LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2109046

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2109046

vendredi 2 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2109046
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantHMAIDA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 novembre 2021 et 31 mars 2022, Mme D A, épouse B, représentée par Me Hmaida, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète de l'Ain a rejeté ses demandes tendant à :

- l'abrogation des décisions du 10 février 2021 par lesquelles elle avait refusé de l'admettre au séjour et l'avait obligée à quitter le territoire français ;

- la délivrance d'un certificat de résidence d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale " ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir :

- d'abroger les décisions précitées du 10 février 2021 ;

- de lui délivrer un certificat de résidence d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision implicite contestée méconnaît les dispositions de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration ; en effet :

• son fils ainé, aux besoins duquel elle subvient effectivement, a acquis la nationalité française par déclaration le 7 avril 2021, soit postérieurement aux décisions du 10 février 2021 par lesquelles la préfète de l'Ain avait refusé de l'admettre au séjour et l'avait obligée à quitter le territoire français ;

• elle remplit désormais l'ensemble des conditions pour se voir délivrer de plein droit un certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des stipulations du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et ne peut plus faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ;

• compte tenu de ce changement de circonstances de fait, les décisions précitées du 10 février 2021 sont devenues illégales et la préfète de l'Ain était tenue de procéder à leur abrogation ;

• contrairement à ce que fait valoir l'autorité préfectorale en défense, la circonstance que son beau-père soit titulaire de l'autorité parentale à l'égard de son fils ainé en vertu d'un acte de kafala du 29 juillet 2013 ne fait pas obstacle à ce qu'elle puisse prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations précitées du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, dès lors qu'elle subvient effectivement aux besoins de son enfant mineur résidant en France ;

- la décision implicite attaquée méconnaît les stipulations du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ainsi que l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la requête E B est irrecevable ; en effet :

- la circonstance que son fils ainé ait acquis la nationalité française le 7 avril 2021 ne constitue pas un changement dans les circonstances de fait, dès lors qu'il a été élevé et recueilli par son beau-père en vertu d'un acte de kafala du 29 juillet 2013, lequel emportait automatiquement délégation de l'autorité parentale et donc le transfert des droits et devoirs vis-à-vis de cet enfant ;

- en l'absence de changement dans les circonstances de droit ou de fait, les décisions définitives du 10 février 2021 par lesquelles elle avait refusé de l'admettre au séjour et l'avait obligée à quitter le territoire français sont demeurées légales, et la décision implicite par laquelle elle a refusé de procéder à leur abrogation revêt un caractère purement confirmatif.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes, ni représentées.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante algérienne née le 26 février 1985, est entrée sur le territoire français le 4 janvier 2015 munie d'un visa de court séjour valide du 11 décembre 2014 au 8 juin 2015 pour un séjour de trente jours. L'intéressée a sollicité des services de la préfecture de l'Ain, le 26 janvier 2015, la délivrance d'un certificat de résidence d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 19 mars 2015, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal du 14 janvier 2016, le préfet de l'Ain a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office. Mme B s'est toutefois maintenue sur le territoire français et a sollicité le 2 juin 2020, son admission au séjour sur le fondement des stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 10 février 2021, la préfète de l'Ain a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois. Par un jugement du 11 juin 2021, le tribunal a annulé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et a rejeté le surplus des conclusions de la requête de l'intéressée. Enfin, par un courrier du 20 juillet 2021, dont l'administration a accusé réception le 23 juillet suivant, Mme B a sollicité, d'une part, l'abrogation des décisions du 10 février 2021 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, et d'autre part, la délivrance d'un certificat de résidence d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", sur le fondement des stipulations du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. La requérante demande au tribunal de prononcer l'annulation de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Ain a rejeté ses demandes.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. D'une part, une décision administrative devient définitive à l'expiration du délai de recours contentieux ou, si elle a fait l'objet d'un recours contentieux dans ce délai, à la date à laquelle la décision rejetant ce recours devient irrévocable.

