas le caractère fiscal. ". Aux termes de l'article 1521 du même code : " () III. - 1. Les conseils municipaux déterminent annuellement les cas où les locaux à usage industriel ou commercial peuvent être exonérés de la taxe. (). 4. Sauf délibération contraire des communes ou des organes délibérants de leurs groupements, les locaux situés dans la partie de la commune où ne fonctionne pas le service d'enlèvement des ordures sont exonérés de la taxe. ".
3. Pour refuser à M. et Mme B le bénéfice de l'exonération de la taxe d'enlèvement d'ordures ménagères sollicitée sur le fondement des dispositions précitées du 4 du III de l'article 1521 du code général des impôts, le président de la communauté de communes Rhône Crussol a relevé qu'il n'y avait pas d'exonération possible dès lors qu'ils ont la possibilité soit de présenter leur bac d'ordures ménagères résiduelle (OMR) à l'entrée de leur impasse les jours de collecte, située à environ 200 mètres de leur habitation sur la RD 379, où circule le camion de collecte des OMR soit d'amener leurs ordures ménagères au point d'apport volontaire situé allée des chênes.
4. Il est constant que l'habitation de M. et Mme B se situe dans une impasse à environ 200 mètres d'une voie publique sur laquelle circulent les véhicules de collecte des ordures ménagères. Par suite, alors même que le point d'apport volontaire est situé à plus d'un kilomètre de leur domicile, M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que leur habitation se situe dans une partie de la commune où ne fonctionne pas le service d'enlèvement des ordures ménagères au sens des dispositions précitées du 4 du III de l'article 1521 du code général des impôts , alors en tout état de cause, ainsi que le fait valoir pour la première fois la communauté de communes Rhône Crussol en défense, que cette dernière a décidé, par délibération du 1er avril 2021, de supprimer le bénéfice de l'exonération de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour les locaux situés dans les parties du territoire où ne fonctionne pas le service d'enlèvement des ordures ménagères.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
5. Aux termes de l'article R. 200-1 du livre des procédures fiscales : " Les dispositions du code de justice administrative sont applicables aux affaires portées devant le tribunal administratif () sous réserve des dispositions particulières prévues par le présent livre () ". Aux termes de l'article R. 190-1 du même livre : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition () ".
6. Il est constant que M. et Mme B n'ont pas justifié avoir formé au service compétent la réclamation préalable obligatoire visée par les dispositions de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales aux fins d'obtenir le dégrèvement et la restitution des cotisations de taxe d'enlèvement des ordures ménagères auxquels ils ont été assujettis depuis l'année 1997. Par suite, ainsi que le font valoir les défendeurs, de telles conclusions aux fins de décharge et de restitution présentées directement devant le tribunal sont irrecevables et doivent, en conséquence, être rejetées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de M. et Mme B doivent être rejetées, ainsi que leurs conclusions aux fins de décharge et de restitution des cotisations de taxe d'enlèvement des ordures ménagères auxquels ils ont été assujettis depuis l'année 1997.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge solidaire de la communauté de communes Rhône Crussol et de la commune de Toulaud, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par la communauté de communes Rhône Crussol et de la commune de Toulaud sur le même fondement.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes Rhône Crussol et de la commune de Toulaud au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B, à la communauté de communes Rhône Crussol et à la commune de Toulaud.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller ;
Mme Collomb, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2023.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. .
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602914
Le tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté les demandes de M. A... B..., ressortissant tunisien, visant à l’annulation d’un arrêté préfectoral du 8 mai 2026 l’obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour de deux ans, et d’un arrêté du 12 mai 2026 l’assignant à résidence. Le juge a estimé que les moyens soulevés, tirés notamment de l’incompétence de l’auteur de l’acte, du défaut de motivation, de la méconnaissance des articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, n’étaient pas fondés. La solution retenue confirme la légalité des décisions contestées, en application des dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602912
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. B... contre l'arrêté préfectoral du 5 mai 2026 lui interdisant le retour sur le territoire français pour un an. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et ne révélait pas de défaut d'examen particulier de sa situation. Il a estimé que l'interdiction de retour, fondée sur les articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et n'était pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602898
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé, a rejeté la demande de M. C... visant à suspendre l'arrêté préfectoral du 23 février 2026 suspendant son permis de conduire pour six mois, ainsi que le refus d'aménagement par un éthylotest antidémarrage. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, défaut de motivation, erreur d'appréciation, méconnaissance de l'article R. 224-6 du code de la route) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions. La condition d'urgence n'a pas été examinée. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602803
Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, était saisi par M. B... d’un recours en excès de pouvoir contre des arrêtés du 6 mai 2026 du préfet de la Seine-Maritime portant obligation de quitter le territoire français, interdiction de retour et assignation à résidence. Le préfet a toutefois retiré ces arrêtés par un arrêté du 22 mai 2026, rendant la requête sans objet. En conséquence, le tribunal a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales de M. B.... Il a néanmoins admis l’intéressé au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et a rejeté sa demande de frais de justice, faute de justificatifs.
01/06/2026