mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2109119 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a successivement retiré du capital de son permis de conduire trois points pour une infraction au code de la route commise le 23 septembre 2017, un point pour une infraction commise le 9 juin 2019, quatre points pour une infraction commise le 9 juin 2020, un point pour une infraction du 13 mai 2021, trois points pour une infraction du 29 janvier 2021, ensemble la décision référencée " 48 SI " en date du 19 août 2021 par laquelle le ministre l'a informé du retrait d'un point du capital de points affectés à son permis de conduire pour l'infraction commise le 20 octobre 2020, a prononcé l'invalidation de son titre de conduire pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer aux services préfectoraux de son département de résidence ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de lui restituer son titre de conduite doté des points illégalement retirés, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, le versement d'une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Il soutient que :
- il n'a pas été destinataire de l'information préalable prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route pour l'ensemble de ces infractions.
- la réalité des infractions n'est pas établie, en l'absence de condamnation pénale définitive.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 janvier 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par courrier du 8 juin 2022 les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision portant retrait de point à la suite de l'infraction commise le 9 juin 2019 , dès lors que le point retiré à la suite de cette infraction a été restitué à l'intéressé le 22 janvier 2020, soit à une date antérieure à l'introduction du présent recours.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, il a été donné lecture du rapport en l'absence des parties ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a commis une série d'infractions les 23 septembre 2017, 9 juin 2019, 9 juin 2020, 13 mai 2021 et 29 janvier 2021. Par une décision référencée " 48SI " en date du 19 août 2021, suite à une infraction commise le 20 octobre 2020 ayant entraîné le retrait d'un point de son permis de conduire, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de ce permis. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision " 48SI " portant invalidation de son permis de conduire ainsi que des décisions de retrait de points.
Sur les conclusions relatives à l'infraction commise le 9 juin 2019 :
2. Il ressort du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B, produit par le ministre de l'intérieur, que le point correspondant à l'infraction commise le 9 juin 2019 été restitués au requérant le 22 janvier 2020, soit antérieurement à l'introduction de la requête. Les conclusions tendant à l'annulation de cette décision de retrait de points sont donc irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a seulement lieu pour le tribunal de se prononcer sur la légalité des décisions portant retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 23 septembre 2017, 9 juin 2020, 13 mai 2021, 29 janvier 2021, et 20 octobre 2020 ainsi que sur la légalité de la décision ministérielle " 48SI " du 19 août 2021.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :
4. En application des dispositions de l'article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, dans leurs versions successives applicables à la date des infractions en litige, lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant.
5. L'information prévue par les dispositions susmentionnées du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation. M. B soutient que les informations préalables mentionnées par les dispositions précitées du code de la route, ne lui ont pas été délivrées lors de la commission des infractions des 23 septembre 2017, 9 juin 2020, 13 mai 2021, 29 janvier 2021 et 20 octobre.
S'agissant de l'infraction commise le 23 septembre 2017 :
6. Aux termes du II de l'article R. 49-1 du code de procédure pénale : " Sans préjudice de l'article R. 249-9, le procès-verbal peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique. " . En vertu des articles A. 37 1 et suivants du même code, lorsque le procès-verbal de constatation de l'infraction est dressé avec un appareil électronique sécurisé permettant de dresser un procès-verbal dématérialisé, il est adressé, par voie postale au domicile du contrevenant, un avis de contravention et une notice de paiement. L'avis de contravention adressé par voie postale au contrevenant comporte les informations requises par les dispositions L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
7. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions du relevé d'information intégral, que M. B s'est acquitté, le 13 octobre 2017, de l'amende forfaitaire relative à l'infraction du 23 septembre 2017, constatée par un procès-verbal dématérialisé. En application des dispositions susmentionnées du code de procédure pénale, M. B doit être regardé comme ayant nécessairement reçu à son domicilie l'avis de contravention afférent à cette infraction. Eu égard aux mentions dont cet avis de contravention doit être revêtu, il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende forfaitaire, les informations requises en vertu des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, dès lors qu'il ne démontre pas avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
S'agissant de l'infraction du 13 mai 2021 :
8. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du requérant, que ce dernier a payé l'amende forfaitaire relative à l'infraction du 13 mai 2021 relevée par radar automatique, ainsi que le prouvent les mentions " tribunal d'instance ou de police de CNT-CSA (centre national de traitement - contrôle sanction automatisé) ". Il découle de cette seule constatation que le requérant a nécessairement reçu l'avis de contravention pour cette infraction. Il suit de là que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que l'intéressé n'établit pas, à défaut de produire le document qui lui a été remis, que celui-ci serait inexact ou incomplet, comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable du contrevenant. Le requérant n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que la décision par laquelle le ministre a retiré un point de son permis de conduire à la suite de cette infraction aurait été prise au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction du 20 octobre 2020 :
9. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Il ressort des pièces du dossier qu'avant même que ces mentions ne soient rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37 28, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration rappelait la qualification de l'infraction au code de la route et précisait que l'émission de l'amende forfaitaire majorée pouvait entraîner un retrait de points du permis de conduire, que cette amende pouvait être contestée dans un délai de trois mois, que les retraits et reconstitutions de points faisaient l'objet d'un traitement automatisé et que le titulaire du permis pouvait accéder à ces informations. Ces indications mettaient le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il serait procédé au retrait de points et portaient à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223 3 et R. 223 3 du code de la route. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
10. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'examen du relevé intégral d'information et de l'attestation de paiement établie par la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes, que M. B a payé l'amende forfaitaire majorée correspondant à l'infraction du 20 octobre 2020. Il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de cette amende, les informations requises. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le retrait de points intervenu à la suite de cette infraction serait intervenu au terme d'une procédure irrégulière
S'agissant des infractions commises les 9 juin 2020 et 29 janvier 2021 :
11. Il résulte de la mention " procès-verbal électronique " portée sur le relevé intégral d'information que les infractions susvisées ont été constatées à l'aide d'un procès-verbal dématérialisé. Il résulte des dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles de ses articles A. 37-10 à A. 37-13 dans leur rédaction issue de l'arrêté du 2 juin 2009 que lorsqu'une infraction au code de la route est constatée au moyen d'un procès-verbal dématérialisé, le service verbalisateur adresse au domicile du contrevenant ou à celui du titulaire du certificat d'immatriculation, un avis de contravention, une notice de paiement et un formulaire de requête en exonération comportant les informations requises par la loi. S'il résulte de l'instruction qu'en application des dispositions de l'article 529-2 du code de procédure pénale, à défaut du paiement de l'amende forfaitaire ou du dépôt régulier d'une requête tendant à son exonération, ces infractions ont fait l'objet de l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée devenu définitif lequel établit la réalité de l'infraction en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code la route, cette circonstance n'est toutefois pas de nature à démontrer que M. B aurait reçu l'information prévue à l'article L. 223-3 du même code.
12. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressée et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
13. Pour la période antérieure au 15 avril 2015, le ministre de l'intérieur indique que la page écran présentée à l'intéressé comportait l'indication du nombre de points dont l'infraction entraînait le retrait mais non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
14. Si le ministre de l'intérieur produit les procès-verbaux électroniques dressés à la suite des infractions commises les 9 juin 2020 et 29 janvier 2021, ces documents n'ont pas été signés par le requérant, ne contiennent pas la mention d'un refus de signer, et ne comportent aucune information exigée par la loi, de sorte qu'il n'est pas établi que les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ont été portée à sa connaissance. La production d'un historique des documents émis, mentionnant une notification de l'avis de contravention afférent à l'infraction du 29 janvier 2021, remis à la poste le 8 février 2021 et indiquant " Retour NPAI Non " ne saurait justifier de la réception de cet avis de contravention, ni davantage établir que M. B a eu connaissance des informations requises avant la décision de retrait de points contestée.
15. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes.
16. Pour l'infraction du 29 janvier 2021, relative à l'usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation, il résulte de ce qui a été dit au point 8 que l'administration s'est acquittée envers le requérant de son obligation de lui délivrer l'ensemble des informations exigées par la loi à l'occasion de l'infraction du 23 septembre 2017, de même nature. Dans les circonstances de l'espèce, l'intégralité des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ayant été portée à sa connaissance lors d'une infraction antérieure suffisamment récente, M. B n'a pas été privé d'une garantie et ne peut donc valablement soutenir que le retrait de points dont il a fait l'objet à la suite de l'infraction commise le 29 janvier 2021.
17. En revanche, pour l'infraction du 9 juin 2020 relative à l'inobservation, par le conducteur du véhicule, de l'arrêt imposé à un feu rouge, si le ministre se prévaut de ce que M. B a été informé de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes, il ne résulte pas de l'instruction qu'il ait été informé de la qualification de l'infraction et du nombre de points dont le retrait est encouru. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête dirigés contre cette décision, le requérant est fondé à soutenir que le retrait de points consécutif à l'infraction commise le 9 juin 2020 est intervenu au terme d'une procédure irrégulière et à en demander, pour ce motif, l'annulation.
En ce qui concerne le moyen tiré de la réalité des infractions :
18. En vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, le nombre de points dont est affecté le permis de conduire est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. Il résulte du même article que la réalité d'une infraction entraînant le retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive.
19. Il résulte de l'instruction que la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée est inscrite dans le système national des permis de conduire pour chacune des infractions des 23 septembre 2017, 13 mai 2021, 29 janvier 2021 et 20 octobre 2020. En l'absence de tout élément avancé par l'intéressé de nature à mettre en doute l'exactitude de ces mentions, la réalité de ces infractions est, dès lors, établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de quatre points à la suite de l'infraction commise le 9 juin 2020 ainsi que de la décision référencée " 48SI " du 19 août 2021 en tant qu'elle prononce l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard au motif d'annulation retenu, que l'autorité compétente restitue les points illégalement retirés, à la suite de l'infraction commise le 9 juin 2020, à M. B. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au ministre de procéder à cette restitution, dans la limite du nombre maximum de points que peut comporter le capital de points de son permis et sous réserve de retraits de points éventuellement prononcés par ailleurs à raison d'infractions étrangères à la présente instance, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
22. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction que la présente instance ait occasionné des dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions présentées par le requérant sur ce fondement ne peuvent qu'être rejetées.
23. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'Etat au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens au sens des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de quatre points à la suite de l'infraction commise le 9 juin 2020 ainsi que de la décision référencée " 48SI " du 19 août 2021 en tant qu'elle prononce l'invalidation du permis de conduire de M. B pour solde de points nul sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. B les quatre points illégalement retirés à la suite de l'infraction commise le 9 juin 2020, dans la limite du nombre maximum de points que peut comporter le capital de points de son permis et sous réserve de retraits de points éventuellement prononcés par ailleurs à raison d'infractions étrangères à la présente instance, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 202La présidente,
G. Verley-Cheynel La greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026