3. D'autre part, une décision individuelle dont l'objet est le même que celui d'une décision antérieure devenue définitive revêt un caractère confirmatif dès lors que ne s'est produit entretemps aucun changement dans les circonstances de droit ou de fait de nature à emporter des conséquences sur l'appréciation des droits ou prétentions en litige. Une telle décision confirmative est insusceptible de faire l'objet d'un recours contentieux.

4. Enfin, saisie d'une demande tendant à l'abrogation d'une décision de refus de titre de séjour, le cas échéant assortie d'une obligation de quitter le territoire français, par un étranger qui fait valoir une modification dans les circonstances de fait ou de droit, que cette demande d'abrogation soit assortie ou non d'une demande tendant à la délivrance subséquente d'un titre de séjour, l'autorité administrative est tenue d'examiner le droit au séjour de l'intéressé à la date à laquelle elle statue, dans des conditions qui ne diffèrent pas de l'examen auquel il est normalement procédé dans le cadre d'une demande de titre de séjour et ce, dans un délai de quatre mois ainsi que le prévoient les dispositions de l'article R.* 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. En l'espèce, la préfète de l'Ain oppose une fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de la requête, la décision implicite contestée étant purement confirmative des décisions du 10 février 2021 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français. Toutefois, la requérante fait état, d'une part, de ce qu'elle a interjeté appel du jugement du 11 juin 2021 ayant rejeté ses conclusions dirigées contre ces décisions et d'autre part, à l'appui de ses demandes tendant à l'abrogation des décisions précitées du 10 février 2021 et à la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement des stipulations du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, de ce que son fils ainé a acquis la nationalité française par déclaration le 7 avril 2021, justifiant ainsi d'un changement dans les circonstances de fait de nature à emporter des conséquences sur l'appréciation de son droit au séjour, nonobstant la circonstance opposée en défense que cet enfant ait été élevé et recueilli par son grand-père en vertu d'un acte de kafala du 29 juillet 2013. Par suite, la décision implicite contestée, née le 23 novembre 2021 du silence gardé pendant quatre mois par la préfète de l'Ain sur les demandes présentées par la requérante le 23 juillet 2021 ne revêt pas un caractère purement confirmatif. Aussi, la requête E B est recevable et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus d'abrogation des décisions du 10 février 2021 :

6. D'une part, aux termes de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droits devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction, sauf à ce que l'illégalité ait cessé. ".

7. D'autre part, selon les termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familial " est délivré de plein droit : / () 4) au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins () ". Ces stipulations, de portée équivalente à celle des dispositions de l'article L. 423-7 du même code en dépit des différences tenant au détail des conditions requises, visent à prendre en compte la situation du parent d'un enfant français sous réserve que soit effectivement établie la réalité des liens du demandeur avec cet enfant.

8. Enfin, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; () ". Indépendamment de l'énumération donnée par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une telle mesure à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi ou une convention internationale bilatérale prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français.

9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier d'une part, que Mme B est entrée en France le 4 janvier 2015 pour rejoindre ses deux fils nés en Algérie, les 28 août 2007 et 6 avril 2010 et entrés sur le territoire français, le 4 septembre 2014, pour rejoindre leur grand-père paternel, ressortissant français, bénéficiaire d'un acte de kafala rendu par le tribunal de Tigzirt, le 29 juillet 2013 et d'autre part, que postérieurement aux décisions du 10 février 2021 par lesquelles la préfète de l'Ain a refusé de délivrer un titre de séjour à la requérante et l'a obligée à quitter le territoire français, le fils ainé de l'intéressée a acquis la nationalité française par déclaration, le 7 avril 2021. En outre, si la préfète de l'Ain se borne à faire valoir que le fils ainé E B a été élevé et recueilli par le beau-père de l'intéressée en vertu de l'acte kafala précité qui " emportait automatiquement délégation de l'autorité parentale et donc le transfert des droits et devoirs vis-à-vis de cet enfant ", elle ne conteste pas que la requérante subvient aux besoins de son fils ainé. En effet, il ressort des nombreuses pièces versées au débat par l'intéressée, qu'elle est hébergée, avec ses deux enfants mineurs, par ses beaux-parents, depuis son arrivée sur le territoire national, et qu'elle justifie contribuer à leur éducation et à leur entretien. Ainsi, Mme B remplissait, à la date de la décision implicite contestée, l'ensemble des conditions prévues par les stipulations du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien pour se voir délivrer, de plein droit, un certificat de résidence d'une durée d'un an, en sa qualité de parent d'un enfant français mineur résidant en France et ne pouvait plus légalement faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Par suite, la requérante est fondée à soutenir qu'en refusant de procéder à l'abrogation des décisions précitées du 10 février 2021, alors que ces actes non réglementaires non créateurs de droits étaient devenus illégaux en raison d'un changement dans les circonstances de fait, la préfète de l'Ain a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration.

En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour :

10. Selon les termes de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. () ". Et aux termes de l'article R. 431-3 du même code : " La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. / Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale. ".

11. Il résulte de ces dispositions, applicables aux ressortissants algériens qui sollicitent la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, que pour introduire valablement une demande de titre de séjour, il est nécessaire, sauf si l'une des exceptions définies ci-dessus est applicable, que les intéressés se présentent physiquement à la préfecture. À défaut de dispositions expresses en sens contraire, une demande de titre de séjour présentée en méconnaissance de la règle de la présentation personnelle du demandeur en préfecture fait naître, en cas de silence gardé par l'administration pendant plus de quatre mois, une décision implicite de rejet susceptible d'un recours pour excès de pouvoir. Ainsi, l'absence de comparution personnelle du demandeur n'a pas pour effet de retirer la qualité de demande à une démarche réalisée par voie postale. Toutefois, lorsque le refus de titre de séjour est fondé à bon droit sur l'absence de comparution personnelle du demandeur, ce dernier ne peut pas utilement se prévaloir, à l'encontre de la décision de rejet de sa demande de titre de séjour, de moyens autres que ceux tirés d'un vice propre de cette décision.

12. En l'espèce, alors que la demande de délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement des stipulations du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérienne ne figure pas parmi les catégories de titre de séjour, désignées par l'arrêté figurant en annexe 9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont la demande s'effectue aux moyens d'un téléservice, la préfète de l'Ain n'établit ni même ne fait valoir que la demande de ce titre de séjour devait lui être adressée par voie postale, ni que le refus implicite opposé à la demande présentée en ce sens par Mme B le 23 juillet 2021 serait fondé sur l'absence de comparution personnelle de l'intéressée auprès de ses services. Aussi, dès lors que la requérante soutient que la décision implicite contestée méconnaît les stipulations du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et qu'il résulte de ce qui a été dit au point 9 qu'elle remplissait effectivement, à la date de cette décision, l'ensemble des conditions prévues par ces stipulations pour se voir délivrer, de plein droit, un certificat de résidence d'une durée d'un an en sa qualité de parent d'un enfant français mineur résidant en France, le moyen tiré de la méconnaissance desdites stipulations, qui est opérant et fondé, doit être accueilli.

13. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander, pour ces motifs, l'annulation de la décision implicite par laquelle la préfète de la Loire a rejeté ses demandes.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

14. Eu égard aux motifs d'annulation retenus par le présent jugement, et après examen des autres moyens de la requête, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Ain, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, d'une part, de procéder à l'abrogation des décisions du 10 février 2021 par lesquelles elle avait refusé d'admettre Mme B au séjour et l'avait obligée à quitter le territoire français, et d'autre part, de lui délivrer un certificat de résidence d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale ". Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée.

Sur les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 000 euros à Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La décision implicite, née le 23 novembre 2021, par laquelle la préfète de l'Ain a rejeté les demandes E B, est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Ain de procéder à l'abrogation des décisions du 10 février 2021 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français et de délivrer à Mme B un certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera la somme de 1 000 euros à Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, épouse B, et à la préfète de l'Ain.

Délibéré après l'audience du 18 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Pineau, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2022.

Le rapporteur,

C. C

La présidente,

A. Baux

La greffière,

F. Faure

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions